Au-delà du souvenir

Posté par imsat le 19 septembre 2017

J’aurais pu poursuivre ma réflexion sur Nedjma-projet filmique. J’avais encore des idées plein la tête sur le scénario, la mise en scène, la dimension identitaire, culturelle, politique du projet. Je ne l’ai pas fait. Je ne le ferai pas. Il est des moments où l’inspiration fait défaut ou n’est pas suffisamment forte pour  inciter non pas à prendre la plume mais à maintenir la même dynamique intellectuelle autour du même sujet. En l’occurrence, ce n’est pas vraiment le cas. Il s’agirait d’une autre forme d’inspiration parce qu’il y a parfois des thèmes rivaux, concurrents qui surgissent, qui s’imposent comme ça, de façon brûlante, impérieuse et dont on ne peut différer le traitement. J’ai bien essayé d’aller au-delà du chapitre 10 pour Nedjma mais l’impulsion était ailleurs. Je pensais encore à Nedjma mais je la sentais distancée par une autre évocation. Je me disais que j’aurais bien aimé en parler avec Mà (ma mère). Je crois, je suis même sûr que cela l’aurait intéressé. Je l’aurais fait comme je l’avais fait pour Proust, mais elle n’est plus là. Cela fait exactement 7 ans (paix à son âme). Je commémore l’anniversaire de sa disparition à ma manière, pas seulement en pensant à elle (ce que je fais tous les jours sans discontinuer) mais en relatant ce que sa disparition continue de m’inspirer. Est-ce toujours la même chose ? Oui et non. J’aurais aimé « actualiser » nos conversations. Nos échanges prenaient souvent une tournure culturelle. Elle avait une sensibilité littéraire. Nos entrevues étaient des moments privilégiés, j’ai déjà eu à le dire, je les vivais pleinement, j’en étais conscient. Aujourd’hui, j’en prends de nouveau toute la mesure mais j’y associe le mot convivialité. Ce mot est bel et bien dans le dictionnaire mais sa pratique a disparu. Je le dis en pensant particulièrement à Mà. Elle était la convivialité même. Je ne suis pas du tout dans l’exagération. D’autres l’ont dit à son propos et le soutiennent encore. Mais moi, je songe à des points très précis. « La chose la plus difficile quand on a commencé d’écrire, c’est d’être sincère »(André Gide). Je partage évidemment cette citation pertinente et fondée d’autant qu’elle me permet de faire la jonction avec la notion de convivialité. Mes conversations avec Mà étaient fluides, détendues; nous prenions le temps de parler, y compris des questions ordinaires de la vie. Elle avait le sens des choses. Nos arrêts sur images étaient fréquents; cela pouvait avoir trait au passé mais cela pouvait aussi concerner les préoccupations quotidiennes, le réel. Elle y mettait toujours les formes. Nous prenions le temps de regarder, d’écouter, d’observer, d’apprécier, d’évaluer, de déguster. Nous prenions le temps du souvenir, chaque anecdote était considérée à sa juste valeur; chaque être évoqué, vivant ou disparu, était respecté, considéré d’abord en tant que tel, intrinsèquement, d’un point de vue éthique. N’étions-nous pas dans une sorte de bulle, à l’abri de ce que j’appellerais des fausses notes, à tout le moins lorsque nous discutions ? Je me le demande. Cela dit et même si tel était le cas, eh bien, notre bulle était exigeante. Pourquoi ? Parce que son assise morale avait à voir avec la sincérité. Il n’y a pas de convivialité sans sincérité. La convivialité, c’est la sincérité, c’est aussi la conscience des choses et des êtres. Nous aurions certainement parlé de Nedjma, elle m’aurait posé plein de questions, parce que Nedjma, c’est Constantine,Guelma, Sédrata, Khenchela, Annaba, Sétif, toutes ces villes qui lui étaient familières, car indissociables de son histoire, de mon histoire. Elle n’est plus là, mais notre dialogue n’a pas cessé. Il se poursuit autrement…Ne suis-je pas dans une redondance pour tout ce qui a trait à Mà ? En général, je ne relis pas ce que j’ai publié. Mais il m’arrive de le faire. Comme hier: j’ai relu « L’excellence » (publié ici même le 27.02.2010 soit sept mois avant son décès) Je croyais y avoir mis l’essentiel en ce qui la concerne. En vérité, sur le fond, oui, je pense avoir dit le principal mais sur la forme, la formulation, il y a toujours quelque chose à ajouter. La forme impacte le fond. Aujourd’hui, par exemple, j’ai envie de dire que la convivialité est aussi une forme d’excellence. Chacun sait qu’avec le recul, on regarde mieux, on comprend mieux, on apprécie mieux, on ajuste, on affine. « Nos mères étaient toutes exceptionnelles, mais moi, j’accorde une mention particulière, un plus à Khalti Fatima-Zohra… » Ce propos évoquant Mà est de Djaffar L. Je ne l’ai pas oublié. Il l’avait minutieusement étayé en rapportant une anecdote liée à un dîner auquel nous l’avions convié dans les années 70. Il a fait l’éloge de Mà en rappelant son tact, sa sensibilité, son savoir-faire, sa réceptivité, la constance de son état d’esprit. Ce n’était pas un propos de circonstance. Le révélateur, ce n’était pas le dîner proprement dit mais l’anecdote relatée. Voilà pourquoi j’ai dit que la convivialité constituait un tout. Le commentaire de Djaffar est un élément de ce tout du fait de l’authenticité et de la sincérité auxquelles il renvoie. La convivialité ne se limite donc pas à son seul cadre spatio temporel, à un dîner, à un déjeuner. Elle est quotidienne, systématique, naturelle je veux dire spontanée ou elle n’est pas !

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-10-

Posté par imsat le 27 août 2017

Dans le chapitre précédent, je devais compléter et clarifier mon propos sur le distinguo entre le documentaire et le film. En fait, j’avais en tête un exemple illustratif précis. Il s’agit de la Bataille d’Alger. Le film de Gillo Pontecorvo est connu dans le monde entier. Mais il y a aussi le très intéressant documentaire intitulé, lui aussi, La Bataille d’Alger, du réalisateur français Yves Boisset diffusé à 3 ou 4 reprises ces dernières années par des chaînes de télé françaises. Quand on a vu le film et le documentaire, on comprend mieux les différences mais également les complémentarités potentielles entre les deux approches, en particulier dans l’appréciation de la thématique traitée et de ses finalités. Le commentaire concluant le documentaire est encore dans ma mémoire. J’en ai retenu ceci: « La Bataille d’Alger est une défaite militaire du FLN mais une formidable victoire stratégique et politique de l’Algérie qui a débouché sur l’indépendance du pays… » Le commentateur évoque la torture pratiquée par l’armée française et parle d’une défaite morale et politique de la France.  Lorsqu’on voit le film, c’est autre chose; on retient plutôt les exploits, les faits d’armes du groupe de Yacef Sadi, Ali La pointe, les attentats, les poseuses de bombes, l’organisation, la discipline du FLN. Je tenais à cet éclaircissement car il conduit à s’interroger sur les ambitions que l’on porte en fonction du genre cinématographique pour lequel on a opté. Nedjma est connu dans les universités du monde entier. Son rayonnement international est constant, il ne cesse pas; c’est un joyau de la littérature mondiale. Vouloir en faire un film est un immense défi, parce qu’il s’agit de se mettre au diapason de l’oeuvre romanesque. Je l’ai dit, je le répète: Si on ne peut pas, si on ne sait pas faire de Nedjma un grand film, alors on s’abstient ! L’idée que je me faisais du projet filmique était connectée dès le début à des objectifs illimités, transnationaux, planétaires. Je visualisais le projet et je pensais son parcours à travers différents festivals (Cannes, Venise, Berlin, Hollywood…Je ne rêvais pas, j’étais dans une construction intellectuelle structurée, réaliste, exigeante. Je songeais au projet dans sa globalité (production, casting, mise en scène, distribution, diffusion…) en essayant à chaque fois de cerner les éventuelles pierres d’achoppement. Non, je ne rêvais pas. Je me disais: « Nedjma est un bijou littéraire, le film ne saurait être conçu, fabriqué, géré en-deçà du roman, en termes de notoriété, d’impact, de retombées culturelles, politiques… il doit aller au moins aussi loin que le récit, traverser les frontières, toutes les frontières, faire bouger les lignes, en Algérie mais, aussi sous d’autres cieux, à tous les niveaux, faire jubiler les algériens, bousculer les idées reçues, briser des tabous, étonner, surprendre, laisser pantois ceux qui doutent de l’Algérie, mettre les points sur les i là où c’est nécessaire, remettre les pendules à l’heure, répondre aux questionnements de l’histoire, ouvrir des perspectives… »  Non, je ne rêve pas: Il faut ambitionner tout cela et en même temps inscrire le projet dans un processus économique, commercial et financier de grande envergure car il le mérite amplement….Le cinéma étant une vraie industrie qui draine beaucoup d’argent; il permet et favorise toutes sortes de montages et partenariats financiers…

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-9-

Posté par imsat le 20 août 2017

Faire un film sur Nedjma, ne serait-ce pas aussi et en même temps faire un film sur Kateb Yacine ? Je me pose la question pour deux raisons : la première est liée à ce que lui disait son ami Benamar Médiène sur les personnages derrière lesquels se serait caché l’auteur pour parler et faire parler de lui. Lakhdar, Rachid, Mourad, Mustapha représenteraient en réalité un seul et même personnage, ils seraient indivisibles. L’écrivain qui intervient par leur biais comme bon lui semble, devient ainsi omniprésent; ce sont ses porte-voix. La thèse est crédible. La seconde raison tient à la vie même du romancier. Cette vie aventureuse, palpitante, sulfureuse, dynamique, poétique, créative, romantique, pleine de rebondissements, menée tambour battant, est un vrai roman. Je crois que Kateb Yacine est le seul homme de lettres algérien à avoir vécu aussi intensément, aussi pleinement. On ne saurait passer sous silence cet aspect qui permet par ailleurs de mieux comprendre le travail de l’écrivain. Mediène en parle très bien et avec force détails dans son livre. Quant à moi, aurais-je aimé Nedjma si l’auteur n’avait pas eu une vie singulière, dangereuse, lumineuse, risquée ?  Non ! Comment donc filmer Nedjma en y associant son « créateur », en lui aménageant la place qu’il mérite du fait de son parcours exceptionnel ? Mais ne suis-je pas en train de m’écarter de l’idée initiale, de la complexifier inutilement ? Je ne le pense pas. Je crois, au contraire, que cela est possible et même souhaitable. Il y a, certes, le documentaire de Kamel Dahane (Kateb Yacine, l’amour et la révolution, 1988) mais moi, je parle d’un projet de film; ce n’est pas du tout la même chose. Un documentaire, c’est trop près du réel, c’est un ensemble de données, de paroles, d’images brutes qu’on livre sans aucun arrangement ni artifice. Un film, c’est un processus de transformation, de révélation, de re-création, dans lequel fiction et réalité sont mêlées. Si ce que dit Médiène à propos du brouillage des pistes et de l’unicité non pas formelle mais matérielle des personnages de Nedjma est fondé, alors, Kateb aurait pu tout naturellement s’écrier : « Nedjma, c’est moi ! » exactement comme Flaubert l’a dit de Madame Bovary. D’un point de vue littéraire, la comparaison est parfaitement soutenable; elle le serait d’ailleurs également avec Balzac, Maupassant… On serait tout simplement dans le décryptage d’un récit autobiographique considéré comme tel, quels que soient les stratagèmes utilisés dans la narration. Mais sous l’angle cinématographique, c’est une toute autre affaire…J’écris ces mots tout en me rappelant avoir croisé Kateb, un jour (1984 ou 1985) devant la salle des actes du souterrain des facultés, rue Didouhe Mourad. Il était suivi pour ne pas dire escorté par une cohorte d’admirateurs, parmi lesquels Nadjia B, une ancienne camarade de fac. Il parlait, il fumait, et ses accompagnateurs souriants, joyeux, le regardaient et l’écoutaient comme s’il était une star de cinéma…

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-8-

Posté par imsat le 13 août 2017

Quelle actrice pourrait interpréter Nedjma ? La question n’est pas du tout nouvelle pour moi. Nous en parlions quelquefois FA et moi dans les années 80. Il me disait qu’il fallait songer à une comédienne charismatique, sophistiquée et dont le charme serait à la fois discret et fulgurant. Il avait un faible pour les actrices américaines. Pour lui, Lauren Baccall aurait bien fait l’affaire. Nous étions dans le rêve, un rêve total, illimité, nous le savions, cela nous faisait beaucoup de bien. Pourquoi pas Nathalie Wood ou Cyd Charisse ? Je n’étais pas d’accord avec lui. Je rêvais mais de façon raisonnable. J’étais dans l’utopie, certes, mais une utopie concrète. Moi, je pensais plus modestement à Irène Papas, pas celle de Z ni celle qui a joué dans Les Canons de Navaronne mais celle de Zorba le Grec. En vérité, si  je devais céder à la divagation, je pencherais plutôt pour Monica Bellucci même si je sais qu’elle est inaccessible, inabordable dans tous les sens du terme. Je l’ai vue récemment à la télé, elle parlait de son dernier film, On the Milky Road réalisé et co-interprété par Emir Kusturica. Elle défend bien les films dans lesquels elle a joués. C’est une vraie bosseuse qui sait aussi théoriser les questions liées au cinéma. Je la crois parfaitement capable d’incarner Nedjma. Elle le ferait idéalement. Elle se donnerait corps et âme pour Nedjma, oeuvre et personnage; elle l’interpréterait au plus près du portrait dressé par l’auteur. En plus, elle est italienne donc méditerranéenne. Mais pourquoi pas une actrice française ou plutôt franco algérienne puisque Nedjma est de mère française ? Isabelle Adjani aurait été un choix judicieux, il y a 20 ou 25 ans. Pourquoi pas la comédienne italo brésilienne Cristiana Réali ? Pourquoi pas une actrice 100 % algérienne. Je pense à Amel Bouchoucha qui a joué dans Mémoires de la chair. De toute manière, il faut une actrice méditerranéenne. Il faut aussi qu’elle soit brune. Extrait de Nedjma : « …Elle secoue son écrasante chevelure fauve….toute petite, Nedjma était très brune, presque noire. Elle se développe  rapidement. Comme toute méditerranéenne, le climat marin répand sur sa peau un hâle combiné à un teint sombre, brillant de reflets d’acier éblouissant comme un vêtement mordoré d’animal; la gorge a des blancheurs de  fonderie, où le soleil martèle jusqu’au coeur, et le sang sous les joues duveteuses, parle vite et fort, trahissant les énigmes du regard » . Il ne me paraît pas superflu de préciser que mordoré signifie brun chaud à reflets dorés. On peut se permettre de rêver. Monica Bellucci est certainement hors de portée, mais au fond, dans l’absolu, elle ne l’est pas davantage que cette femme que FA disait avoir croisée un soir, lors d’une fête familiale, et dont le regard l’avait ébloui, bouleversé. Il l’avait trouvée nettement au dessus du lot; il disait d’ailleurs qu’il n’y avait pas que son regard, que c’était un tout, que leur échange n’avait duré que quelques minutes mais qu’il avait l’impression, le sentiment que c’était beaucoup plus que cela, qu’il était probablement passé à côté de quelque chose d’important, peut-être même de déterminant. Il a continué d’en parler avec la même passion, mais en brouillant les pistes; il a toujours aimé brouiller les pistes, comme Kateb Yacine. Oui, elle pourrait incarner Nedjma; mais où est-elle ? Qu’est-elle devenue ? Comment la retrouver ? Il faut lancer un casting; avec un peu de chance, on pourrait tomber sur elle ou sur son sosie…

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-7-

Posté par imsat le 5 août 2017

« Mythe est Nedjma ! Mythe elle doit rester! » C’est l’une des répliques de Benamar Médiène à son ami Kateb Yacine au cours du long dialogue qu’ils ont eu et que Mediène a magistralement retranscrit dans son excellent essai Kateb Yacine, le coeur entre les dents (Casbah éditions 2007). Ce livre que je relis en ce moment, est formidable parce c’est plus qu’un essai, plus qu’une biographie. C’est une conversation à bâtons rompus, passionnante, captivante, inventive, décomplexée. On y apprend plein de choses sur l’auteur de Nedjma. J’aurais l’occasion d’y revenir. En attendant, c’est l’interpellation sur le mythe qui m’intéresse. Nedjma est-elle un mythe comme le soutient Mediène ? Doit-on et peut-on se contenter de la description délibérément atomisée, fragmentée qu’en fait l’écrivain ou faut-il aller au-delà pour en cerner les tenants et aboutissants et comprendre pourquoi elle incarne plus que ce qu’en dit l’écrivain à Mediène « Nedjma déjà mariée, personne ne l’a approchée sans la perdre. Fleur irrespirable, elle connaissait la force de ses sortilèges, et le goût du citron vert de ses seins levés vers Dieu n’était pas le moindre… » Si Nedjma est un mythe, comment en faire un film ? Elle a existé en chair et en os; en quoi serait-elle un mythe ? Les spécialistes ont certainement des réponses. Moi, j’essaie surtout de réfléchir à ce que donnerait le traitement cinématographique de ce personnage exceptionnel, mystérieux, insaisissable, qui polarise la pensée, les rêves, les fantasmes non seulement des autres personnages du roman mais aussi des lecteurs Et puis, on a souvent dit de Nedjma qu’elle symbolisait en définitive l’Algérie dans toute sa complexité historique, socioculturelle, identitaire. Ce personnage hors du commun mérite un film à sa mesure ou plutôt sur mesure. Une comparaison avec d’autres personnages héroïques interprétés à l’écran serait aléatoire, peut-être même inutile. Pourquoi ? Parce que Nedjma est plus qu’une héroïne. Elle n’est même pas réductible à une femme fatale « De quelle Nedjma s’agit-il ? De Zoulikha Kateb la cousine paternelle de Bône qui, dès les premiers instants de la rencontre, met l’âme de l’adolescent en brasier, ou de celle qui, transmutée en roman éponyme et en buisson ardent poétique, survit, se démultiplie et garde son secret? » S’interrroge Mediène. Dès lors, comment restituer à l’écran cette dualité ou plutôt cette pluralité de personnages en pointant la caméra principalement sur un seul être dont on sait qu’il est central ? Comment filmer cette centralité sachant qu’elle est plus qu’une centralité dans la mesure où le mythe est partout, échappant ainsi à toute catégorisation, à toute fixation ? Faut-il filmer Nedjma et prendre le risque de la banaliser, de la faire descendre de son piédestal ou bien convient-il de faire durer le plaisir en « jouant » avec le mythe qu’elle représente, pour qu’elle demeure inaccessible, intouchable.  « Le cinéma tue les mythes mais il les ressuscite. Et il ne peut les ressusciter que parce qu’il les a d’abord tués. Évidemment, la résurrection est toujours une transfiguration ou un changement de nature » (Abel Gance). Comment, s’agissant de Nedjma, maintenir l’équilibre entre les significations, les représentations, les statuts que lui attribue l’auteur ou qu’il laisse suggérer ? Comment la filmer sans la dénaturer et en laissant intactes les interprétations qu’elle soulève ? Ces questions sont incontournables…

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-6-

Posté par imsat le 29 juillet 2017

Ce que je vais dire aujourd’hui n’apparaîtrait-il pas comme une digression par rapport à mon idée de base ? Je me suis posé la question mais je n’ai pas trouvé d’antinomie dans mon analogie avec Nedjma, projet filmique. De quoi s’agit-il ? Eh bien, ce serait une sorte de parallèle avec l’adaptation cinématographique de Mémoires de la chair, le roman à succès de l’algérienne Ahlam Mosteghanemi, que j’ai suivie attentivement et avec un réel plaisir. Le film a été diffusé par la télévision algérienne sous forme de feuilleton en juillet-août 2010. J’avais lu le roman (traduit en français par Mohamed Mokeddem); je l’ai mieux visualisé et apprécié à travers l’écran. Pourquoi je pense précisément à ce livre et au film qui en a été tiré ? Parce qu’une partie notable du récit, en fait celle ayant trait à des scènes audacieuses, transgressives, a été traitée via de longs monologues intérieurs. On voit les personnages, on les entend parler ou plutôt soliloquer; ce n’est pas inintéressant. La narration prend le dessus sur l’action ou plutôt sur la matérialisation du propos en actions, gestes, attitudes. Le corporel est furtif, évasif, à peine suggéré, évanescent; on l’effleure, on passe à côté; tout ce qu’on ne montre pas, on le dit, la démarche est poétique…Ne serait-on pas tenté, justement pour les mêmes raisons, de procéder ainsi pour Nedjma ? J’avoue que l’approche ne m’a pas déplu en regardant ce film réalisé par le syrien Najdat Ismaïl Anzour. Etait-ce parce que j’avais déjà lu le roman et que j’étais disposé à adhérer automatiquement et sans réserve à son adaptation cinématographique même si elle courait le risque de comporter des imperfections techniques ou bien était-ce parce que je trouvais le texte non seulement attractif mais aussi de nature à s’imposer comme un ersatz quasi idéal de l’image ? En vérité, je me faisais une idée un peu mitigée du réalisateur même si je savais qu’il avait travaillé en étroite collaboration avec l’écrivaine. Il a axé son effort sur la mise en valeur du texte. Je crois que le scénario tout entier a été articulé autour de cet impératif. La prédominance du texte, donc de la langue, procède t-elle d’un souci d’intellectualisation du film ? Dans l’affirmative, a t-on assumé le risque de s’adresser à un certain public, un peu à l’instar de certains films que la chaîne Arte diffuse quelquefois et que je regarde d’ailleurs avec intérêt, qu’ils soient iraniens, turcs, roumains, croates ? Cet élitisme ne me gêne pas; le cinéma, ce n’est pas que du spectacle ou du divertissement, c’est aussi un questionnement…Peut-on justement concilier divertissement et questionnement ou encore considérations commerciales et didactique historique, tradition et modernité ? Comment faire pour ne pas dénaturer le texte de l’auteur, pour le transcrire aussi fidèlement que possible à l’écran ? J’ai aimé Mémoires de la chair mais je crois que le metteur en scène ne pouvait pas faire mieux ni aller plus loin. Le feuilleton a quand même été regardé par 60 à 70 millions de téléspectateurs arabes, en particulier au Moyen Orient où la romancière compte de très nombreux lecteurs. Ce chiffre a été rapporté, sans source précise, par Mostaghenemi elle-même lors de l’émission télévisée Soirées de la ville du 12.12.2011. Il n’en demeure pas moins que la comparaison avec ce que j’appréhende pour Nedjma n’est pas infondée. En d’autres termes, ce n’est pas du tout ce dont je rêve pour son éventuelle adaptation à l’écran…

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-5-

Posté par imsat le 23 juillet 2017

Sans la contribution financière et logistique conséquente de l’Etat algérien, Z (1969) n’aurait sans doute jamais pu voir le jour. Costa Gavras reconnaissant, l’a dit et répété à maintes reprises. Z est un film éminemment politique. l’Algérie de Boumediene qui s’était engagée dans la concrétisation de ce projet boudé par de nombreux pays, en a tiré des dividendes en termes de prestige, au double niveau interne et international. On ne comprendrait donc pas que le même effort ne soit pas consenti pour Nedjma. Un tournage en Algérie ferait la fierté des algériens. Le rapport à l’identité est évident car l’identité c’est aussi des images sur le pays, son histoire, et Nedjma en regorge. Même les algériens qui n’ont pas lu le livre s’y reconnaîtraient aisément. Et les images, les souvenirs dont il s’agit portent notamment sur des villes, celles déjà évoquées et d’autres; mais aussi sur des scènes de rue, des dialogues, des postures. Les algériens avaient été impressionnés par Omar Gatlato de Merzak Allouache (1977). Ils se sont complètement identifiés au personnage principal de ce film qui a été un immense succès populaire. Le processus d’identification a aussi fonctionné à fond par rapport à La bataille d’Alger. Le fait qu’il ait été tourné à Alger explique en partie l’engouement suscité. Le même sentiment avait prévalu au sujet de L’étranger (1967). Quelques jours avant le tournage, la télévision algérienne avait diffusé des images montrant les principaux interprètes du film, Anna Karina et Marcello Mastroianni, flâner à Alger aux abords de la Grande poste et de l’hôtel Albert 1er. Ils étaient souriants, détendus, heureux et comme déjà en représentation. La même ambiance avait régné des jours durant autour de Z; j’ai assisté au tournage de deux scènes, place Audin, j’ai même pu échanger quelques propos avec Yves Montand. l’Algérie était sereine, ambitieuse et politiquement stable. « C’était l’époque de l’effervescence cosmopolite, celle qui a régné dans les grandes villes algériennes entre 1963 et 1980 avec l’afflux des coopérants techniques et autres artisans culturels et politiques. La rue algérienne était multiethnique, multiculturelle, polyglotte ; elle offrait au quotidien un spectacle étonnamment bigarré et inspirait aux universités énergie et audace. Une aptitude exceptionnelle à accueillir la diversité des pensées et des savoirs s’est manifestée dans l’espace universitaire, entièrement décloisonné… Côté littérature, on y développait des enseignements novateurs de littérature universelle et la littérature comparée y trouvait un terrain favorable... » (Beida Chikhi, Le 5 juillet 1962. L’idée d’indépendance nationale dans la littérature algérienne). C’est ce même contexte qui a boosté la production cinématographique nationale et favorisé l’appui multiforme de l’Algérie à des coproductions de haute facture. Nedjma à l’écran, ce serait le bonheur puissance 10. C’est ma prédiction mûrement réfléchie pour peu que le traitement du film soit à la hauteur des enjeux. La prise en charge du projet doit répondre à des exigences intellectuelles comparables à celles auxquelles satisfont les universitaires quand ils planchent sur des textes d’auteur. La complexité de Nedjma doit imposer à ceux qui accepteront de produire et de mettre en scène le film un effort de réflexion et de compréhension spécifique. On ne doit pas occulter ce préalable. Ceux qui ne sont pas en position de répondre à ce critère doivent passer leur chemin. Je le dis comme je le pense car ces dernières années, les films retraçant le combat de certains héros de la guerre de libération nationale me paraissent avoir été bâclés. Ils sont d’ailleurs passés inaperçus dans le champ médiatique. Ces films n’ont pas marqué les esprits, loin s’en faut. Ceux qui les ont commandés comme ceux qui les ont réalisés ont une vision étriquée, parcellaire de l’histoire. On en prépare d’autres, semble t-il avec la même précipitation, par souci de populisme. Voilà pourquoi Nedjma ne peut pas, ne doit pas être traité n’importe comment ni par n’importe qui !

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-4-

Posté par imsat le 19 juillet 2017

Le film pourrait-il être tourné de façon bénéfique ailleurs que dans les villes citées précédemment ? La réponse devrait aller de soi. Pourtant, ce n’est pas le cas. Pourquoi ? Parce que certains seraient tentés par un tournage dans un pays disposant d’infrastructures cinématographiques attractives et qui ont fait leurs preuves depuis longtemps. Je rappelle quand même que l’adaptation cinématographique de « Ce que le jour doit à la nuit » de Yasmina Khadra a été réalisée par Alexandre Arcady dans 3 pays (Algérie, Tunisie, France). On avait évoqué quelques entraves bureaucratiques pour la partie algérienne du tournage. « Soleil » de Roger Hanin retraçant l’enfance algéroise de l’acteur, a été tourné en partie à Casablanca. Cela dit, pourquoi évoquer le lieu de l’éventuel tournage de Nedjma avant d’avoir parlé de sa production et de celui qui pourrait en assurer la mise en scène ainsi que des acteurs potentiels ? Il n’y a rien de délibéré de ma part, c’est juste une question d’inspiration. On peut d’ailleurs épiloguer sur un projet sans nécessairement en respecter l’ordonnancement logique. On a dit de Nedjma qu’il pouvait être lu de mille et une façons. On peut commencer par le début mais on peut aussi le lire en diagonale comme on peut en mixer divers passages eux-mêmes hors-chronologie. Il en est de même pour un projet de film. Du reste, je me demande s’il ne faut pas songer à scénariser le roman en tenant compte au plus près du déroulement labyrinthique du récit, tel que l’a voulu l’auteur. Est-ce important que le film soit tourné en Algérie ? Oui, d’abord parce que de grands films étrangers ou algéro étrangers y ont été réalisés, parmi lesquels La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, Z de Costa Gavras, L’étranger de Visconti ou encore Mon colonel de Laurent Herbié (scénario de Gavras), ensuite parce que le traitement de la question est surtout tributaire de la volonté des autorités algériennes. Autrement dit, quand l’Etat veut, il peut ! Et il l’a prouvé à maintes reprises; enfin les enjeux d’un tournage en Algérie sont importants car tout à la fois politiques, culturels, psychologiques, identitaires. Nedjma s’adresse au monde entier mais c’est l’Algérie qui est au centre du récit. Produire un tel film, ce serait rendre à l’auteur un hommage bien mérité, ce serait aussi agir à son égard un peu comme l’a fait Poutine au sujet de Soljenitsyne en lui décernant en 2007 le prix d’Etat. exprimant ainsi concrètement sa volonté de réhabiliter l’auteur, entre autres livres, de L’archipel du goulag et Le pavillon des cancéreux. Poutine, nostalgique de la Russie d’autrefois, avait compris que « le temps retrouvé » devait nécessairement passer par cette réhabilitation. Pour Kateb Yacine, ce serait un peu la même chose. La dimension politique d’un film sur Nedjma véhiculerait une reconnaissance particulière, un hommage légitime. Le politique d’aujourd’hui reconnaîtrait ainsi ouvertement la toute puissance, la transcendance de l’oeuvre de l’écrivain à travers sa pièce maîtresse, Nedjma…

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-3-

Posté par imsat le 16 juillet 2017

« Une première lecture de Nedjma provoque généralement une impatience, une irritation voire une  frustration. On pense lire une histoire et on s’impatiente que le narrateur accumule les suspensions, retarde indéfiniment le récit; tant il est vrai qu’au principe de l’écriture Katébienne se trouve un choix qui bouleverse les habitudes, impose à la durée d’énormes distorsions, utilise le récit en l’inversant » Ce propos de l’universitaire Tunisien Habib Salha résume bien l’opinion consensuelle de ceux qui ont lu Nedjma, pas seulement les connaisseurs mais les gens ordinaires, les profanes; il renvoie à l’absence de linéarité, à la discontinuité, aux flash-backs et zigzags qui marquent le roman, du début à la fin. Ces éléments avec d’autres expliquent, définissent, imposent la complexité de l’histoire. Il me paraît dés lors impossible et d’abord inconcevable qu’une adaptation cinématographique du récit fasse l’impasse sur cette complexité ou en réduise la portée, la signification, la genèse par des artifices techniques, pour ne pas risquer d’ennuyer le spectateur et finalement pour répondre à des exigences de rentabilité commerciale et financière. On ne saurait donc délester un tel projet de ce qui précisément singularise le roman, le style de l’auteur mais aussi l’enchevêtrement maîtrisé des scènes, des personnages, des lieux. Je le dis en songeant aux films qui ont fait l’objet de 2 ou 3 versions (celle du pays d’origine et celle d’autres pays, occidentaux en particulier, à l’instar de Guerre et paix, Anna Karénine, les Misérables…En général, la version américaine des films étrangers est divertissante, captivante mais expéditive car expurgée de nombreux « détails » pourtant importants. La version originale est longue (2 ou 3 parties) mais spectaculaire, fastueuse et je dirais rassasiante. Un film sur Nedjma ne peut être valablement appréhendé que sous le prisme d’une version longue, de nature à en restituer tous les questionnements, toute la beauté, toute la profondeur. J’en parle comme un cinéphile ordinaire, certes, mais en même temps apte à repérer, à déceler assez vite la scène phare ou, au contraire, la déficience majeure d’un film. Il y a l’expérience, le professionnalisme du cinéaste, il y a le travail des critiques de cinéma mais il y a aussi l’observation, le coup d’oeil du cinéphile. Au reste, cette réflexion sur Nedjma transposable au cinéma remonte à la fin des années 70. J’en parlais souvent avec AF, lui aussi grand amateur de cinéma, très attentif au jeu des acteurs mais aussi à la dimension esthétique des films. Est-ce que nous en parlerions aujourd’hui de la même façon ? C’est possible sur un plan général mais je crois que nous y ajouterions un peu de ce que nous avons engrangé comme images durant ces dernières décennies. Nous parlions de Nedjma comme nous le faisions des autres livres que nous avions lus ou que nous lisions à ce moment-là. Nous en discutions en pensant systématiquement à ce que donnerait tel ou tel roman à l’écran. Parfois, nous focalisions sur un personnage. Ce n’était pas le cas quand nous évoquions Nedjma que nous visualisions certes à travers les yeux, les propos, les fantasmes des autres personnages (Lakhdar, Mustapha, Mourad, Rachid) mais aussi par nous-mêmes. Nedjma, roman universel ? indubitablement ! Chacun peut y trouver ce qu’il cherche. Moi, cela me parle notamment parce que, comme le souligne Jacqueline Arnaud spécialiste de l’oeuvre de Kateb Yacine, « La topographie du roman fait référence à l’Algérie de l’Est et au quadrilatère Sétif-Guelma-Constantine-Bône » Cette articulation me conduit à penser que certaines villes, certains lieux apportent une espèce de plus-value aux histoires qu’ils abritent; ils les bonifient. Ces lieux ont une mémoire, une résonance qu’on ne retrouve pas ailleurs, en tout cas pas de la même manière ni avec les mêmes prédispositions psychologiques, culturelles…

Lamine Bey Chikhi

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Nedjma-2-

Posté par imsat le 12 juillet 2017

Je peux citer d’autres noms de cinéastes qui feraient l’affaire. Sur ce point précis, je préfère laisser les choses en l’état. Je développerai mon point de vue ultérieurement. Pour l’heure, ce que je veux surtout dire c’est qu’il faut mettre le paquet pour Nedjma. Le roman a été traduit dans plusieurs langues. On le connait sur les cinq continents. Il a fait l’objet de nombreuses thèses de doctorat tant en Algérie qu’à l’étranger. Des colloques lui sont régulièrement consacrés. Des universitaires ont sué sang et eau pour décortiquer, décrypter, décoder, déconstruire Nedjma et plus généralement l’oeuvre de Kateb Yacine. Les chercheurs explorent sans cesse de nouvelles pistes de réflexion sur cette oeuvre qui reste encore en friche compte tenu de sa complexité et de sa « porosité interprétative ». L’auteur s’était lui-même dit étonné de l’extrême diversité et richesse des écrits (livres, travaux de recherche, articles, actes de journées d’étude….) consacrés à son travail, et de ce qu’ils révélaient en rapport avec son oeuvre ou avec une face cachée à laquelle il disait n’avoir pas songé. Je rappelle cela précisément pour souligner la nécessité de consulter les spécialistes de cet écrivain hors-normes, dans tout éventuel processus de préparation d’un film sur Nedjma. On sait que Boudjedra a co-écrit le scénario de Chroniques des années de braise de Lakhdar Hamina, Palme d’or à Cannes en 1975. Je me rappelle avoir apprécié ce film notamment du fait de cette collaboration judicieuse entre le réalisateur et l’écrivain. Pour Nedjma aussi, il faut associer les compétences universitaires littéraires aux compétences cinématographiques et organiser ce brainstorming de telle sorte que le produit fini soit pleinement réussi et rayonne dans le monde entier. Nedjma est considéré comme le roman algérien de langue française le plus important du 20è siècle. Un film qui lui serait consacré se doit d’être à la hauteur du roman, de son impact international, de ses tenants et aboutissants. Un film sur Nedjma, cela ne doit pas être un ratage, un gâchis, un coup d’épée dans l’eau. Je pense à Nedjma et j’y associe Anna Karénine, bien que rien ne rapproche les deux histoires. J’ai vu les versions russe et américaine de l’adaptation cinématographique de cette oeuvre considérable de Tolstoï. Eh bien, on devrait faire de Nedjma un film grandiose qui marque tout à la fois la conscience collective en Algérie et partout ailleurs dans le monde mais aussi les annales du cinéma. Il faut s’y préparer sérieusement, soigneusement, rigoureusement et sans doute aussi avec quelque passion et un souci de la performance. « Aux heures les plus chaudes, je m’endormais sous les cèdres, et le sommeil chassait la mélancolie; je m’éveillais gonflé de chaleur. C’était pareil à cette joie sous le figuier, de voir Nedjma au sortir du bain, distante mais sans disparaître, à la façon d’un astre impossible à piller dans sa fulgurante lumière ».  Des passages comme celui-ci, le roman en est truffé. Comment les corréler de telle sorte que la magie de leur adaptation à l’écran opère indiscutablement, frappe les esprits ? On ne doit pas escamoter, survoler, rester superficiel, couper au montage des scènes essentielles. Il faut tout montrer ou ne rien montrer du tout !

Lamine Bey Chikhi

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