I comme Italia -20 -

Posté par imsat le 7 juin 2024

« Rien n’unit aussi complètement deux êtres, surtout si, comme vous et moi, ils n’ont que des mots » (Franz Kafka, lettres à Milena Jesenska)

« Finalement, ne serais tu pas fasciné davantage par l’idée que tu te fais d’elle que par ce qu’elle est réellement et dont tu ne sais pas grand chose ? » me demande t-il.
Yeb m’avait déjà posé cette question et je crois bien lui avoir répondu en mettant en évidence le fait essentiel que ce que je disais d’elle passait par l’imagination.
Les choses ont-elles évolué depuis ? Au fond la question de Yeb est constante, je me la pose de différentes façons. I comme Italia, je la vois telle que je l’imagine mais aussi telle qu’elle transparaît à travers ses tendances artistiques.
Par moments, j’ai comme la certitude qu’elle est exactement comme je le pense, au moins intellectuellement et physiquement. Pour le reste, je ne sais pas. Et puis, j’ai délibérément choisi d’en faire une muse mais toujours à travers l’image multiple ou démultipliée qu’elle donne à voir en exposant régulièrement celle d’une dizaine ou d’une quinzaine d’actrices de cinéma.
L’écriture, la puissance évocatrice de l’écriture, c’est aussi cela, une myriade de possibilités créatives autour de diverses personnalités, cinématographiques en l’occurrence.
I comme Italia est toujours parmi ces personnages, elle les incarne, leur ressemble tout en gardant sa spécificité….
Mais au-delà, il y a ce que je pense savoir d’elle même si cela relève de la supposition. Les supputations permettent de belles extrapolations littéraires. Ce qui me séduit profondément chez elle, ce n’est pas seulement ce que j’en ai dit à ce jour, c’est aussi, c’est surtout ce que je crois qu’elle pense de notre façon de converser non pas uniquement comme un échange culturel plaisant, instructif, agréable qui permet d’oublier un peu ou de contrebalancer les nouvelles catastrophiques des quatre coins du monde et dont nous sommes inondés au quotidien, mais très exactement au sens où l’entend Kafka dans sa citation précitée. Tout passe par les mots et il s’établit ainsi entre nous une communion protéiforme, poétique, littéraire, philosophique, artistique magique.
Je me demande si Yeb ne va pas croire que j’utilise encore des artifices pour que je continue à faire du surplace. Libre à lui de penser ce qu’il veut. De toute manière, je ne lui livrerai pas le fond de ma pensée. Pourquoi devrais-je le faire ? C’est moi qui sens, qui rêve, qui me projette, et surtout qui ressens, pas lui !
Soudain, une citation de Proust me vient à l’esprit : « On n’aime plus personne dès qu’on aime. » Je me rends compte que je suis exactement dans cet état d’esprit lorsque je pense à I comme Italia. Entre le propos de Kafka et celui de Proust, il y a continuité, complémentarité, harmonie, interdépendance. Je suis dans cette exclusivité du sentiment éprouvé, corollaire de la fascination dont j’ai déjà parlé, et je m’interroge sur cette situation pour moi inédite, sans précédent et d’une certaine façon désarmante…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -19 -

Posté par imsat le 25 mai 2024

« Au cas où vous ne le sauriez pas, c’est de cela qu’est faite la vie, seulement de moments ; ne laissez pas le présent vous échapper. »  (Jorge Luis Borges)
 J’ai cité Borges dans notre échange du 22 mai dernier dans le sillage du joli florilège de citations du même auteur qu’elle venait de poster accompagnées de photos de diverses actrices de cinéma. (Catherine Deneuve, Françoise Dorleac, Stefania Sandrelli, Sophia Loren….)
Nous avons mené notre conversation presque au pas de charge, sans temps mort, et comme d’habitude avec, à l’appui, citations et arguments ou précisions appropriés.
C’était à la fois dynamique, agréable, palpitant, réjouissant…
Ce que je trouve formidable, c’est l’interactivité qu’elle sait susciter entre cinéma, photographie et littérature. Il ne s’agit pas pour elle de seulement rapporter des photos de stars et des citations d’auteurs mais bien de faire en sorte que l’on puisse apprécier, se questionner, réfléchir, se souvenir, apprendre, se cultiver, comparer, s’étonner, admirer, imaginer…
C’est beau, c’est instructif et cela permet aussi de redécouvrir des scènes de films, des extraits de romans, des visages d’artistes d’autrefois.
C’est en tout cas la synthèse de ce que je perçois avec un certain recul. Et je le dis pour bien dissocier entre ce qui pourrait paraître comme une sorte de routine dans le fait de rapporter tout ce qui a trait à l’art en général, d’une part, et la réflexion analytique que chacun serait tenté de faire, d’autre part.
Le profit est au moins double: esthétique et intellectuel.
Je crois qu’elle serait d’accord avec moi, même si elle venait à formuler son point de vue autrement si je lui posais la question.
Et ce qu’il y a aussi de remarquable, c’est la continuité dans laquelle elle inscrit ses interventions. Je m’en suis rendu compte au fur et à mesure des échanges que j’ai pu avoir avec elle et des citations que nous avons partagées et commentées.
Il y a également dans ce qu’elle nous propose une grande et magnifique diversité : beauté, fantaisie, nostalgie, séduction, glamour, rêve, sensualité, mode, charme…c’est tout cela et bien plus qu’elle nous offre quasi quotidiennement.
Avec elle, on joint l’utile à l’agréable. En tout cas, pour ma part, c’est ce que je pense profondément et systématiquement.
Oui, comme Borges, je pense que la vie est faite seulement de moments. Mes échanges avec I comme Italia font bel et bien partie de ces moments précieux. Je les vis comme tels.
Naturellement, tout est subjectif dans mon propos. De même que dans ce que je ressens. Mais la subjectivité, c’est la vérité. J’ignore ce qu’elle en pense. Peut-être, transcende t-elle tout cela avec fair play, une certaine distance, en souriant. Le seul élément objectif, c’est mon souci, mon souhait de mener à bien le récit que je lui consacre avec un plaisir sans cesse renouvelé. En fin de compte, subjectivité et objectivité sont intimement liées car sans I comme Italia, sans ce qu’elle m’inspire à différents points de vue, je ne me serais évidemment pas engagé dans cette démarche.
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -18 -

Posté par imsat le 14 mai 2024

« Pour Albert Camus, à Lourmarin, la mer était derrière les montagnes et, derrière la mer, il y avait l’Algérie. » (Catherine Camus)
Oui, mon alter ego a peut-être raison. Je crois que je tourne en rond. Il faut absolument que je sorte de l’enlisement. Est-ce que je le souhaite vraiment ? Et d’abord, s’agit-il d’un enlisement ? En vérité, je sais comment sortir des sentiers battus, surprendre et me surprendre. Et pour ce faire, tout ou presque est dans ma tête.
Théoriquement, c’est simple. Pourtant, ce n’est pas cela qui pourrait m’inspirer. Mais alors, pourrais-je innover en continuant à camper sur mes positions. Quelles positions ? Au fond, il est question de rester sur la même trajectoire en exprimant non pas ce que je ressens avec exactitude mais en réagissant à brûle-pourpoint, approximativement par rapport à des situations qui évoluent en dents de scie. Voilà pourquoi, dès le début, j’avais indiqué que je n’étais pas dans la linéarité, les choses organisées, arrangées, planifiées, cohérentes.
Aujourd’hui, par exemple, j’ai envie de dire qu’elle a toujours été prodigieusement épatante.
L’autre jour, elle a posté une photo montrant Anna Karina avec Marcello Mastroianni en marge du tournage de l’Etranger de Luchino Visconti, accompagnée de l’évocation précitée de Catherine Camus, la fille d’Albert Camus.
Je lui ai fait part de ma surprise et de mon énorme émotion. Pourquoi j’étais ému ? Parce qu’elle est restée silencieuse durant trois ou quatre jours, et  sa réapparition que j’avais espérée et attendue, était réconfortante et agréable. J’étais aussi ému parce que la citation évoque Camus, l’Algérie, l’Etranger.
J’ai beaucoup aimé ce rapport à l’Algérie qu’elle a bien voulu rappeler. Au reste, ce n’était pas la première fois de sa part. Elle n’est pas polarisée  sur elle même ni sur ses principaux centres d’intérêt. Elle sait aussi partager des émotions, des points de vue sur toutes sortes de sujets, y compris politiques. J’ai l’impression de l’avoir dit à plusieurs reprises. C’est une muse fascinante à plus d’un titre. Je suis toujours tenté de me servir de ce qu’elle écrit pour dire non pas seulement ce que j’en pense mais pour avancer dans mon récit. Et puisque mon alter ego trouve que ma réflexion stagne, je suis convaincu qu’il commencera à penser le contraire le jour où je lui dirai clairement que je n’ai jamais connu un être aussi totalement séduisant et éblouissant que I comme Italia. Je parle d’une séduction  intellectuelle, culturelle et physique.
Tout est extrêmement attirant en elle. Même les mots ordinaires qu’elle utilise parfois pour réagir à une citation, à une appréciation ont une sonorité agréable, une dimension particulière. Une fois, je l’ai complimentée, elle m’a juste dit : « vraiment ? » Et cette réponse, je l’ai trouvée délicieuse, je ne l’ai pas seulement lue, je l’ai entendue dans le sillage d’une conversation imaginaire entre nous, quelque part, dans un endroit agréable.
Un endroit agréable ? Chez Oscar, mon pâtissier préféré, j’ai croisé une femme dont le charme m’a fait songer à I comme Italia, telle que je l’imagine. Je l’ai regardée, elle m’a regardé; je l’ai regardée, elle m’a regardé; nous nous sommes observés comme ça trois ou quatre fois, un quart d’heure durant, en attendant d’être servis.
J’ai d’abord pensé que c’était une espagnole travaillant à l’Institut culturel espagnol situé à cent mètres de là, ensuite je me suis dit : « c’est une italienne, elle ressemble à I comme Italia, élancée, bien dans sa peau, attirante, délicate, un peu brune, les yeux clairs… » Finalement, ce n’était ni une espagnole ni une italienne mais une algérienne, une belle algérienne, je l’ai entendue passer commande en arabe. Elle semblait bien connaître les serveurs de chez Oscar.
Il y a presque toujours comme une volonté, un souhait récurrent de ma part de voir I comme Italia partout où je me trouve, au gré de mes flâneries.
J’aime ses « interférences », enfin celles que je lui attribue, c’est une autre façon de maintenir toujours ouvert notre dialogue. Elle est donc omniprésente. Et dans les situations chaotiques comme il en existe un peu partout dans le monde, elle est toujours là pour calmer les choses, susciter quelque espérance, apporter de la sérénité, de la beauté, de la joie, de la poésie…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -17 -

Posté par imsat le 29 avril 2024

« J’ai pensé à vous si souvent que j’imagine, je suppose, que par quelque intuition mystique, vous pourriez bien en être conscient » (Sylvia Plath)
Cette  citation a été rapportée par ses soins. Et ce qui est formidable, c’est que cela porte sur l’intuition, un thème qui m’a toujours intéressé et sur lequel je me suis déjà exprimé. I comme Italia a elle aussi déjà eu à partager nombre d’aphorismes ayant trait directement ou indirectement à l’intuition. Cette fois, elle l’a fait au moment précis où j’y pensais fortement. Je pensais à elle comme cela m’arrive plusieurs fois par jour, et en même temps je me demandais si elle était dans la même réflexion, les mêmes questionnements, la même trajectoire psychologique. Je me suis aussi demandé si elle avait pris connaissance de ce que j’écrivais à son sujet, si cela lui plaisait et correspondait à ce qu’elle est en réalité.A cet égard, je ne peux que supputer à partir de certains « indices ». Je n’en suis donc pas sûr. Du reste, je ne suis sûr de rien. Mais souhaiterais-je vraiment savoir si elle aime ce qu’elle m’inspire et que j’essaie de transcrire par écrit tant bien que mal ? Je ne parle pas d’éventuelles réactions brèves et sommaires de sa part. Je pense à quelque chose de consistant, pas forcément académique, plutôt des appréciations ponctuelles, libres, détendues et sincères. En fait, c’est aussi cette incertitude génératrice de questionnements qui me plaît. Est-ce que cela lui plaît aussi ? Je l’ignore. Quoi qu’il en soit, c’est toujours pour moi un moment de bonheur sans cesse renouvelé de faire en sorte qu’elle habite mes pensées et d’être dans une inspiration intarissable. Cependant, tout est en suspens, précisément parce qu’il y a à la fois toujours des aspects à découvrir et des perspectives qui me paraissent improbables. Oui, je sais, je l’ai déjà dit : elle continue de me subjuguer. Par moments, j’ai l’impression d’exagérer, d’hypertrophier ce qu’elle incarne ? Pourtant, aujourd’hui, c’est exactement ce que je ressens tout en sachant que demain je penserai peut être autrement.
J’ai aussi déjà dit qu’elle était une sorte de synthèse des actrices dont elle postait des photos et que la plupart des citations qu’elle rapportait me renvoyaient à elle. Son portrait, c’est tout cela quasi quotidiennement. Mon autre moi-même me fait les mêmes remarques qu’il y a quelques mois. Il estime que je m’enlise complètement dans ce que je lui avais présenté comme un projet de récit autour d’une femme charmante, romantique, un peu mélancolique, très nostalgique et qui sait faire aimer les arts, la littérature et le cinéma. Il trouve que je me répète excessivement, que je manque d’audace dans la formulation de mes sentiments, que je n’ai plus le punch du début et que finalement je donne l’impression de ne pas savoir où je vais. Il m’a même carrément dit ne plus pouvoir me suivre puisque tout ce que j’écris ressemble selon lui à une impasse, une sorte de quadrature du cercle…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -16 -

Posté par imsat le 21 avril 2024

« On aime sur un sourire, sur un regard, sur une épaule. Cela suffit ; alors dans les longues heures d’espérance ou de tristesse, on fabrique une personne, on compose un caractère… » (Marcel Proust)
Il n’y a pas que la littérature, les citations, les photos.
Il y a tout le reste, les choses de la vie quotidienne, la société, les aspirations existentielles, philosophiques, les contrariétés et les entraves de toutes sortes.
En réalité, je ne sais absolument rien de fondamental sur elle, elle n’en a jamais parlé, elle n’en parle jamais même de façon allusive. Cela ne me dérange nullement.
Tout ce que j’ai pu écrire à son sujet, sur ce qu’elle m’inspire, je l’ai fait à partir d’éléments presque fictifs, abstraits, en tout cas qui ne renseignent pas du tout sur sa vie réelle.
Tout passe par l’imagination puisque tout est interprété, visualisé, deviné à partir de renvois au cinéma, à la photographie, à l’écriture. Le regard, le sourire, la fabrication d’une personne dont parle Proust, je les perçois à ma façon et cela est filtré, traité, enjolivé par l’extrapolation que je fais de tel ou tel aphorisme.
Est-ce problématique ? Pas forcément pour la simple raison que je suis respectueux du pré carré, du jardin secret de chacun. C’est d’ailleurs pourquoi je ne l’ai jamais questionnée sur sa vie.
Elle non plus est restée très en retrait, voire carrément silencieuse sur la mienne. En ce sens, notre convergence est quasi parfaite, c’est une forme de liberté, de délicatesse que j’aime beaucoup et que je respecte.
Et de toute manière, j’avais bien souligné dès le début que j’allais inscrire mes réflexions dans une optique littéraire non seulement parce que je souhaitais que nos échanges soient intimement liés à l’intérêt que nous portons à la culture d’une façon générale mais aussi parce que, précisément à cause de cette interaction purement théorique, il me fallait songer à des alternatives susceptibles de me permettre de sortir en quelque sorte indemne d’une situation dont je présumais pour diverses raisons qu’elle ne serait incarnée que par des références artistiques, cinématographiques et poétiques d’autrefois.
Sortir indemne ? Eh bien oui, dans la mesure où la réalité est toujours là à m’interpeller, à me rappeler que le rêve a des limites, qu’il me faut non pas y renoncer (bien que cette issue ne soit pas du tout impossible) mais tenter de le transformer en quelque chose qui viendrait enrichir ma tectonique de la nostalgie. L’ancrage dans le réel passerait par cette métamorphose. La finalisation du récit viendrait illustrer cette métamorphose. Je n’en ai pas encore fini, loin s’en faut, mais je dois songer à quelques garde-fous nécessaires pour ne pas déchanter…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -15 -

Posté par imsat le 11 avril 2024

« Pour être heureux, il faut essayer de vivre chaque minute au charme que nous lui trouverons lorsqu’elle ne sera plus qu’un souvenir. » (Henri Troyat)
Ses centres d’intéret ne se limitent pas au cinéma et à la littérature, elle aime plein d’autres choses et elle les évoque toujours agréablement. Il lui arrive aussi de partager à sa façon certaines de mes réflexions sur l’Algérie. j’en suis toujours ravi. Cela paraît banal mais pour moi, ça ne l’est pas. C’est aussi cela son ouverture d’esprit, son universalisme. Alors, est-ce que je le souligne parce que c’est le contexte qui le requiert en vertu d’une sorte de pacte implicite de courtoisie, de convivialité ? Ou bien parce que tout simplement, ça me plaît ? Il y a un peu de tout dans mon appréciation. Et puis, c’est agréable parce que je sais qu’elle est très sollicitée et courtisée au quotidien. Je veux dire qu’elle prend le temps de diversifier ses réactions, ses remerciements et salutations. Il y a autre chose qui me plaît encore plus: c’est sa façon toujours judicieuse, suggestive et percutante de choisir, de rapporter les citations d’auteur. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai déjà parlé non pas d’un langage codé à cet égard mais d’une conversation quasi directe et subtile qui permet de dire des choses toujours adaptées aux circonstances. Mon inclination au cartésianisme me conduit à relativiser mes impressions, à ne pas rester tributaire de ma subjectivité et à admettre que cela puisse s’adresser aussi à une multitude…
J’essaie de gérer des sentiments contradictoires. J’en suis conscient. Et c’est pourquoi, je suis constamment en train de faire la part des choses, entre l’idéalisation, la raison, la pondération, le relatif et l’absolu…
Au fond,  l’harmonie intellectuelle se fait autour des citations, de leur portée, de leur qualité littéraire, de leur puissance évocatrice. Celles auxquelles je songe, je les ressens, je les vis, je m’en imprégne corps et âme. Ce que dit Henry Troyat du charme de la métamorphose de l’instant présent en souvenir est fabuleux. Il y a là une interaction tres proustienne, et c’est aussi ce que je pense de mes convergences avec I comme Italia.
Ce constat n’est pas établi ex nihilo, c’est le résultat d’une série de questionnements sur ce qui distingue les écrivains à partir de leurs citations les plus remarquables. Je me souviens d’une époque où l’on citait un auteur un peu pour étayer une appréciation, une opinion sur tel ou tel sujet, mais aussi pour frimer, pour épater.
Avec le temps, je me suis rendu compte que le fait de rapporter un aphorisme pouvait transcender sa portée originelle, celle qui venait expliquer, conforter un propos.
Ressentir, vivre une citation ce n’est pas seulement être en phase sémantiquement avec son articulation, c’est prendre quasi immédiatement conscience de l’osmose qu’elle déclenche au triple plan intellectuel, culturel et littéraire. C’est s’étonner de sa magie, de son « opérationnalité » concrète, sentimentale.
C’est tout cela que j’ai redécouvert et réactualisé en échangeant avec I comme Italia. Et grâce à elle, à ses intuitions, à son intelligence, je perçois plus globalement, par exemple, la dynamique qui relie la littérature au cinéma ou à la photographie. Ce n’est pas quelque chose de courant. C’est même plutôt rare voire rarissime.
Le philosophe Michel Serres évoque joliment ce type de rencontre en le connectant à la culture, à la civilisation. Il considère que c’est miraculeux. Je suis totalement de son avis.
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -14 -

Posté par imsat le 25 mars 2024

« C’est quand il y a quelque chose au-dessus de la vie que la vie devient belle » (Jean d’Ormesson)
Parmi les nombreux moments conviviaux d’autrefois, je me souviens de certaines après-midi printanières, en particulier du temps que nous prenions non seulement à déguster le café ou le thé et les délicieux gâteaux (makrouds, brajs, rfisse,…) qui étaient toujours disponibles, mais également et bien naturellement à converser dans la détente et la sérénité.
Nous ne parlions pas de façon expéditive, nous mettions en exergue des détails qui nous paraissaient intéressants ; parfois, nous  épuisions les sujets que nous abordions, en tout cas, nous en disions l’essentiel, nous n’étions pas pressés, nous ne regardions pas l’heure…il nous arrivait aussi de survoler à peine certaines questions, de les laisser en suspens, parce que leur énoncé se suffisait à lui-même;  moi, je regardais, j’écoutais, j’appréciais, j’aimais bien m’étendre sur des mots ou des expressions que je trouvais rarissimes.
Aujourd’hui, la reconduction d’une telle atmosphère me semble impossible, je le dis ainsi parce que, hélas, c’est bien ce que j’observe depuis de nombreuses années. Il y a un vide sidéral. Et ce vide, j’ai l’impression de le combler au moins partiellement en « discutant » avec I comme Italia. Et je le fais, comme je l’ai déjà souligné, dans un contexte poético-littéraire extrêmement inspirant, tantôt directement tantôt en m’imaginant dialoguer avec elle. D’une certaine façon, elle ressemble aux femmes d’autrefois par son inclination à relancer, à dynamiser la conversation, à être créative et intellectuellement très réceptive. Je suis toujours agréablement surpris par sa façon de dire les choses, de montrer de l’intérêt à ce que je dis. Avec elle, il y a toujours des choses à raconter, une continuité, une inventivité.
Mon double m’a demandé si au moins elle comprenait ma façon de penser. Je lui ai repondu par l’affirmative. « Par moments, elle lit même dans mes pensées » lui ai-je précisé. Il n’a pas réagi. Peut-être attend-il que je me réveille, que je sorte de mon rêve parce qu’il croit en effet que je me fais des illusions. Pour lui, c’est une question de temps. Il ne me l’a pas dit mais il me l’a laissé entendre à sa façon. Il attend le jour où je lui dirai: « voilà, je ne rêve plus, tu avais raison, tout cela n’était que le fruit de mon imagination… »
Sur ce point précis, je ne suis pas vraiment en désaccord avec lui sauf que ma conception du rêve n’a rien à voir avec la sienne. Rêver c’est aussi se souvenir, rêver pour se souvenir, rêver ce n’est pas du tout se couper du réel: I comme Italia, c’est une réalité. C’est une conversation quasi continue, tranquille, heureuse autour de plein de choses de la vie, des arts et des lettres. Le rêve, c’est la nostalgie: nostalgie du cinéma des années 60-70-80, des écrivains d’une époque révolue, des photos en noir et blanc prises par des artistes subtils, intelligents, sensibles et passionnés par leur art. I comme Italia est indissociable de ma perception du temps qui passe et qui me semble converger avec la sienne. Et c’est justement à partir de cette approche éclectique du temps qui nous permet de passer en revue de façon ludique les faits marquants du cinéma, de la littérature et de la photographie d’hier et d’aujourd’hui, qu’émerge quelque chose qui se situe au-dessus de la vie et qui transforme la vie…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -13-

Posté par imsat le 3 mars 2024

« Les idées peuvent nous faire vivre, c’est vrai…Mais nous vivons de sentiments que nous gardons bien secrets » (Pier Paolo Pasolini)
Ne serais-je pas tenté de me répéter à son sujet ?
Je me pose la question parce que  les pensées qui me traversent l’esprit tournent presque toutes autour de ce que j’ai écrit tout à fait au début.
Je disais qu’elle était lumineuse et je continue de le penser. Je disais que son évocation quasi quotidienne, toutes formes confondues,  m’était devenue nécessaire, indispensable, incontournable et je le pense toujours.
Pourquoi ? Je l’ai dejà dit. Mais ai-je tout dit ? Non. Qu’est-ce que je n’ai pas dit ? Plein de choses, peut-être l’essentiel ou le plus important. Je n’aimerais pas banaliser mon propos à son égard, je suis naturellement soucieux d’être précis, de choisir les mots qu’il faut pour expliquer ce à quoi je pense en parlant d’elle. Est-ce que le cinéma, la littérature, la photographie interfèrent dans ma démarche ? Oui et constamment ? Est-ce que c’est moi qui parle, qui écris ou alors tel ou tel personnage incarné par tel ou tel acteur, tel ou tel metteur en scène? Et qu’en est-il du contexte ? Justement, où cela se passe t- il ? À Alger, à  Rome, Florence ou Bologne. Je ne le sais pas vraiment. Quand je pense à Bologne, c’est elle que je vois tout en songeant à Pier Paolo Pasolini le cinéaste, l’écrivain-poète dont c’est la ville natale.
Quand je pense à Rome, c’est aussi elle que je vois tout en me remémorant La Dolce Vita de Frédérico Fellini. I comme Italia c’est tout cela et en même temps autre chose de plus important et qui  transcende ces références. Au fond, je ne saurais  définir cette transcendance. Cela prendrait beaucoup de temps, de longues phrases, et passerait par des nuances, des interrogations, des flash-black, des comparaisons. Il y a aussi des incertitudes à son égard mais aussi des convictions. Je le dis ainsi en considération de sa singularité, de ses aspirations réelles ou supposées, de son mode de vie tel que je l’imagine et naturellement aussi de ce qu’elle donne à voir à travers ses idées, ses photos, ses citations.
Réagirais-je de la même façon s’il y avait entre nous un échange épistolaire, un dialogue direct, périodique sur les choses de la vie ?
Je ne le pense pas. Pourquoi ? eh bien parce que c’est une affaire de liberté, et je crois qu’il y a aussi cette envie de ne pas s’enfermer dans un cadre qui pourrait se révéler contraignant.
Au lieu de s’écrire, il me paraît donc plus convenable de poursuivre la conversation la plus adaptée à ce que nous ressentons, à ce que nous aimons. Et puis, s’il en est encore ainsi c’est bien parce que cela nous plaît, nous arrange et n’est pas du tout figé, culturellement et intellectuellement parlant. Cela dit et tout compte fait, Pasolini a raison…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -12-

Posté par imsat le 23 février 2024

« Écrire, c’est dire quelque chose à quelqu’un qui n’est pas là. Qui ne sera jamais là. » (Georges Perros)
En découvrant cette citation, j’ai immédiatement pensé à I comme Italia. Pourquoi ? Eh bien, parce que justement elle est là sans être là, littérairement et intellectuellement. C’est une alternance absence-présence. Dans les deux cas, je ne suis pas indifférent, je réagis. Elle est dans mes pensées.
Et puis, j’ai fini par nuancer mon appréciation en me rappelant tout simplement avoir beaucoup écrit précisément pour dire des choses à nombre de personnes qui n’étaient pas là ou dont je savais qu’elles avaient disparu, je veux dire physiquement. Cela concernait aussi celles qui avaient quitté l’Algérie pour diverses raisons
Je crois l’avoir déjà dit: la littérature, c’est ça. Pas besoin d’inventer des histoires, une fiction, un scénario pour dire ce que l’on a envie de dire, ce que l’on pense. Il faut juste écrire au bon moment sans chercher la complexité ou la rationalité. Oui, j’ai en effet d’abord spontanément pensé à Elle parce que je le redis, elle n’est pas là tout en étant là. Je me suis interrogé sur certaines perspectives. Enfin, confusément. J’ai alors pensé à la correspondance que des auteurs ont entretenu durant de longues années. Je suis tombé récemment sur des extraits de celle de Marina Tsvetaeva et Boris Pasternak qui a duré de 1922 à 1936. Je trouve cela admirable, épatant, inspirant. Cette façon d’écrire et d’échanger m’a toujours intéressé. Elle transcende le temps, les frontières, les entraves, les évènements, et permet d’exprimer librement, totalement et sincèrement bien des sentiments et des pensées. C’est de la poésie, de la littérature et c’est le réel.
Au fond, c’est ce à quoi je songe à propos de I comme Italia: une correspondance singulière par citations et commentaires interposés. Il y a encore, c’est vrai, des choses qui restent abstraites, mitigées et à géométrie variable. L’écriture permet d’ailleurs s’il y a lieu de tout relativiser, peut-être pour ne pas trop rêver ni se faire d’illusion (?). En fin de compte et quelles que soient les évolutions éventuelles de cette écriture, de ce qui la sous-tend, je continuerai de considérer comme Proust que la vraie vie, c’est la littérature.
Et cela me plaît beaucoup car grâce à cette corrélation magique, tout est possible. Et tout est possible parce que tout passe par les mots, y compris les miracles. Demain est un autre jour…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -11-

Posté par imsat le 12 février 2024

« La valeur des choses n’est pas dans la durée, mais dans l’intensité où elles arrivent. C’est pour cela qu’il existe des moments inoubliables, des choses inexplicables et des personnes incomparables. »
(Fernando Pessoa)
Cette citation résume à peu près tout ce que j’ai pensé et écrit à ce jour au sujet de I comme Italia
Je le lui ai d’ailleurs dit hier dans le sillage d’un de mes commentaires mais j’ai ajouté qu’en ce qui me concernait, je ne pouvais pas me contenter du minimum pour exprimer ce que je ressens.
Moments inoubliables, choses inexplicables, personnes incomparables…tout cela me renvoie immédiatement et très précisément à elle, à ce qu’elle m’inspire, à ce qu’elle représente pour moi.
Je n’ai pas eu besoin de réfléchir pour relier le propos de Pessoa à I comme Italia, spécialement, exclusivement en ce qu’elle incarne justement à la fois l’inoubliable, l’inexplicable et l’incomparable.
Mon appréciation est-elle exagérée ? On pourrait se le demander, à juste titre.
Pourtant, ce que je dis, ce que je pense est vrai, et d’une certaine façon inexplicable même si j’ai dejà eu à avancer quelques éléments de nature à éclaircir mon sentiment.
Il y a donc l’explicable et j’en ai dejà parlé. Et il y a l’inexplicable qui relève de ces choses magiques et mystérieuses sur lesquelles on se contente de dire : « c’est comme ça et il n’y a rien d’autre à ajouter. »
L’inexplicable, c’est l’ineffable, l’inédit, l’extraordinaire, c’est ce qui est sans précédent, indépassable. Est-ce à sens unique ? Je l’ignore. Et d’ailleurs, cela n’aurait aucun impact sur mes pensées dans la mesure où, à l’origine, je n’ai émis aucune supposition ni hypothèse. Il n’y avait rien de rationnel. Pas de calcul donc, mais une puissante attractivité par rapport à ses publications. Et progressivement, elle devenait incontournable, centrale, nécessaire, irremplaçable y compris lorsqu’il lui arrivait de s’absenter quelques jours…
Lamine Bey Chikhi

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