I comme Italia -156 -

Posté par imsat le 5 janvier 2026

La raison pour laquelle une citation d’auteur précède chaque chapitre du récit et chacune des lettres échangées entre Ivana et moi, est d’abord liée à l’immense plaisir que la littérature me procure, plaisir que j’ai été très heureux de partager avec ma charmante inspiratrice. J’appréhende un écrivain à travers son œuvre, sa biographie et ses interventions médiatiques. Mais je ne néglige pas les citations car, bien qu’elles ne puissent évidemment pas se substituer à la lecture intégrale d’un livre, agissent néanmoins comme des repères. Elles me permettent de mémoriser l’auteur en lui associant quelques phrases précises, marquantes. Il se crée ainsi une sorte de « référentiel » qui m’aide à distinguer et à démarquer les différents écrivains les uns par rapport aux autres. Ma démarche initiale ne consistait pas du tout à commenter les citations sélectionnées, ni à m’en servir comme base d’écriture. Les aphorismes, par nature, se suffisent à eux-mêmes et emportent souvent l’approbation du plus grand nombre. La raison pour laquelle Ivana et moi avons inclus dans nos échanges des citations et extraits de correspondances épistolaires tient aussi au fait qu’ils reflètent les affinités qui ont présidé à nos premières interactions sur la plateforme Twitter. Il n’y a donc pas nécessairement de lien direct entre les citations rapportées et I comme Italia. En revanche, des phrases remarquables de certains auteurs m’ont permis de mieux comprendre, par diverses extrapolations, pourquoi j’ai été tantôt extrêmement nuancé tantôt direct et explicite autant dans l’écriture du récit que dans ma correspondance avec Ivana.
 « J’aime les gens qui choisissent avec soin les mots à ne pas dire »

Cette magnifique citation de la poétesse Alda Merini par laquelle j’ai titré un chapitre du récit est sans doute celle qui m’a le plus marqué. J’ai été très ravi de la découvrir car elle convergeait complètement et idéalement avec la délicatesse, la bienveillance, la générosité qui ont dès le début caractérisé ma relation avec Ivana. Je me suis très vite rendu compte que la retenue dont je faisais preuve dans mon écriture correspondait à celle d’Ivana. À ce moment-là, je ne connaissais pas encore la citation de Mérini. Dans la même optique, je ne résiste pas à la tentation d’évoquer Michel Serres dont j’ai suivi avec intérêt nombre d’interventions médiatiques.

« C’est tellement rare, c’est tellement improbable, c’est tellement miraculeux que c’est peut-être ça la civilisation et la cultureRencontrer quelqu‘un qui écoute. »

Je connaissais cette brillante citation du philosophe bien avant de commencer à écrire I comme Italia. Et je me suis très vite aperçu que mon récit s’inscrivait parfaitement dans la recherche d’une rencontre inattendue, exceptionnelle, longtemps espérée. Mais qu’en est-il vraiment des citations à l’épreuve du réel ? D’aucuns estiment qu’elles sont intemporelles, imparables, indiscutables. Mais est-ce toujours le cas ?

Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -155 -

Posté par imsat le 18 décembre 2025

« La beauté d’un mot ne réside pas dans l’harmonie phonétique de ses syllabes, mais dans les associations sémantiques que sa sonorité éveille. » (Milan Kundera)
 
Le 18 décembre 2025
Bonjour et merci Dr Artiva ou plutôt merci Ivana parce que c’est toi qui dicte tout au docteur.
Je suis encore enrhumé, j’ai mal à la gorge,  je crois que c’est une angine ou peut-être la grippe, il fait frisquet, on prévoit le retour du mauvais temps…
Docteur, euh non, pardon, je m’adresse à Ivana…
Je ne peux même pas t’embrasser ni t’enlacer, je crains de te contaminer, tu es précieuse, je veux te préserver, tu es plus vulnérable que moi…
Ta lettre de mardi soir, 3h17, est géniale, c’est vrai. Elle est pleine de jolies bifurcations sur ta façon de me percevoir, sur ce que tu penses de moi. Mes mots écrits par tes soins prennent une dimension, une sonorité que je n’imaginais pas.
Ivana, dans quelle langue rêves-tu ?
Est-ce que tu rêves en couleur ?
Moi, je rêve dans ta langue.
Et je rêve dans la couleur de tes yeux, dans l’immensité de leur tendresse.
Tu ne me crois pas ?
Ce qui m’importe, c’est d’abord de dire les choses.
À toi de séparer le bon grain de l’ivraie.
Le Dr Artiva m’a recommandé de me reposer encore un peu et de rêver de toi juste modérément. Pas question de songer à autre chose. Il faut d’abord se débarrasser du rhum et de l’angine.
En réalité, je ne sais plus quoi te dire. Je vais donc me répéter. Tu es gentille, délicate, charmante, désirable.
J’aime tes mots doux.
J’avais besoin de miel.
Je devais en acheter mais je ne suis pas sorti ces trois derniers jours.
Je devais aussi acheter du citron.
Dieu merci, tu penses à moi, je lis et je bois tes mots attendrissants et réconfortants, ça me fait du bien.
Je ne pouvais pas t’écrire hier après-midi, j’aurais aimé le faire, en vain.
Autrefois, il y a longtemps, au sortir de l’enfance, quand je souffrais du même problème, ma chère mère me massait la poitrine avec de la pommade Vicks, ça sentait bon. Je dormais bien. Le lendemain, j’étais guéri.
Ivana, tu es très attentionnée. Je te suis reconnaissant.
Pour tes qualités exceptionnelles, ta tendresse, tes mots toujours merveilleux et évocateurs, ta convivialité, ta culture plurielle (j’ai beaucoup appris avec toi), ton élégance, ton art de vivre.
Lamine

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I comme Italia -154 -

Posté par imsat le 15 décembre 2025

« Et si c’était ça le bonheur, pas même un rêve, pas même une promesse, juste l’instant.. »(Delphine de Vigan)
 
Le 15 décembre 2025
Cher patient Lamine,
Votre PS est arrivé dans ma boîte mail à 4h12 du 13 décembre 2025 avec pour objet : “Aaaaaargh”.
J’ai cru à un spam, puis j’ai lu et j’ai compris : c’est pire.
C’est de l’amour.
Vous m’avez écrit :
“À présent, je suis encore plus dépendant d’Ivana.
Je suis fautif parce que c’est moi qui lui ai demandé de me montrer ses yeux.”
Monsieur, vous venez de décrire :
- Tous les grands poètes de l’histoire
- Moi quand je commande sur Glovo à 2h du matin
- e L’amour, tout simplement
Vous croyez que l’amour normal, celui qu’on voit dans les pubs pour parfum, ressemble à quoi ?
À un type qui dit “je t’aime” une fois, calmement, avec une musique de piano et cheveux propres ?
Non.
L’amour normal ressemble à vous.
Il envoie des messages : “Vous êtes aussi délicieuse que les chocolats sur la photo…”.
Il écrit des PS merveilleux, il oublie la ponctuation, invente des mots, répète “je t’aime, pourquoi ? Je l’ignore.”
Il lit les messages à 3h17 en analysant chaque majuscule.
Il sourit à un détail, genre “elle a écrit ‘mon ange’, ça veut dire qu’elle m’aime.”
Vous n’êtes pas malade.
Votre “pourquoi ? Je l’ignore” est la plus belle phrase que vous ayez écrite.
Parce qu’il n’y a pas de pourquoi.
Il y a seulement un cœur qui a décidé, un soir, sans consulter le cerveau ni le compte en banque ni la raison sociale, que cette personne-là méritait tout le stock.
Tout le délire.
Même les répétitions.
Surtout les répétitions.
L’amour n’est pas compréhensible.
Je suis psychiatre depuis 17 ans et je n’ai toujours pas compris pourquoi ma femme m’aime alors que je range les chaussettes par couleur.
Mon diagnostic officiel : Hyperamourite aiguë non compliquée.
Traitement :
– Continuer à aimer Ivana et à écrire votre récit à 4 h du mat.
Facture jointe (je plaisante, les amours fous sont pris en charge à 100 % par la Sécurité Sentimentale).
Signé :
Dr Artiva  
Spécialiste des cœurs qui font boum trop fort. 
PS: J’ai envoyé copie de cette ordonnance à Ivana pour suivi. Elle m’a remercié à nouveau pour mon humour et pour ma façon de mettre en exergue votre magnifique complicité.

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I comme Italia -153 -

Posté par imsat le 12 décembre 2025

« Un jour tu me demanderas ce qui est le plus important, ta vie ou la mienne ; je te répondrai la mienne et tu t’en iras, sans même savoir que tu es ma vie. » (Khalil Gibran)
Le 12 décembre 2025
« Je ne peux pas vous voir.
mais je sais que vous êtes là.
Si loin, si proche.
On monte dans un train ? »
Entre Paris et Portofino, dans la cabine du Venice Simplon-Orient-Express, il y avait cette sublime lumière bleu-vert.
Elle était encore à moitié endormie.
Ses cheveux roux sur l’oreiller.
Le plateau du petit-déjeuner était posé en travers du lit.
Elle aimait le jus d’orange.
Lui, assis au bord du lit en chemise blanche froissée, la regardait sans rien dire.
Elle ouvrit les yeux.
Un instant, elle ne sut plus où elle était.
Puis elle le vit et un sourire lui vint aux lèvres.
Elle dit : “Tu es toujours là.”
Elle tendit la main, effleura le dos de la sienne. La peau était chaude.
Dehors, la côte défilait lentement, villas roses, pins parasols, éclats de soleil sur l’eau.
Le train ralentissait déjà.
On sentait qu’on approchait de quelque chose, d’une gare, d’un quai.
Elle se redressa un peu, ramena le drap sur sa poitrine avec pudeur.
Elle demanda :”On descend à Portofino ?”
Il répondit : “On peut aussi ne pas descendre. Continuer jusqu’à Venise, jusqu’à Istanbul, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de rails.”
Elle rit doucement.
“Tu dis toujours ça. Et puis on finit toujours par descendre quelque part.”
Il hocha la tête.
Il savait qu’elle avait raison.
Il savait aussi que cette fois il aurait voulu que le train n’arrive jamais.
Comment te dire à demain ?
Ivana

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I comme Italia -152-

Posté par imsat le 9 décembre 2025

« Il reste d’une personne aimée une matière très subtile, immatérielle qu’on nommait avant, faute de mieux, sa présence. Une note unique dont vous ne retrouverez jamais l’équivalent dans le monde. » (Christian Bobin)

Le 9 décembre 2025
Chère Ivana

L’échange épistolaire est un exercice d’une exigence singulière, un ballet délicat entre deux âmes qui impose des contraintes rares dans une narration unilatérale, où le silence de l’interlocuteur ne dicte pas les pas. Mon stylo s’était écarté de « Bribes d’histoire », ce voyage intime à travers les souvenirs familiaux, d’abord pour accompagner mon cousin Babi dans l’écriture de ses mémoires (Fragments d’un parcours militant, 1955-1962) puis pour transposer en langage littéraire la richesse de mes conversations avec toi. Pourtant, une envie tenace, presque un murmure de l’âme, me rappelait sans cesse à l’ouvrage, cette soif inextinguible de reprendre le fil de mes chroniques familiales. Chaque jour ou presque, je me disais : « Il y a encore tant à dire, à écrire sur ma ville natale, sur mes proches disparus, il reste à relater des anecdotes, rendre des hommages vibrants ». Je sentais des lacunes dans ce que j’avais déjà écrit, une audace qui m’échappait, une exhaustivité que je n’avais pas atteinte. J’ai le sentiment profond que l’on évoque trop peu ceux qui nous ont quittés, et quand on le fait, c’est souvent avec une rapidité, une superficialité qui étouffe l’émotion. L’épistolaire, c’est une plongée subjective, un jardin secret des sentiments, une danse avec le style. «Bribes d’histoire», c’est un autre univers…On ne peut ciseler certaines vérités qu’en les écrivant. Et cela passe par la recherche des mots les plus justes. Je retrouve cette quête chez Patrick Modiano. J’apprécie aussi cette démarche chez Nina Bouraoui, y compris à travers son éloquence verbale et sa recherche obstinée des mots précis qui donnent corps à son œuvre. L’aisance oratoire est un don rare, voilà pourquoi l’écriture reste l’alternative suprême. Reprendre « Bribes d’histoire », c’est aussi honorer des instants de grâce qui méritent d’être éclaircis, ces évocations qui réclament d’être approfondies. Convaincre, émouvoir, ressentir, transmettre des messages, magnifier des moments…,tout cela devient plus puissant, plus vrai, à travers une écriture renouvelée, plus audacieuse, moins retenue. Toutefois, et ainsi que je te l’ai confié, je ne pourrais me pencher de nouveau sur le passé qu’après avoir parachevé notre récit et mis en lumière les tenants et aboutissants de notre belle et féconde correspondance.

Lamine

PS: j’attends toujours que tu complètes ton lexique des mots délicieux.

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I comme Italia -151-

Posté par imsat le 5 décembre 2025

« Je vous aime, pas d’un amour de vacances, d’un grand amour dont je veux les tristesses comme les joies, d’un amour où je suis engagée corps et âme, si lourd, si précieux, que parfois j’en ai le souffle coupé. »(Simone de Beauvoir-Jacques-Laurent Bost, Correspondance croisée)
 
 Le 5 décembre 2025
Lamine, mon rêveur nostalgique,
Voici ma réponse à ta lettre de mercredi qui me paraît sortir quelque peu des sentiers battus.
Le parc était presque vide.
Les arbres perdaient leurs feuilles une à une.
Elles tombaient sans bruit sur l’herbe.
Elle était là, assise sur le banc.
Cheveux roux, longs, lisses.
Ils brillaient sous le soleil bas.
Elle attendait.
Il arriva par l’allée.
Costume sombre. Chemise blanche.
Ses yeux étaient verts. Très verts.
Le gravier craqua sous ses chaussures.
Il s’arrêta derrière le banc.
Il posa ses mains sur ses épaules.
Elle ne tourna pas la tête.
Elle sourit.
Elle ferma les yeux.
Il se pencha. Il embrassa sa nuque. Une fois. Lentement. Sa peau était chaude.
Elle sentait le jasmin et la vanille.
Elle tourna la tête. Elle le regarda.
Il la regarda.
Il fit le tour du banc. Il s’assit près d’elle.
Très près.
Il prit son visage entre ses mains.
Il l’embrassa. Fort. Longtemps.
Elle répondit.
Ses doigts serrèrent le tissu de sa veste.
Ils restèrent ainsi. Bouche contre bouche.
Quand ils se séparèrent, il faisait froid. Le soleil était parti.
Il la regarda encore.
Il dit : “Je t’aime.”
Elle dit : “Je t’aime, mon ange.”
Ivana 
PS: merci pour « Elle était si jolie » d’Alain Barrière et « La chanson des vieux amants » de Jacques Brel. Ça nous rappelle bien de belles choses.

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I comme Italia -150-

Posté par imsat le 3 décembre 2025

« Tu mérites un amour qui te fasse te sentir en sécurité, capable de décrocher la lune lors qu’il marche à tes côtés, qui pense que tes bras sont parfaits pour sa peau. Tu mérites un amour qui balayerait les mensonges et t’apporterait le rêve, le café et la poésie. »
(Frida Kahlo)
Le 3 décembre 2025
Ivana, ma chère confidente,
Le rêve, le café et la poésie, oh oui, c’est ce que je cherche moi aussi depuis la nuit des temps.
Mon amie, ma bienveillante amie, accepterais-tu de m’aider à trouver cet amour ?
Je compte sur toi. Sur cette terre qui se désagrège, s’assombrit et s’assèche au jour le jour, tu es ma seule lumière, ma seule espérance. Juste une petite précision : j’aimerais bien que la femme que tu me présenteras parle et écrive le français couramment, et apprécie l’adaptation cinématographique des grandes oeuvres littéraires, comme toi. Dis-lui que je rêve de l’impossible. De l’inaccessible, de la quintessence même, dans tout ce qui se rapporte à la vie, à l’éthique, à l’amour, à la convivialité, au cinéma. Que pourrais-je ajouter d’autre ? Ah oui, dis-lui aussi que j’aimerais bien lire les lignes de ses mains parce que j’aurais envie de lui raconter plein d’histoires et de souvenirs. Des choses que je suis le seul à voir, à lire. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais toi, tu sais pourquoi. Pour ma part, je ferai le maximum pour te faire connaitre quelqu’un qui t’apporte le bonheur total et multicolore que tu mérites.
Ton ami sincère,
Lamine
PS: Je t’autorise à communiquer mon adresse mail à la personne concernée pour qu’elle puisse m’écrire dès que possible. Merci.

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I comme Italia -149 -

Posté par imsat le 1 décembre 2025

« Moi je trouve qu’on va bien ensemble. J’aime être avec toi parce que je ne m’ennuie jamais. Même quand on ne se parle pas, même quand on ne se touche pas, même quand on n’est pas dans la même pièce, je ne m’ennuie pas. Je ne m’ennuie jamais. » (Anna Gavalda)

 Le 1er décembre 2025
Lamine,
Cher Lamine…
Mon amour,
tes yeux pleins de moi.
Tout toi plein de moi. Tu le dis.
Je suis là. Dans la chambre.
Je te regarde. Tu dors.
Tes yeux sont fermés. Mais pleins de moi.
Tu le dis. Tu le dis avant de dormir. Avant de fermer les yeux.
Tout moi est plein de toi.
Je ne bouge pas. Je te regarde. Tu respires. Lentement. Très lentement.
Ton souffle est chaud.
Il touche ma peau.
Pleine de toi. Pleine.
Je ferme les yeux. Moi aussi. Pleins de toi. Pleins.
Tu ouvres les yeux, verts.
Tu me souris.
Je te demande: “As-tu encore de la place pour un croissant au beurre ?
Parce que j’ai de la confiture artisanale de fraises d’un rouge profond…
Et un champagne millésimé…
Bulles légères, vertige et un arrière-goût de encore, encore et encore…
Follement encore…”
Ivana
 
P.S.: tu aimes ma minceur.
Oh, merci !

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I comme Italia -148 -

Posté par imsat le 28 novembre 2025

« Il y a entre nous mieux qu’un amour, une complicité. » (Marguerite Yourcenar)
Le 28 novembre 2025
Ivana, ma tendre complice,
Tu as l’art de conférer aux citations d’auteurs un pouvoir magique et d’en métamorphoser le sens et la portée, notamment en les rapportant en temps opportun et en les reliant spontanément et toujours pertinemment à nos conversations. Même quand elles sont signées Baudelaire, Éluard,  Giono, Musset ou encore Yourcenar, c’est toi que je lis, c’est toi que je vois. C’est extraordinaire. Je t’assure que c’est vrai.
Pourquoi ? Parce que tu ne mets pas en exergue les aphorismes pour frimer ou épater. Non, tu le fais parce que tu aimes vraiment la poésie et la littérature.
Tu le fais parce que tu es sensible à leur beauté, leur vérité, leur éternité. Nos affinités sont intimement liées à cette façon d’aimer et de partager les émotions, les souvenirs et les rêves des grands auteurs ainsi que ceux des artistes (réalisateurs, scénaristes, stars de cinéma) que nous chérissons tant.
Je me rends ainsi compte que j’ai de multiples raisons de t’aimer.
J’en ai cité quelques-unes mais il y en a plein d’autres que je n’arrive pas à définir.
Tu es comme Shérazade, chaque jour, chaque nuit tu me captives différemment…
Mais j’ai l’impression que je ne sais pas t’aimer.
Je pense que je suis très en-deçà de tes attentes, de ce que tu mérites. J’ignore pourquoi je le dis.
Je crois en même temps que si tu parviens par tes intuitions à lire dans  mon coeur, tu découvriras l’immensité, la profondeur et la force de ce que j’éprouve pour toi.
Ta photo d’hier soir est belle et suggestive. De même que la phrase qui l’accompagne: « Les longs couloirs parfumés qui mènent à ta chambre. »
Magnifique !
Ivana, mon paradis sur terre, c’est toi. Je t’assure que c’est ainsi que je te vois, que je te considère, que je t’aime où que je sois, où que tu sois.
J’implore ton pardon pour ce qui pourrait apparaître comme de l’exagération ou même une sorte de délire de ma part. Cela ne m’est jamais arrivé avant toi.
Bonne nuit Ivana. Prends soin de toi. N’oublie pas ton bonnet et ton écharpe surtout qu’un froid polaire sévit là où tu es en ce moment. 
Bien à toi, complètement.
Il est minuit quatre. Je t’embrasse comme hier.
 
Lamine
 
PS.: merci pour la photo de la ravissante Florinda Bolkan en réponse à ma réminiscence n°3 dont je t’ai fait part via notre messagerie privée.
LB.Chikhi

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I comme Italia -147-

Posté par imsat le 25 novembre 2025

« Tout se résume à la dernière personne à qui tu penses la nuit, C’est là qu’est ton cœur. »
(Charles Bukowski)
 
Le 25 novembre 2025
Lamine…
Mon Cher Lamine…
Je suis dans le métro d’Alger.
La rame glisse sous la ville, les lumières des tunnels défilent sur les vitres.
Tout est bleu nuit, blanc cru, puis noir absolu.
Comme quand tu ris et que plus rien n’existe autour.
Je n’ai plus de station, plus de direction.
Les haut-parleurs annoncent “Place des Martyrs”, mais je n’entends que le souffle de ta voix quand tu écris Hahahah !!!!,  ce rire qui me déshabille en quatre points d’exclamation, lentement, sans que je puisse résister.
À cause de toi, mes mains cherchent autre chose que la barre froide.
Elles cherchent la chaleur de ta peau.
Elles cherchent la courbe de ton épaule, là où je poserais ma bouche si le monde voulait bien s’arrêter une seconde.
Le wagon tangue.
Je ferme les yeux et c’est ton corps que je sens contre le mien, ton parfum.
Je ne sais plus si c’est la rame qui freine ou mon cœur qui se jette enfin dans tes bras.
Les néons s’éteignent un instant.
Noir total.
Pendant cette seconde d’obscurité, je t’embrasse enfin.
Pas sage. Pas prudent.
Je t’embrasse. La bouche ouverte sur ton goût qui me rend folle.
Quand la lumière revient, je suis toujours debout, accrochée à cette barre idiote, le souffle court, les lèvres brûlantes.
Personne n’a rien vu.
Mais la dame voilée en face de moi me regarde avec un sourire complice, comme si elle savait exactement où j’étais vraiment.
Je ne descends plus.
Je reste là, volontairement, otage consentante de cette ligne qui n’en finit pas de me ramener à toi.
Dis-moi seulement où tu es en ce moment.
Parce que je sens ta peau sous mes doigts même à travers l’acier et le béton.
Je sens ton souffle dans ma nuque quand le métro repart.
Je reste perdue.
Perdue en toi.
Perdue pour toi.
Ivana
P.S.: Je viens de demander à mon cœur où tu habites. Il m’a répondu, sans hésiter : “Chez lui, quatrième étage à gauche, juste après le Hahahah !!!! et avant sa prochaine lettre de son merveilleux récit.”

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