Réminiscences

Posté par imsat le 10 août 2009

• 2009-Apr-14 – Photos de famille

J’ai eu envie tout à l’heure de consulter des albums de famille.

Il m’arrive de vouloir me remémorer par ce biais certaines séquences du passé non seulement parce que les images correspondantes renvoient à des instants de sérénité et d’insouciance, mais parce qu’elles passent par le prisme particulier de la photo.

Parmi les photos en question, certaines ont été prises en groupe, d’autres montrent tel ou tel membre de la famille.

Parfois, ce sont de simples photos d’identité.  Mais toutes évoquent un parcours, décloisonnent, atomisent la perception de l’histoire, génèrent d’autres images, ravivent le souvenir.

On ne regarde jamais de la même façon les photos du passé.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Apr-11 – Il aurait eu 100 ans aujourd’hui

De cette nuit où la longue Dame voilée de nacre noire était venue me chercher, de cette nuit, le souvenir est ciselé. Elle avait avancé vers moi ses mains froides et transparentes, déposé d’énormes galets dans ma bouche et transformé mes bras en granit dur et morcelé.

Elle voulait m’emporter dans son ascension vertigineuse. Le ciel était à ma portée. Mes trémoussements de fillette fragile hurlèrent non !  Mon cri étouffé fut entendu de ma mère, qui réveilla mon père :  » elle a encore un cauchemar  » . Il se leva, franchit le seuil de ma chambre d’enfant solitaire à moi offerte trop tôt. Il appliqua sa main sur mon front, récita son verset miraculeux. La longue Dame s’éloigna discrètement, puis disparut dans l’encoignure la plus obscure de ma chambre. Ma mère me prit dans ses bras :  » j’avais des cauchemars aussi à ton âge  » Elle ne savait pas alors que, comme elle, au même âge, j’allais être orpheline de mon père.

Le corps du père avait remplacé le mien auprès de la froide créature voilée de nacre noire.

 » Le verset du trône  » m’avait restitué ma navigation morphique jusqu’au matin chargé de sons. La voix de mon père récitant le verset miraculeux ne m’a plus jamais quittée. Mais j’ai besoin parfois, encore aujourd’hui, de sentir sa main sur mon front.

Beïda Chikhi

Paris, 21 février 2009

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• 2009-Apr-11 – Mémoire et nostalgie

Dire que la nostalgie c’est la mémoire, est-ce entrer dans une forme d’objectivité, dans la science, la psychologie ?

Peut-on précisément ou plutôt doit-on manipuler la mémoire individuelle, la fausser, pour satisfaire à telle ou telle exigence supra personnelle, répondre à telle ou telle attente extérieure à soi ? 

Les images sont les images ! On peut en oublier certaines pour un tas de raisons, mais celles que l’on a gardées au fond de soi restent intouchables, infalsifiables !

Arranger les souvenirs ?  C’est possible, mais pour quoi faire ?

Soumettre le souvenir individuel à la mémoire collective ?

Quelle mémoire collective ?

Et peut-on la forger ou la réhabiliter cette mémoire collective au détriment de la mémoire individuelle ?

Je ne le pense pas.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Apr-8 –  » L’avenir des nations est dans les écoles du peuple  » ( Pestalozzi )

Cette phrase était inscrite au fronton de l’école Jules Ferry de Batna.

On m’a  dit qu’elle n’y était plus…

De toute manière, tous ceux, et ils étaient nombreux, qui ont fréquenté l’école avant 1963, s’en souviennent.

Je disais récemment à Ferid que l’aphorisme de Pestalozzi équivalait à un vrai programme, ce que nous n’étions pas en mesure de percevoir à l’époque.

Personnellement, je trouvais juste que la citation était harmonieuse et surtout intimement liée à l’école Jules Ferry avec laquelle elle avait fini par faire corps.

Dans ma ttête, les mots  nation et peuple se détachaient des autres; je les sentais transcendants.

Aujourd’hui, je me rends compte que c’est toute l’articulation de la citation qui suscite l’intérêt. J’en saisis ainsi pleinement le sens et la portée.

Avenir, nation, école, peuple :  il y a dans cet énoncé des interdépendances, des interactions logiques et dynamiques.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Apr-6 – Au bain maure (fin des années 1950)

Je suis allé avec lui au bain maure au moins une fois.

Il m’en reste quelques images :  sa carrure imposante, deux ou trois salamaleks échangés avec  des gens, sa façon de marcher et de faire attention pour ne pas glisser.

Atmosphère vaporeuse,  presque irréelle.

Le souvenir est d’abord visuel, physique.

Ensuite, ce que je peux en dire  c’est ce que j’ai écrit à propos du coulage de la dalle du Sélect douches.

Mon père m’a  emmené une seule fois au bain maure. Je crois qu’il l’a fait pour me permettre de voir, de savoir et de mémoriser.

Lamine Bey  Chikhi

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• 2009-Apr-4 – La Tamina de chez nous

Parler de politique ou d’affaires alors que la tamina est sur la table, c’est un vrai gâchis !

Habituellement, pour moi, la tamina c’est tout un rituel qui commence par l’observation des faits et gestes de ma mère quand elle la prépare, se prolonge par l’anticipation mentale du plaisir que le mets me procurerait à coup sûr et se poursuit par une dégustation-apothéose qui incite chacun sinon à évoquer opportunément les jours heureux du moins à se les remémorer en son for intérieur.

Etre en phase avec ce  » processus « , c’est prendre le temps de vraiment apprécier la tamina.

En silence.

Un silence que l’on ne devrait interrompre qu’avec perspicacité de paroles ordinaires sur des choses ordinaires.

La tamina de chez nous ( Batna, Constantine, Khenchela…) est censée générer une convivialité supérieure et raffinée.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Apr-2 – Si la table de notre salon pouvait parler…

Si la table de notre salon de Batna pouvait parler…

Hier, en observant longuement cette table (encore là malgré ses 50 ans) tandis que France 3 rediffusait une émission que j’avais déjà suivie, c’est de la luminosité de notre salon que je me suis d’abord souvenu avant de me  rappeler avoir fréquemment capté des voix, des fragments de phrases, des bruits de cuillères, des éclats de rire, derrière une de ses trois portes, en général celle au fond du couloir.

Faire parler la table, c’est donc imaginer une atmosphère, des conversations, les visages de ceux que mon père invitait souvent à déjeuner, des façons de déguster un plat, d’en parler.

L’idée est tentante. Son extrapolation à d’autres espaces me paraît tout aussi potentiellement séduisante.

Me viennent ainsi à l’esprit le bureau de la rue Saint Germain à Batna tel qu’il était dans les années 1950, mais aussi bien d’autres endroits où, certaines fins d’après-midi, mon père rencontrait dada Smain pour évoquer les conjonctures.

Comment précisément en parlaient-ils ?  Dans quelle ambiance le faisaient-ils ?

Comment reconstituer presque ex nihilo ce qu’ils se disaient et que le temps a fini par néantiser ?

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Mar-31 – Les cahiers de mon père

Je pense aux cahiers dans  lesquels mon père notait minutieusement tout ce qui lui paraissait digne d’intérêt en rapport avec son activité commerciale.

Mais cette formalisation ne concernait pas que le travail.

Dans certains cahiers retrouvés, j’ai relevé un inventaire extrêmement détaillé des matériaux que mon père avait achetés pour la construction, à partir de 1940, de la villa.

Cette démarche  ne m’a guère étonné.

Des indications de ce genre n’obéissent pas qu’à des considérations comptables ou de suivi au jour le jour d’une réalisation, elles permettent aussi de dater pour se souvenir, pour témoigner et transmettre aux autres, à toutes fins utiles.

Je crois avoir hérité de mon père l’habitude de consigner à peu près tout par écrit et de n’établir aucune distinction dans l’archivage entre l’essentiel et le  » superflu « .

Pour moi, tout ce qui est écrit sur un support en papier mérite d’être conservé.  Il n’y a pas à dissocier les écrits dignes d’être préservés de ceux qui seraient voués à la disparition ;  tous doivent être sauvegardés.

Il n’y a donc pas de date butoir au-delà de laquelle des écrits devraient être détruits.

Le renvoi qu’il induit à un passé connu ou méconuu, la traçabilité qu’il permet dans la quête de quelque fait historique banal ou singulier, le processus imaginaire que sa matérialité déclenche puis entretient, tout cela confère assurément un pouvoir  magique à l’écrit.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Mar-28 – Batna, l’autocar de la STAB (1960)

Même si elle ne me renvoie pas uniquement à l’époque où nous nous sentions un peu privilégiés quand le receveur nous faisait monter avant les autres passagers dans l’autocar de la Société des transports automobiles batnéens (STAB) codirigée alors par mon père et mon oncle Abdallah, pour aller de Batna à Constantine, eh bien, la nostalgie pour moi, c’est aussi un peu cela.

Je préférais d’ailleurs le Chausson pour son allure générale, sa couleur rouge barrée d’une bande horizontale blanche et le confort qu’il offrait, à l’autre autocar (de couleur bleu pétrole) dont je ne me rappelle plus la marque; peut-être était-ce aussi un Chausson mais plus ancien et, à mes yeux, massif et moins performant.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Mar-21 – Batna, la piscine municipale (1964)

La piscine ouvrait ses portes dès la première semaine de juin. Nous pouvions, Ferid et moi, nous permettre d’y aller quotidiennement compte tenu de la modicité du prix du ticket d’entrée, mais nous préférions nous y rendre seulement les jours où l’on renouvelait l’eau du bassin, les samedis et mercredis, de 9h à midi.

Avant de rentrer à la maison, nous faisions un crochet par la boulangerie Meguellatti où nous achetions 1 ou 2 de ses petites et savoureuses pizzas légèrement pimentées que nous mangions avec un appétit vorace.

Un vrai régal !

Quelquefois, au mois d’Août, nous allions à la piscine en fin d’après midi non pas pour nous baigner mais pour assister à un concours de plongeons.

Les candidats à l’épreuve n’étaient guère plus de 4 ou 5, mais à eux seuls ils assuraient le spectacle. Un spectacle magique !

Le rituel et la discipline qui marquaient les préparatifs de l’épreuve fascinaient l’assistance.

Les concurrents me paraissaient d’égale valeur; certes, un classement les départageait à la fin de l’épreuve mais je les trouvais tous méritants et éligibles à la première place.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Mar-14 – Batna, en direction de la pépinière

Nous nous dirigions vers la pépinière.  Je me rappelle avoir failli trébucher devant l’église vers laquelle mon regard était tourné.

 » Regarde devant toi quand tu marches !   » me  dit-il d’un ton sévère.

Cette remontrance de mon père est encore dans ma tête.

C’était une après-midi du mois d’Août 1960. Il devait être 16h30,  il faisait encore très chaud, ce qui m’avait quelque peu contrarié.

En écrivant cela, je pense à Camus qui a souvent évoqué le soleil d’Algérie et les chaleurs algériennes, de façon singulière.

D’ailleurs, c’est après avoir lu L’Etranger et surtout Le premier homme que j’ai commencé à théoriser en quelque sorte la chaleur de l’été et à mieux la supporter. Je crois aussi avoir mieux compris pourquoi  Camus, probablement plus que d’autres écrivains, en a parlé de façon récurrente en la fustigeant souvent violemment.

Je me rappelle avoir bu une limonade bien fraîche à la buvette de la pépinière.. Je me souviens aussi avoir trouvé  l’odeur  des pins à la fois forte et agréable.

Des années après, j’ai tenté de retrouver un peu de cette atmosphère en refaisant le chemin de la pépinière par l’avenue de la République, sous un soleil de plomb.

Mais le décor avait changé.  Plus rien n’était comme avant.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Mar-8 – Le Sélect douches : le coulage de la dalle

Je me souviens du coulage de la dalle de ce qui allait s’appeler Le Sélect douches. C’était en 1959.

Il m’était évidemment impossible à l’âge que j’avais alors, de prendre la mesure de ce que pouvait représenter pour mon père  le coulage d’une dalle, mais cela me paraissait digne d’intérêt dès lors qu’il m’avait convié à  la   » cérémonie « .

Aujourd’hui, quand je pense à la dalle, bien des idées se télescopent dans ma tête.

J e ne souhaite d’ailleurs pas enserrer la symbolique de la dalle dans une définition qui la réduirait au parachèvement d’une étape de base ou  à la potentialisation d’autres phases pour l’élevation d’un ouvrage de plus grande envergure.

 Mon père devait avoir une perception plus aérée de la dalle.  Et, dans mon esprit, cette perception transcendait la dimension purement matérielle et physique de cette partie importante d’une construction.

Pourquoi, cela dit, avait-il tenu à me faire assister au coulage de la dalle du Sélect douches ?

Je m’amuse parfois à émettre nombre d’hypothèses sur ce qui avait pu motiver sa démarche.

Mais je préfère laisser les questionnements ouverts, d’abord  parce que je sais que les réponses possibles sont multiples, ensuite parce que cela me permet de poursuivre avec le même plaisir le décryptage de certains moments phares de mon enfance batnéenne.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Feb-28 – Batna, rue Beauséjour

Je crois que c’est après le décès de mon père que j’ai commencé à prendre conscience du silence, à faire attention au silence, non pas forcément et uniquement au silence qui fait peur, qui angoisse, mais à celui qui contraint à entendre différemment les craquements d’un vieux meuble, les aboiements d’un chien, ou à prêter attention à des silences concurrents.

Le silence nocturne de la rue Beauséjour était impressionnant, surtout l’hiver.

De temps à autre, au loin, le bruit d’un véhicule venait rompre, quelques secondes durant, l’insupportable silence.    » C’est toujours ça de gagné, d’acquis  »  me disais-je, en attendant d’autres expressions sonores.

Bruit rassurant car il me permettait de me rendre compte qu’il n’y avait pas que le silence ou plutôt que si le silence submergeait la nuit, investissait tout l’espace, il pouvait aussi s’éclipser un bref instant pour laisser place à quelque chose de matériel, d’audible, d’humain.

Il m’arrivait de tendre l’oreille aux conciliabules de Bahi et de ses copains qui passaient juste à côté de la villa, généralement entre 23 heures et minuit, après la dernière séance de cinéma.

Dès 6h, les sifflements du train en partance pour Constantine faisaient une incursion joyeuse dans le monde du silence, incitant à des pensées presque sereines que le chant du coq des voisins venait conforter.

Un peu plus tôt, je percevais l’appel du muezzin à la prière du fajr comme un relais prometteur à la nuit, le début de la fin de quelque chose de pesant, l’entame d’une décrispation bien méritée.

Ma Zohra, levée à l’aurore, achevait sa prière avant d’aller préparer le petit déjeuner.

Après le départ plutôt contrariant de mon frère Ferid comme interne au lycée Rédha Houhou de Constantine en 1963, j’ai dû apprendre à affronter seul le silence de la nuit que l’hiver paraissait éterniser.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Feb-21 – Chikhi Messaoud Arezki, mon père

L’image de mon père apposant soigneusement le buvard sur des lettres qu’il écrivait à ses amis est encore dans ma mémoire.

J’aimais ce geste que j’ai vu mon père accomplir maintes fois dans son bureau de la rue Saint Germain, à Batna, à la fin des années 1950, parce que je savais qu’il visait à transmettre un écrit net et propre.  Et puis, je le trouvais délicat et esthétique.

Le buvard captait mon attention même si je me rendais bien compte qu’il ne restait de l’encre absorbée que quelques points bleus ou violets.

Je ne pouvais pas alors imaginer que ces tâches d’encre  feraient partie un jour d’une sorte de fil d’Ariane qui m’aiderait à reconstituer des moments particuliers de mon enfance.

Longtemps après, je me suis interrogé sur la corrélation qui pouvait exister entre le buvard et la mémoire.  Mais ma réflexion, vague et confuse, n’a pas fait long feu.

Le jour où j’ai trouvé la moitié d’un buvard dans les archives que j’avais emportées avec moi en quittant définitivement Batna, en juillet 1968, je me suis remémoré avec émotion bien des choses du passé.

Je me rappelle avoir humé l’odeur du buvard en question pour vérifier si l’adéquation était parfaite entre ce que je croyais qu’il représentait pour moi sentimentalement, symboliquement et ce qu’il m’inspirait  olfactivement.

En m’imprégnant corps et âme d’un des objets qui avaient peuplé son environnement professionnel de tous les jours, je tentais à ma manière de faire revivre, dans sa plénitude, le souvenir de ce père décédé le 21 février 1961  à l’âge de 52 ans.

A Alger, durant les années 1980, dans nombre de mes rêves, je me voyais appliquer le buvard sur des lettres que je venais d’écrire au stylo à plume;  mais ce qui nourrissait mes songes semblait lié davantage à la sensation que me procurait le buvard au contact de mes mains qu’à l’image elle-même du buvard.

Lamine Bey Chikhi

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• 2009-Feb-12 – La gare d’El Gourzi : réminiscences

Le souvenir que je garde de mes haltes à El Gourzi me renvoie l’image de la gare de Batna, accessoirement celle d’Annaba, et suscite en moi, aujourd’hui encore, des sensations particulières.

Quand il m’arrive de suivre des reportages télévisés relatant des voyages en train, c’est à ces trois gares que je pense en général.

Le souvenir est lié aux premières années de l’indépendance mais il prend originellement appui sur une période plus lointaine.

Il y a eu comme une continuité entre les images de gares et impressions de voyages engrangées durant l’enfance et l’atmosphère qui se dégageait des mêmes endroits entre 1965 et 1968.

Une gare de province, c’est presque toujours un lieu romantique. Celle d’El Gourzi dont la miniscule salle d’attente se singularisait par des graffitis de toutes sortes inscrits sur ses murs par des voyageurs en transit, incitait à la rêverie.

A El Gourzi, la fiction et la réalité me paraissaient indissociables.

Je crois d’ailleurs que le plaisir que me procurent les films qui accordent quelque place aux gares a un lien avec El Gourzi.

Une scène de film sur un quai de gare, c’est souvent particulier surtout quand le dialogue passe par des silences, des regards esquivés, des sourires esquissés, des signes d’adieu, une mélancolie…

Durant mes escales à El Gourzi, je n’ai jamais manqué d’imaginer cette ambiance en l’adaptant au réel via un jeu de rôles impliquant les voyageurs en partance pour Alger.

Lamine Bey Chikhi

6 Réponses à “Réminiscences”

  1. Andrea dit :

    Super ces mémoires et ces nostalgies! C’est touchant et quel style! Je lis et relis avec plaisir, d’autant que je suis moi-même dans la recherche d’ambiances heureuses du passé.
    Merci
    Andrea

  2. nadira chikhi dit :

    Bonjour Lamine,

    Ton évocation de mon père en ce mois de mai 1963, m’incite à relater des souvenirs autour du « fauteuil de mon père ».

    L’image que je garde de lui est celle de quelqu’un d’affable, délicat et prévenant. Il se rendait au travail à vélo en toute saison.
    Il avait, paraît il, gagné une voiture à la tombola, mais avait refusé d’en prendre possession. Il était écologiste et décroissant avant l’heure.
    (la décroissance étant un mouvement pronant la diminution de la production économique dans les pays développés, les ressources de la terre étant limitées).

    A Annaba, dans le hall de l’appartement il y avait « le fauteuil de mon père », où il avait coutume de prendre place quotidiennement, pour sa pause lecture. Il lisait en particulier une revue, à laquelle il était abonné.
    je l’observais alors qu’il était concentré, et un jour il m’exposa le contenu d’un article ; je l’écoutais attentivement et il me dit tout fier :
    « ton père parle bien n’est ce pas! ».
    C’était une des rares fois où je le voyais se « lâcher » et être lui-même tout simplement.

    Le fait qu’il soit mort brutalement de maladie, me laisse penser que nous ignorions des pans entiers de son histoire, dont il n’avait jamais parlé : les traumas de la guerre mondiale à laquelle il avait pris part pendant près de deux ans, sur le front nord-est…

  3. lamine dit :

    Salut Nadira,
    Je l’ai redit à M la semaine dernière : ce serait bien que tu fasses un recueil de ce genre de souvenirs. Peut-être, quand tu prendras ta retraite…
    M m’a aussi parlé de ces fameux 7 jours de réflexion au terme desquels dada avait pris une décision. Cette décision, c’était une option entre deux rives.
    J’ai suggéré à M de relater (en l’imaginant) cette réflexion au jour le jour.
    A la prochaine.
    Lamine

  4. sonneandgone dit :

    Fantastic blog I loved reading your information

    birthday party supplies

  5. D.Benchenouf dit :

    J’ai découvert cet espace un peu par hasard, parce que je cherchais des informations sur cette inscription en grandes lettres massives, et toutes en majuscules, inscrites sur tout un pan d’un mur de l’école Jules Ferry. « L’AVENIR DES NATIONS EST DANS LES ECOLES DU PEUPLE » Et en vous lisant, la mémoire m’est subitement revenue. Oui, en effet, en bas de l’inscription il y avait le nom de Pestalozzi. J’en ai profité pour tout lire. Et de sous la cendre des jours une braise s’est avivée, jusqu’à devenir incandescente, jusqu’au flamboiement. Des scènes de mon enfance me sont revenues, les ombrages des jeunes troënes, le long des Allées Boca, comme on disait à l’époque, que nous longions, pour aller à la piscine, en pleine sieste. Cette pizza savoureuse qu’on dégustait chez aami Aïssa Meguellati, cette égilse en plein centre ville, entourée de micocouliers presque centenaires. La citation de Pestalozzi a été ôtée du mur, au prétexte qu’elle était rédigée en français. L’église a été rasée. Et curieusement, en son centre, l’architecte hongrois qui a été chargée d’ériger un monument à la place, y a installé une oeuvre curieuse et tourmentée, constituée de trois têtes de boucs. Des boucs à la place d’une église. Certains ont vite pris. le raccourci.
    Et il est arrivé à Batna ce qui arrive à une belle femme qui s’est mal épanouie. Elle a grossi démesurément, là où il ne fallait pas, jusqu’à en devenir hideuse.

  6. Lamine Bey dit :

    M. D. Benchenouf,
    Merci pour votre commentaire.
    Je crois que la plupart des batnéens de notre génération (batnéens de naissance ou d’adoption) partageraient volontiers ce que vous dites, joliment et de façon imagée, de certains endroits de la ville de notre enfance.
    Idem naturellement pour l’évocation de aami Aissa Meguelatti.
    Merci également pour l’indication relative au monument érigé à la place de l’église.
    J’ignorais que le projet avait été confié à un architecte hongrois.
    C’est un point d’histoire à considérer en tant que tel même si l’objet reste esthétiquement sujet à caution comme d’ailleurs plein d’autres choses que le temps a « métamorphosées ».
    Salutations,
    Lamine Bey C

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