Virginia Woolf

Posté par imsat le 1 mai 2010

Journal d’un écrivain de Virginia Woolf est très prenant. Dès les premières pages, je me suis senti en symbiose avec le style de l’auteur, un style original, inventif, percutant. J’ai trouvé le livre dans la bibliothèque de B. En fait, je l’avais repéré depuis longtemps en me promettant à chaque fois de le lire un  jour, mais je lui ai toujours préféré d’autres ouvrages.

J’ai voulu en parler hier avec mon oncle Mahieddine; il m’a dit qu’il n’était pas du tout dans ce registre, qu’il essayait vainement de relire le livre de Hocine Ait Ahmed sur l’affaire Mecili, qu’en attendant d’y parvenir il continuait de décrypter le Coran et de parcourir quelques titres de la presse quotidienne.

J’ai quand même tenté d’orienter notre discussion sur Virginia Woolf et la littérature anglaise mais il a souhaité évoquer les poèmes qu’il a écrits sur l’Emir Abdelkader. Il m’a demandé si j’avais reçu son dernier courrier; je lui ai répondu qu’il ne fallait pas qu’il s’en préoccupe outre mesure, que sa lettre me parviendrait probablement dans le courant de la semaine et que je transmettrais aussitôt ses textes à Ferid pour publication sur son site internet (convergences plurielles). Il a insisté pour que je prenne la chose au sérieux « car, a t-il précisé, les mots sont une arme redoutable; il s’agit à travers l’écriture, quelle qu’en soit la forme (essai, poème, récit…) de remettre les pendules à l’heure pour contrecarrer les desseins de ceux qui colportent des contre-vérités, en l’occurrence sur l’Emir… ».

Je l’ai d’abord écouté attentivement puis, par je ne sais quel enchaînement d’idées, je me suis mis à lui parler d’Enrico Macias, de ce qu’il a déclaré récemment sur France 3 face à Mireille Dumas, de son désir toujours ardent de revoir Constantine. Réaction mitigée de mon oncle à cause de la question palestinienne et de la position des juifs d’Algérie durant la guerre d’indépendance. Je me suis abstenu de développer mon point de vue car je l’envisageais sous l’angle d’une certaine nostalgie tandis que mon oncle connectait le sien au politique. Nos approches étaient inconciliables.

Nous avons conclu notre conversation téléphonique par un pronostic sur la finale de la coupe d’Algérie de football qui allait opposer le CA Batna à l’Entente de Sétif…

Lamine Bey Chikhi

2 Réponses à “Virginia Woolf”

  1. nadira chikhi dit :

    Salut Lamine,

    Ton article sur V.W. me rappelle la façon tragique dont elle a disparu, se noyant volontairement dans une rivière proche de sa maison, en 1942.

    Voilà un écrivain qui avait une reconnaissance planétaire pour sa production littéraire ; on disait d’elle qu’elle avait inventé un style d’écriture qui lui était particulier, ce qui était considéré comme une véritable révolution dans le monde littéraire.
    Mais celà ne l’a pas guérie pour autant de sa dépression.

    Avec son mari, ils avaient fondé une maison pour éditer des auteurs célèbres de l’époque, y compris des écrits de Freud. Mais celui-ci ne l’a pas prise en thérapie ; elle était suivie par un psychiatre pour des crises de maladie mentale, qu’elle disait ne plus supporter quand elle a décidé de « partir ».

    Enfin, tout celà pour dire que rien ne garantit le Bonheur. C’était son destin peut-être. Mais sa maladie peut-elle s’expliquer autrement que par le destin ?
    Il est vrai que V.W. a souffert de beaucoup de pertes dans son entourage : sa mère à l’âge de 13 ans, sa demi-soeur, son neveu ; autant de deuils qui la fargilisaient chaque fois un peu plus ; et pour finir la guerre qui sévissait en 1942 et qu’elle trouvait profondément injuste, son mari étant juif.

    Avec tous les atouts dont elle disposait pour exprimer son mal-être, cette catharsis à travers l’écriture n’a pas suffi à l’apaiser et la protéger de son mental tourmenté.

    Certains analystes de son oeuvre avancent l’idée que « les voix qu’elle entendait » pouvaient être des messages de son inconscient, mais qu’elle n’a pas su déchiffrer, et qu’un thérapeute doué aurait pu l’aider à décoder.

    Peut être aussi, une foi inébranlable dans une humanité meilleure, aurait elle pu la sauver? qui sait!.

    Cordialement.

    Nadira.

  2. Lamine dit :

    Bonjour Nadira,
    Dans Journal d’un écrivain (tome 2)qui s’achève pratiquement quelques jours avant le suicide de l’auteur, V.W. évoque précisément ses troubles psychologiques, en tout cas leurs symptômes, ses moments de dépression, mais elle est parvenue à maîtriser jusqu’au bout son travail d’écriture.
    J’avais lu Une chambre à soi, mais le Journal renseigne un peu plus, souvent même dans le détail, sur le quotidien de la romancière.
    Je me suis demandé après le Journal si la production intensive de V.W (elle écrivait quasiment tous les jours et travaillait aussi pour des suppléments littéraires) n’avait pas un peu brouillé sa vision des choses et fragilisé sa santé. Le destin a certainement balisé tout cela, c’est l’explication finale.
    Je retiens quand même le style incomparable de l’écrivain.
    meilleures salutations,
    Lamine

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