Jouda

Posté par imsat le 24 août 2010

La canicule brouille t-elle la vision des choses ? Déjà, en période normale, lorsque le temps est clément, il me semble que les choses tiennent à peine; enfin, le dire de cette façon c’est user d’un euphémisme pour signifier que c’est un miracle qu’elles tiennent encore. Tout paraît se dévaluer, se déprécier quand il fait excessivement chaud et que les vêtements collent à la peau. L’an dernier, à la même époque, je portais un chapeau. En y pensant ce matin, je me suis remémoré les casques coloniaux que Ferid et moi portions à la fin des années 1950. Le mien me serrait le front, il me faisait même un peu mal mais il me protégeait du soleil et c’était ce qui comptait. J’ignore si ces casques étaient à la mode mais je ne me rappelle pas avoir vu des enfants de notre âge en porter dans la ville. Le désir de remplacer le casque par la casquette, je l’éprouvai plus tard, après le décès de mon père; j’en achetai une de couleur orange; ma bicyclette aussi était orange. Attirance réelle pour cette couleur ou simple coïncidence ? je ne saurais le dire.

La canicule de ce jour fait surgir une autre image, celle de Jouda, le voisin qui tenait un petit atelier de mécanique dans le garage de ses parents et que je voyais toujours en bleu de Chine, les mains dans la graisse. Jouda, je ne pourrais l’imaginer autrement, l’ayant tellement vu « décortiquer » des moteurs de voiture avec une patience et une minutie qui laissaient les enfants du quartier admiratifs et pantois. Il était très courtois avec nous. Il nous dépassait de 4 ou 5 ans mais il paraissait davantage que son âge sans doute parce qu’il avait des gestes et des postures d’adulte et qu’il était déjà dans la vie active. Il y avait toujours devant son garage une voiture au capot relevé, même le week-end. J’avais l’impression que c’était le même véhicule que Jouda tentait de réparer. N’était-ce pas d’ailleurs le cas? Je me le demande. Tout le monde connaissait le nom de famille de Jouda mais personne ne savait quel était son vrai prénom.

Lamine Bey Chikhi

2 Réponses à “Jouda”

  1. Ferid dit :

    À ta dernière question la réponse est simple pour nous qui avions son âge, il s’appelait Madjid. Je me souviens que sa mère et son grand frère Abdallah, grand maquisard à son retour des maquis après 1962, compagnon d’armes de Mustapha Ben Boulaid, n’aimaient pas que ses copains l’appellent Jouda.
    Ferid

  2. Lamine dit :

    Je ne le savais pas. Je savais vaguement que « Jouda » c’était son sobriquet.Mais personne ne sait qui le lui a donné.
    Lamine

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