Ce que je pense de Bouteflika -15-

Posté par imsat le 20 janvier 2014

25 juillet 1999.  Décès de Hassan II. Bouteflika et le Premier ministre israélien Ehud Barak se croisent lors des obsèques du souverain chérifien. Ils se serrent la main et échangent quelques propos. Barak demande à Bouteflika si des relations diplomatiques sont envisageables entre l’Algérie et Israël, comme il (Barak) le souhaite. Le Président algérien lui répond: « Faites d’abord la paix avec les palestiniens. Il faut que les palestiniens aient un Etat. Il faut impérativement régler cette question… »  Echange cordial, simple, humain entre deux personnes qui se  rencontrent fortuitement. Des médias du monde arabe critiquent violemment ce « rapprochement » entre l’Algérie et Israël. Les pays de domiciliation de la plupart de ces journaux entretiennent des relations diplomatiques et/ou commerciales avec l’Etat hébreu. Ces pays ont toujours voulu que l’Algérie soit plus royaliste que le roi au sujet de la question palestinienne. Personnellement, j’ai trouvé intéressant ce bref tête-à-tête Bouteflika-Ehud Barak . Intéressant parce que détendu, inattendu, imprévisible, improbable. Je n’y voyais rien de politique. Et de fait, il n’y avait rien de politique dans les salutations échangées.

Une règle élémentaire de courtoisie. Les images et le son diffusés par la télévision algérienne ont suscité ma curiosité d’abord au regard de la manière avec laquelle les 2 hommes politiques allaient s’aborder, se parler compte tenu de l’importance et de l’impact du conflit Proche oriental. Finalement, tout s’est passé dans une vraie convivialité. Après cette séquence « historique », Bouteflika a répliqué à tous les hypocrites qui lui avaient reproché cette poignée de main, en invoquant les valeurs, les traditions, l’humanisme de la culture arabo islamique, tous éléments qui font, a t-il précisé, que « lorsqu’un être humain vous salue, eh bien, vous lui répondez en le saluant de la même façon; et c’est exactement ce qui s’est passé à Rabat entre Barak et moi; c’est une règle de courtoisie élémentaire ». Bouteflika compléta cette mise au point en soulignant qu’en matière de soutien à la cause palestinienne, l’Algérie n’avait aucune leçon à recevoir !. Pour moi, cette rencontre ce n’était pas la fin du monde. Le lendemain, dans le bus Alger-El Biar, j’ai entendu des jeunes en parler. Ils n’en étaient pas du tout offusqués. « On va déjà à Bangkok pour ramener des fringues. On explorerait volontiers bien d ‘autres destinations, y compris Israël et la Palestine, pour faire du business s’il n’y avait pas d’obstacles politiques » déclare l’un d’entre eux sous le regard approbateur de ses camarades. Il y a toujours un décalage entre ce que pense, ce que dit la rue et ce que les médias veulent nous faire croire. Pour nombre de situations politiques nationales et internationales, on essaie toujours de nous faire passer un point de vue groupusculaire pour une opinion majoritaire. Dans l’échange Bouteflika-Barak, il y avait quelque chose de sympathique. C’est ce que j’en retiens. En même temps dire qu’il pouvait y avoir quelque chose de prometteur, ce n’est pas du tout un crime de lèse-majesté !

Lamine Bey Chikhi

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