Ce que je pense de Bouteflika -20-

Posté par imsat le 26 janvier 2014

Je crois qu’on confond souvent et un peu trop facilement les choses. Quand on met dans le même paquet pour ainsi dire l’Etat, le système, le pouvoir, le président de la République (comme incarnation de l’Etat, du régime ou du système ?) on n’est pas dans la rationalité. Où voulais-je en venir ? En fait, j’avais en tête une phrase maintes fois martelée par Bouteflika lors de son premier mandat. « J’ai nommé des juges et des walis (préfets). Qu’ils fassent donc leur travail ! ». Cette injonction est indiscutable. Elle n’est pas banale. Je la trouve très intéressante. Si on soulève, comme c’est souvent le cas, des thématiques qui ont un impact sur la société, on ne doit pas le faire en occultant l’essentiel.

La responsabilité est d’abord individuelle ! L’appel de Bouteflika à l’adresse des magistrats et des walis renvoie à la notion de responsabilité individuelle et à ses implications. Choisit-on de devenir juge parce qu’on l’a vivement souhaité en sachant que la profession est censée être un sacerdoce ou le devient-on parce que cela procure un « pouvoir » ? Fait-on abstraction des considérations liées à l’indépendance de la personne, de l’institution vis-à-vis des pressions extérieures de toutes sortes ou en tient-on compte ? Se demande t-on si la justice est indépendante ou si elle est instrumentalisée ? Dans tous les cas, c’est d’abord la question de la responsabilité individuelle juridique, éthique, morale qui est posée. Quand on décrète que la justice n’est pas indépendante, moi je réponds : « Est-ce que les juges font leur travail ? ». De même, quand on critique l’administration locale, la bureaucratie, je dis: « OK, mais les walis font-ils leur boulot comme il se doit ? ». Je comprends la mise en demeure de Bouteflika  comme une incitation à un mea culpa individuel et collectif. A partir du moment où l’on se retrouve à exercer telle ou telle fonction, quel que soit le niveau hiérarchique correspondant, on doit en assumer toutes les conséquences. On oublie souvent le point de départ. C’est d’abord l’individu qui se met en position d’exercer une responsabilité. Il ne peut donc pas se défausser sur les autres pour expliquer ou justifier ses carences éventuelles. Même observation pour les walis, les ministres, les ambassadeurs, les PDG. C’est trop facile d’imputer ses propres déficiences à des entités que l’on appréhende comme des entités désincarnées alors qu’elles sont pleinement représentées par des individus, des sujets de droits et d’obligations. « Je n’ai jamais déjeuné avec une personne morale ». Cette jolie formule du grand juriste Léon Duguit (1859-1928) est toujours d’actualité. Je la comprends comme une dénonciation implicite de ceux, et ils sont légion, qui cèdent souvent à la tentation de confondre les responsabilités, croyant ainsi pouvoir dégager la leur.

Lamine Bey Chikhi

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