Ce que je pense de Bouteflika -22-

Posté par imsat le 28 janvier 2014

Chacun sait que quelques mouvements sociaux continuent d’être enregistrés à travers le territoire national. Il n’y a rien d’exceptionnel ni de vraiment préoccupant dans ces manifestations qui ne sont, faut-il le préciser, ni plus violentes ni plus sujettes à caution que celles que l’on observe régulièrement dans de  nombreux autres pays, occidentaux, asiatiques et autres. Bouteflika s’est toujours prononcé de façon pédagogique, didactique sur les diverses formes d’expression de la colère sociale.

Pourquoi avoir déraciné cet arbre ?  Un jour (je crois que c’était durant son deuxième mandat), alors qu’il était en visite de travail dans une wilaya du pays, il s’est exprimé sur le sujet en ces termes : « Vous avez un problème avec l’administration, vous avez le droit de vous énerver, de le dire, de dénoncer la bureaucratie. Je suis d’accord avec vous. Moi-même, je n’arrête pas de fustiger ceux qui ne font pas leur travail quel que soit leur niveau de responsabilité. Quand il s’agit de sanctionner, je sanctionne et je le fais sans états d’âme. Je vous comprends donc parfaitement, j’entends vos doléances; elles sont légitimes. Mais cet arbre (Le Président montre en effet un arbre à moitié arraché juste à sa gauche) que vous a t-il fait ? Quelle est sa responsabilité dans les faits que vous dénoncez ? Pourquoi l’avoir déraciné ? Les racines, c’est la terre, c’est fondamental, vous savez que c’est essentiel… » Après un silence de quelques secondes (Bouteflika regarde la caméra, moi je me dis qu’il donne à ses mots le temps de produire leur effet. Il ne parle pas pour rien; il veut faire oeuvre utile), il poursuit:  « Et puis, il n’y a pas que les arbres, il y a aussi les mairies. J’ai appris que dans une localité, que je préfère ne pas nommer, on avait incendié le siège de la commune et détruit une partie de l’état civil. La mairie, c’est la généalogie, les archives, la mémoire de la cité, l’histoire, votre histoire, notre histoire. Comment vont-ils faire maintenant que les archives sont en cendres, pour se faire établir les documents dont ils ont besoin ? Tout cela est étrange. Je ne trouve rien qui puisse justifier les actes de vandalisme contre des institutions sans lesquelles, quels que soient les griefs éventuels à leur encontre, la vie ne serait tout simplement pas possible ».  Devrais-je préciser que j’ai adhéré immédiatement, spontanément à la réaction de Bouteflika tant dans la forme que dans le fond. J’ai d’ailleurs envie de souligner que le Président ne s’est jamais borné à constater. Il a toujours commenté, analysé, décrypté en poussant au questionnement, à la remise en question. Sa thématisation de l’arbre déraciné est d’une totale pertinence. Il se saisit du présent, un présent palpable, violent, parfois détestable, pour convoquer le passé. Il rappelle le lien (si souvent occulté) entre les deux avant d’asséner les vérités qui en découlent tout naturellement. L’arbre déraciné, ce n’est pas qu’un arbre. La mairie incendiée, ce n’est pas qu’un édifice public. Avec Bouteflika, on est tout à la fois dans le réel, la symbolique, le présent, l’histoire. Il nous renvoie à nous-mêmes, à ce que nous sommes, à ce que nous pourrions être si nous prenions le temps d’examiner les choses, si nous ne perdions pas le sens des choses.

Lamine Bey Chikhi

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