Ce que je pense de Bouteflika -23-

Posté par imsat le 29 janvier 2014

Aucun sujet d’importance ne lui échappait. Sur certains thèmes, il a développé des approches parfois délibérément clivantes alors même qu’il pouvait aisément faire dans le populisme, caresser dans le sens du poil et s’en sortir à bon compte pour ainsi dire. Quand il y avait quelque chose à dire, il le disait et de la façon la plus explicite possible.

Il faut qu’ils se déterminent ! Sur la diaspora algérienne, certains l’ont trouvé excessif. Et c’est vrai qu’il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Son coup de gueule est encore dans les mémoires. « Qu’ils se déterminent ! Qu’ils choisissent ! » avait-il lancé lors d’un meeting de la campagne électorale de 2004. En filigrane de cette  « injonction », ce sont toutes les questions, les contradictions liées non pas directement au statut de la double nationalité mais à ce que cela induit sur le rapport à l’Algérie et sur la relation entre l’Algérie et la France. Bouteflika avait mis en place un secrétariat d’Etat chargé de la communauté algérienne établie à l’étranger. Mais l’action de ce Département n’a jamais pu se hisser à la hauteur des enjeux ni de ce que l’Algérie était en droit d’espérer. Le Président voulait agir sur ce qui achoppait véritablement dans ce domaine, ne manquant pas de rappeler à maintes reprises que les élites algériennes établies à l’étranger étaient les bienvenues en Algérie, que notre pays avait besoin de leur savoir, de leurs compétences mais que l’on ne pouvait leur accorder un traitement spécifique qui les distinguerait injustement des chercheurs résidant en Algérie. Son « Ils faut qu’ils se déterminent ! » exprime aussi une sorte  d’agacement par rapport aux amalgames sur lesquels surfent des milieux politiques et médiatiques, particulièrement en France, pour renvoyer systématiquement les immigrés à leurs origines alors que beaucoup d’entre-eux sont aussi citoyens français. Le discours de Bouteflika n’a pas été relayé alors qu’il aurait pu inspirer positivement intellectuels, politiques et journalistes. Nos économistes, non sociologues aussi auraient dû s’en saisir ne serait-ce que pour tenter de comprendre pourquoi la communauté algérienne établie à l’étranger est (parmi les diaspora dans le monde), celle qui transfère le moins d’argent vers le pays d’origine. C’est aussi cela qui avait été ciblé par le Chef de l’Etat dans sa tentative de faire bouger les lignes en la matière. La réconciliation nationale, il l’a voulue comme un rassemblement, une union de tous les algériens. Mais il a toujours indiqué que cela ne le dispenserait pas de faire les constats nécessaires, de s’emparer de la vox populi, donc du sentiment populaire pour le conceptualiser et le traiter à un niveau politique.

Lamine Bey Chikhi

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