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Ce que je pense de Bouteflika -4-

Posté par imsat le 7 janvier 2014

1974. Année importante pour Bouteflika puisque c’est celle de sa désignation comme Président de l’Assemblée générale de l’ONU et par conséquent celle de sa consécration sur la scène diplomatique mondiale. A l’époque, des rumeurs circulaient sur notre Ministre des Affaires étrangères. On disait qu’il était parti définitivement, qu’il ne reviendrait plus au pays. Mais je n’y étais pas vraiment réceptif. Je pensais tout autre chose. J’étais heureux de le savoir là où il se trouvait mais je me disais : « Ils vont peut-être lui proposer un poste éminent à l’ONU, et si tel venait à être le cas, qui mettrait-on au Ministère des Affaires étrangères ? Non, l’Algérie a besoin de lui comme Ministre des AE » Je ne voyais pas quelqu’un d’autre à sa place à la tête de la diplomatie algérienne. C’était inconcevable. Il y avait l’habitude mais pas que cela. L’habitude ne suffit pas si elle n’est pas connectée à ce qui en fait un rituel plaisant, agréable, motivant, palpitant. Bouteflika à New York, c’était formidable mais pas au-delà de ce que je considérais comme un délai raisonnable. Je crois, mais je n’en suis pas sûr, que c’est à la faveur de son passage remarqué à l’ONU qu’on disait de lui qu’il était la coqueluche de la diplomatie internationale. Je ne peux pas être précis sur les dates. Je ne suis ni dans l’histoire ni dans la fiction historique. Je suis dans le souvenir, des réminiscences à caractère littéraire. Je ne travestis pas la vérité. Il s’agit d’évocations fragmentées très personnelles. J’ai la possibilité de rectifier, d’ajuster ou de compléter s’il y lieu, et je le fais au jour le jour grace à internet. Mais je n’ai pas envie de me positionner dans une chronologie des faits, une linéarité ou une verticalité. J’essaie juste de restituer des flash-back concernant Bouteflika et je le fais intuitu personae. Ma proximité avec Bouteflika est là. J’écris comme si je conversais avec quelqu’un de proche à propos de quelqu’un de tout aussi proche à divers niveaux. La précision des dates devient dès lors marginale. Ce qui compte, c’est le contexte global. Planter le décor en l’espèce, ce n’est pas tout régler, être dans la minutie, la précision mathématique.

L’Algérie, un havre de paix. Si je devais reformuler ce chapitre, je dirais ce qui suit : 1974, belle année. Bouteflika Président de l’Assemblée générale de l’ONU. Sensationnel ! De nouveau fier de l’Algérie, de mon algérianité. J’étais bien dans ma peau. Je terminais ma licence dans de bonnes conditions (mention AB). Je suivais l’affaire du Watergate avec passion. En tant que juriste, je m’y intéressais particulièrement sous l’angle du droit constitutionnel, à travers la procédure d’Impeachment engagée à l’encontre du Président Nixon. J’ai du reste conservé précieusement les articles du journal Le Monde consacrés à ce scandale, notamment ceux d’Alain Clément et Alain-Marie Carron. Je n’avais pas oublié le conseil de Gérard Soulier, mon professeur de droit constitutionnel en 1970-1971. « Si vous ne lisez pas Le Monde 2 fois par semaine au moins, changez de filière ! » Nous avait-il dit dès son premier cours magistral à la salle Le Capri de la rue Charras, à Alger. Il y avait donc le Watergate mais il y avait aussi la victoire de Giscard d’Estaing face à Mitterrand à la présidentielle française de mai. Je suivais tout ça de près via la presse et la radio (France inter, Europe 1…). Intellectuellement, j’étais comblé. A Alger, Boumediene veillait au grain. L’Algérie était un havre de paix. Et Bouteflika (37 ans à peine à l’époque) présidait l’Assemblée des Nations Unies. L’évoquer comme je le fais en ce moment me procure un plaisir immense.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -3-

Posté par imsat le 6 janvier 2014

Pour moi, la première image mémorable, déterminante, c’est celle de Bouteflika donnant une conférence de presse à Paris. C’était en 1973, l’année du premier choc pétrolier. Je m’en souviens très bien d’autant que la télévision algérienne en avait diffusé de larges extraits. Ce jour-là, Bouteflika, alors Ministre des affaires étrangères, était impérial, dominant parfaitement son sujet. Il répondait du tac au tac aux journalistes, suscitant de leur part des questions à répétition, les corrigeant sur des points de détail. Il était très à l’aise dans cet exercice périlleux qui plus est face à des journalistes redoutables. Moi, je jubilais en le voyant répliquer comme il le faisait. J’étais heureux. J’étais fier de l’Algérie, fier d’être algérien. L’Algérie était bien représentée, bien défendue. Je ne prêtais pas tellement attention au contenu des réponses de Bouteflika. Je scrutais le reste: son sourire, la forme de ses réparties, l’ambiance qu’il avait su créer dans la salle de conférence. Je voyais aussi que les journalistes étaient dans l’impossibilité de le contrer, de le coincer, de le contredire. Il était trop fort.

Comme un poisson dans l’eau. Les journalistes revenaient sur les questions pétrolières, la coopération énergétique entre l’Algérie et la France. « Chère madame, s’il y a quelqu’un ici qui maîtrise le dossier pétrolier dans son intégralité, c’est bien moi; et je pourrais en parler des heures et des heures ! » avait-il répondu à une journaliste qui réclamait des précisions sur ce thème. J’étais époustouflé par le brio de Bouteflika. Les journalistes présents dans la salle étaient eux aussi tombés sous le charme de notre ministre des affaires étrangères qui faisait un excellent usage de la  langue française, notre « butin de guerre », se permettant même de recourir quand il le fallait à l’imparfait du subjonctif. La concordance des temps, qui n’est pas toujours une mince affaire, ne semblait avoir aucun secret pour lui. C’était ce qui m’intéressait. Pourquoi ? Parce que quand il s’agit de la relation entre l’Algérie et la France, il n’y a pas que l’économie, les échanges commerciaux. Il y a aussi la façon de dire les choses, de les expliciter, de les nuancer en utilisant les mots appropriés, parce que de ce point de vue, ce n’est pas toujours facile entre les 2 pays. Bouteflika savait surfer sur ce plan. Avec ses interlocuteurs français, comme c’était le cas lors de cette fameuse conférence de presse, il s’est toujours montré offensif, percutant, inventif. Je crois que cela est un peu lié à notre rapport à la langue française, à la conscience que nous pourrions avoir des possibilités qu’elle offre dans l’expression des choses. Je dis « nous » parce que je me sens pleinement concerné par cette question. Je présume que c’est aussi  le cas de nombre d’algériens. Peut-être y reviendrai-je ultérieurement. Ce jour-là donc, Bouteflika était dans son élément. Comme un poisson dans l’eau, aurait-on dit. Il était le professeur et les journalistes ses élèves. Il était brillantissime. A ce moment-là, il avait déjà plus de 10 ans de pratique politique dont 8 à la tête de la diplomatie algérienne. Quant à moi, j’étais définitivement conquis par Bouteflika. Je crois aussi que j’étais déjà dans une approche, une perception littéraire du personnage. Et cette perception ne m’a jamais quitté.  Je la cultive un peu pour ne pas tomber dans la banalité et pour pouvoir dire le meilleur de ce que je pense de Bouteflika.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -2-

Posté par imsat le 5 janvier 2014

J’ai toujours été en phase avec ses déclarations, ses discours, sa façon de définir les choses. Je ne parle pas spécialement de ses interventions politiques. Ce qu’il disait de l’Algérie, de la société algérienne, du citoyen algérien correspondait absolument à ce que j’en pensais personnellement.

Une identité de vue idéale. Il m’arrivait de trouver excessif, infondé voire  tendancieux mon jugement sur telle ou telle question mais je finissais par me rendre compte que je n’étais pas dans l’erreur ou plutôt que je ne faisais que partager ce qu’en pensait le Président lui-même. Cette identité de vue idéale m’étonnait et me réjouissait. Tout ce que disait Bouteflika me paraissait objectif, équilibré, rationnel, fiable. En l’exprimant ainsi, je ne suis pas sur le terrain politique sauf à considérer que tout est politique, que tout est décryptable politiquement et que, en dernier ressort, tout renvoie au politique. J’étais d’accord avec lui parce qu’il parlait vrai. Il pouvait paraître brutal, direct et sans fioritures dans ses constats, dans ses répliques mais si l’on était en droit de réfuter la façon dont il l’exprimait, en revanche, si l’on  était de bonne foi, on ne pouvait pas ne pas en partager le contenu. Bouteflika a beaucoup discouru sur l’Agérie, l’algérien, la société algérienne. Il l’a toujours fait ouvertement. Avec lui, pas besoin de lire entre les lignes. Il était largement en mesure de faire preuve de diplomatie pour ne pas heurter les susceptibilités mais il optait délibérément pour la franchise. Il tenait à frapper les esprits et il y parvenait dans de nombreuses circonstances. Quand il sentait que la société avait besoin d’un électrochoc, il savait s’y prendre. Il n’était pas toujours dans des considérations politiques. J’ai consigné quelques-uns de ses propos phares dont les tenants et aboutissants transcendent justement le politique. Je parle ici de déclarations de Bouteflika Président. Celles de Bouteflika patron de la diplomatie algérienne son plutôt rares. J’avoue que ce qui retenait mon attention à l’époque où il était Ministre des affaires étrangères, c’était son style, ses apparences, son aisance naturelle, sa bonhomie. Pour moi, il était très précisément au diapason de l’idée que je me faisais d’un Ministre des affaires étrangères . La diplomatie, c’était Bouteflika et il l’incarnait excellemment. Il y avait évidemment la parole, en abondance d’ailleurs, mais ce qui me captivait c’était le style Bouteflika. Le style en l’occurrence, c’est une esthétique, une convivialité, une courtoisie internationale et Bouteflika s’y inscrivait merveilleusement. L’expression d’une esthétique, c’est un tout conciliant le politique, le diplomatique et les apparences extérieures, autrement dit le fond et la forme. Bouteflika savait en jouer et je n’y étais pas insensible. Ce que je dis de Bouteflika, je l’écris au jour le jour. Je parle de lui au passé parce que je relate des images, des souvenirs d’hier. Mais j’aurai aussi naturellement à parler de lui au présent. Il y a d’ailleurs une continuité et plein de points de jonction entre les époques, ainsi que je l’ai indiqué en entamant cette réflexion.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -1-

Posté par imsat le 4 janvier 2014

J’ai envie d’écrire quelque chose au sujet du Président Bouteflika. Ce ne serait pas forcément un propos en rapport avec le personnage politique, son parcours, en tout cas pas directement. Je sais exactement ce sur quoi je souhaiterais m’appesantir; les idées ne manquent pas. Pourquoi cette tentation? Pourquoi le faire sur mon blog, autrement dit dans un espace consacré quasi entièrement à des évocations nostalgiques ? Eh bien, parce que ce à quoi je songe relève aussi un peu de la nostalgie.

Une appréciation autonome, libre et personnelle. En tout cas, le point de départ, le déclic est intimement lié à des époques que beaucoup de choses relient. Si je suis tenté par l’exercice, c’est aussi parce que j’ai toujours dissocié aisément ce que représentait pour moi Bouteflika de tout le reste (milieu, climat, classe et microcosme politiques…). Ce distinguo s’est toujours naturellement imposé à moi. J’ai toujours perçu le personnage d’abord abstraction faite de tout ce qui se disait de lui dans les médias, dans le champ social. J’ai toujours eu un préjugé favorable à son égard; j’ai envie de dire pourquoi. Je n’ai pas envie de parler de son bilan; ce serait trop facile pour moi. Je n’ai d’ailleurs pas besoin de passer par son bilan pour justifier mon parti-pris, pour me justifier. Au surplus, ceux qui invoquent son bilan pour le défendre ne sont pas toujours convaincants. J’en dirai quelques mots. Je n’aime pas les thuriféraires, les courtisans. Moi, je n’ai jamais sollicité Bouteflika et je ne connais personne de son entourage. J’ai eu à écrire plus d’une quinzaine d’articles dans Le Jeune Indépendant durant la campagne pour la Présidentielle de 2004 pour soutenir son programme. J’ai relu ces articles ; je persiste et signe ! Aujourd’hui, ce n’est pas ce qui m’intéresse. C’est autre chose. Je trouve que ceux qui prétendent l’aimer ne savent pas le dire, le formuler. Je ne parle pas de ceux qui le caressent dans le sens du poil pour des intérêts personnels politiques ou autres. Je pense plutôt à ceux qui me paraissent sincères dans leurs sentiments. Eh bien, ceux-là font l’impasse, me semble t-il, sur pas mal d’aspects intéressants de la personnalité de Bouteflika. Ce dont il s’agit n’est pas nécessairement extraordinaire ou spectaculaire. Cela peut être singulier mais l’important est de le capter, de l’interpréter. Il n’est pas question d’un plaidoyer complètement à décharge. Ce n’est d’ailleurs pas un plaidoyer; juste un point de vue, des questionnements, quelques éléments d’une rétrospective personnelle en lien avec ce que j’ai vu, entendu, retenu de Bouteflika. Je le redis: Ce n’est pas le politique qui me séduit en tant que tel. On peut voir le politique autrement que par les grilles de lecture habituelles. Pour Bouteflika, je dirai que le politique c’est l’homme même pour paraphraser la fameuse formule de Buffon ( « Le style c’est l’homme même » ). Suis-je fasciné par Bouteflika ? Je ne sais pas si on peut parler de fascination. Je pense à une autre forme d’attractivité. Ce que je sais, c’est qu’il y a de multiples passerelles entre ce que je pense de Bouteflika, ce qui me séduit en lui et l’idée que je me fais de l’Algérie. Et dans cette idée, la nostalgie est omniprésente. Et puis, j’étais déjà un fan inconditionnel de Bouteflika alors qu’il dirigeait la diplomatie algérienne (1965-1978)

Lamine Bey Chikhi

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