Ce que je pense de Bouteflika -56-

Posté par imsat le 31 mars 2014

Je me suis demandé si je pouvais travailler avec lui, être dans sa proximité. Quand on admire quelqu’un d’un point de vue intellectuel, on passe en revue toutes les hypothèses, toutes les idées que ce sentiment suggère, inspire. En réalité, ce n’était que pure spéculation de ma part. Cela m’amusait de m’imaginer dans son staff comme proche collaborateur ou conseiller. Il m’est aussi arrivé de me voir jouer auprès de lui un rôle moins classique, moins conventionnel. Je me voyais conversant avec lui ponctuellement, de façon informelle, autour de sujets globaux ayant trait à l’Algérie, au monde, à la vie en général. Je m’imaginais lui faisant part de mon avis sur plein de thématiques, toujours dans la nuance. Dans mes opinions, il y avait systématiquement trois options. Aujourd’hui, on parle de plan A et de plan B. Moi, je préfère le mot « option ». Dans mes échanges avec lui, je mettais toujours trois options sur la table. Le Président ne choisissait pas, ne disait d’abord rien, se contentant de m’écouter, me jaugeant, décryptant silencieusement mon propos, me regardant droit dans les yeux et me laissant croire que les trajectoires déclinées par mes soins présentaient toutes un intérêt, avant de me poser quelques brèves questions. Nos échanges étaient courts mais j’avais toujours le temps de conforter mes dires par une citation d’auteur, ce qui le faisait sourire. Lui aussi citait des auteurs, des hommes politiques. Nous n’abordions jamais les questions personnelles. Sur ce point aussi, notre entente était parfaite. Nous étions implicitement d’accord pour considérer que ces aspects pouvaient être appréhendés par déduction de ce que nous disions du reste, c’est-à-dire de l’Algérie, de ses problèmes,  des défis à relever.

La tentation de l’Occident. Il n’y avait aucune nécessité ni aucun intérêt à soulever ouvertement les préoccupations d’ordre privé ou personnel. Il y avait du tact, de la pudeur, de la pondération dans nos discussions, surtout de ma part lorsque je sentais que je risquais de céder à la subjectivité par rapport à notre pays, notre société, nos institutions. En « dialoguant » avec lui, je pensais par moments à La tentation de l’Occident d’André Malraux, échange épistolaire de haute facture, entre un chinois et un européen sur des questions de civilisation, de culture, d’histoire. Ce que je retiens de cet essai, au-delà de son objet éminemment intellectuel, c’est l’extrême précision des mots et des formules utilisés par Malraux pour mettre en évidence les valeurs des civilisations chinoise et occidentale ainsi que leurs potentielles interactions. Chez l’auteur de La condition humaine, la nuance devient ainsi précision; elle résulte du souci de précision, et c’est un peu cette caractéristique que j’ai voulu conférer à mes conversations avec Bouteflika. Ce que j’essayais de lui apporter, c’était un autre regard, le regard d’un promeneur qui capte des scènes de rues, qui tâte le pouls de la société au jour le jour et qui en tire l’essentiel en termes philosophiques, culturels et pratiques.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -55-

Posté par imsat le 29 mars 2014

Toujours dans ma machine à remonter le temps. Pas seulement le temps lointain. Parfois ce sont des choses plus ou moins récentes qui remontent à la surface. Comme cette conversation sur Arte (23.10.2010) entre une intellectuelle libanaise et Patrick Poivre d’Arvor autour des poèmes d’Adonis. « Je crois que traduire de l’arabe vers le français diminue, réduit fortement la valeur de l’original, avait-elle déclaré. Je donne deux exemples: lorsque je dis « la mer » ça n’a pas le même impact que le mot en arabe et qui donne « Bahr ». Dans le mot « Bahr », on sent qu’il y a beaucoup d’eau, que c’est plein, ce qui n’est pas le cas dans le mot « mer ». Le second exemple a trait au mot « arbre » qui donne « Echajara » en arabe; il y a plus de vert, plus de verdure dans « Echajara » J’adhère à ce point de vue même si ce n’est qu’une opinion, même si tout est relatif. Y a t-il un rapport avec Bouteflika ? Oui et il est linguistique. En fait, j’ai surtout envie de rappeler que notre Président maîtrise parfaitement l’arabe et le français, que c’est vraiment un excellent bilingue et qu’il est toujours brillant, et ce , qu’il s’exprime en arabe ou en français. J’aime sa façon de parler. J’ai écouté d’autres hommes politiques bilingues; ils ne soutiennent pas la comparaison avec lui. Dans sa manière de parler, il y a une musique, un rythme, une respiration. Chez lui, tout est limpide, fluide même lorsqu’il utilise des mots rares. Il maîtrise l’art oratoire dans les deux langues. Je crois que l’intérêt par rapport à ce que j’essaie de dire est dans la vérité, les émotions,  les sensations que le discours véhicule. Il y a tout cela dans le verbe de Bouteflika qui a finalement toujours parlé du temps qui passe, en comparant différentes périodes de l’histoire de l’Algérie. La question du temps, toutes formes confondues, est littérairement très séduisante. Mais elle l’est aussi quand elle est déclinée par des hommes politiques d’exception. Là aussi, elle renvoie au temps qui passe, à l’exploration de celui qui n’est plus, au temps que l’on voudrait éternel, au souvenir à la fois comme instrument de pérennisation du passé face à un présent qui est bien là et sur lequel on ne peut faire l’impasse.

La madeleine de Proust est toujours quelque part. Evoquer le temps qui passe, c’est naturellement songer à Marcel Proust, à son oeuvre monumentale et, selon moi, sans précédent. C’est indissociable. Impossible d’occulter ce lien. Je crois que c’est le style qui impose cette subordination. Beaucoup d’auteurs ont planché sur le temps qui passe de façon plaisante. Le style fait toujours la différence. Chacun peut revendiquer pour lui le primat de ses souvenirs. On peut se raconter simplement. Souvent d’ailleurs, on le fait dans la sobriété. Tout se joue à ce niveau. Parvenir à universaliser des choses simples, c’est autre chose. La madeleine de Proust est universelle. Chacun de nous en a une. Elle est toujours quelque part. Encore faut-il pouvoir en rendre compte de façon à fasciner le plus grand nombre, à faire dire au commun des mortels: « C’est exactement ce que je ressens » Eh bien, lorsque Bouteflika parle, je dis toujours : « C’est ce que je dirais et je n’y changerais pas une virgule ». La narration des souvenirs, l’inspiration, ce n’est pas toujours évident; parfois, c’est laborieux ou ça ne vient pas. Littérairement, l’enfance, l’adolescence, ça reste des points de repère majeurs. Y rester ou passer à autre chose ? En faire un levier ? C’est souvent le cas. Passer à autre chose, tout en restant sur les mêmes années ? Les années 70 en l’occurrence mais c’est aussi Bouteflika, enfin Boumediene-Bouteflika. Mais pour moi, c’est également une image, celle de ce radio crochet organisé un soir de juillet 1973 sur la terrasse d’un hôtel, à Zéralda, face à la mer (El bahr) et au cours duquel mon cousin Yazid (guitariste, pianiste et surtout virtuose de la trompette)  ex membre du groupe musical bônois Les Whyskol’s, chanta, dans une ambiance conviviale et devant une assistance admirative, joyeuse et sympathique, une belle chanson sentimentale intitulée « Pitié, pitié »

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -54-

Posté par imsat le 27 mars 2014

Je n’allais évidemment pas faire l’impasse sur l’idée que je me fais de l’après Bouteflika. Si j’ai envie d’en parler aujourd’hui, cela ne signifie nullement que j’achève ici ma réflexion le concernant. J’avais d’ailleurs souligné que je déroulerais mon propos au jour le jour sans me préoccuper vraiment de la chronologie des faits, des situations. L’après Bouteflika, j’y pense de temps à autre. J’y avais songé en 2005 alors qu’il était hospitalisé au Val-de-Grâce, à Paris. A l’époque, l’idée d’une Algérie dirigée par quelqu’un d’autre que Bouteflika me stressait terriblement. En vérité, je ne pouvais ni ne voulais concevoir une Algérie sans Bouteflika. Je ne pouvais même pas imaginer ma petite vie de citoyen ordinaire sans Bouteflika à la tête du pays. Mon angoisse n’était pas que d’ordre psychologique; elle avait aussi des raisons politiques, culturelles, historiques. Je ne pensais pas qu’à moi; je m’inquiétais aussi pour l’Algérie. Etais-je soucieux pour le peuple algérien ? J’avoue que je ne l’étais pas. Ma préoccupation, c’était d’abord l’Algérie. Pour être totalement sincère, je dirai que je pensais en même temps à moi et à l’Algérie. Quand je dis moi, je veux dire mes habitudes, le fait de savoir que Bouteflika était encore là, avec ses discours, ses déplacements  en  Algérie et à l’étranger, ses coups de gueule toujours sains parce que légitimes, sa représentativité nationale et internationale, sa stature. Quand je dis l’Algérie, je veux dire la nation algérienne, la patrie, le sentiment national, ma conception du patriotisme. Quand je dis l’Algérie, je pense à l’Algérie historique, à ses villes et villages, à ses parfums, à son intemporalité. l’Algérie ainsi évoquée, c’est également celle que je devine à travers les ambitions de Bouteflika, celle aussi de mes rêves comme celle de certaines de mes nostalgies. C’est donc d’abord cela qui me vient à l’esprit lorsque je me confronte par exigence intellectuelle ou même pour me faire un peu peur (pourquoi ? je l’ignore) à ce que serait la vie sans Bouteflika au poste de commande. Suis-je raisonnable, rationnel, cartésien ? Je pourrais l’être. Mais je fuis les hypothèses réalistes, plus que probables tout simplement parce que la perspective en question me parait irréelle. Je ne veux même pas la considérer froidement, déconnectée de ma personne, détachée de l’Algérie telle que je la vois, c’est-à-dire mon Algérie à moi. Ce n’est pas du tout comparable à ce que je ressentais en 1978 alors que Boumediene était à l’article de la mort. J’étais inquiet mais ce n’était ni la même inquiétude ni la même angoisse.

Je suis incapable d’imaginer l’Algérie sans Bouteflika Président. Aujourd’hui, tout est différent. Je pourrais disserter longuement sur les notions d’alternance politique, de renouvellement des élites dirigeantes, de transition démocratique, etc; mais rien de ce que j’en dirais ne pourrait égaler ce que je pense profondément du Président. Pour moi, évoquer l’après Bouteflika, c’est déjà s’inscrire dans une forme de nostalgie, un certain romantisme. C’est déjà anticiper ce que je pourrais écrire le moment venu. Et je sais que la mélancolie me submergera, que je resterai longtemps accroché aux souvenirs engrangés durant la période Bouteflikienne, que personne ne pourra vraiment combler le vide qu’il aura laissé, que j’aurai eu raison de penser davantage aux répercussions d’une telle situation sur l’Algérie et sur moi-même qu’à celles qui se produiraient sur les masses populaires, les individus dont j’ai souvent observé la propension à l’oubli, à l’indifférence, à l’égoïsme, à l’ingratitude. Je n’avais pas prévu d’évoquer cette perspective aujourd’hui. Je devais parler de tout autre chose. Mon inspiration en a décidé autrement.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -53-

Posté par imsat le 25 mars 2014

Il donne le tournis aux commentateurs, en particulier ceux des médias qui passent leur temps à le dénigrer. Il les déroute complètement. Ils croient le connaître mais il n’en est rien. Ce que je dis n’est pas nouveau. Cela a toujours été ainsi depuis son élection à la magistrature suprême en 1999. Moi aussi, je suis un commentateur à ma façon mais Bouteflika ne m’a jamais vraiment dérouté. Pourquoi ? Parce que mon intérêt pour lui au triple plan intellectuel, politique et historique est sérieux, objectif et argumenté. Et puis quand on admire, quand on aime sincèrement, on est patient. Et quand on est patient, on prend le temps d’observer, de découvrir, de comprendre et de s’interroger sereinement. On ne précipite pas les choses, on reste dans la mesure, on s’intéresse aux corrélations, aux vases communicants, aux connexités, aux discours, aux actes. Et tout cela, ce  n’est pas rien; tout cela a du poids et mérite une attention particulière. Et c’est bien ce que j’essaie de faire au sujet de Bouteflika. Sa démarche, sa vision, ses idées ne sont saisissables que via une approche apaisée et affranchie des clichés. Quand je dis qu’il prend souvent à contre-pied bien des gens, je pense à des situations précises. Ses détracteurs ont toujours cherché en lui la faille, le talon d’Achille, qu’il parle ou qu’il se taise, qu’il apparaisse à la télévision ou qu’il soit invisible, qu’il prenne des décisions ou qu’il s’en abstienne, qu’il descende dans l’arène ou qu’il.prenne du recul. Ils ne savent pas au fond comment faire avec lui. Je crois qu’ils n’ont jamais su. Peut-être même ne le sauront-ils jamais. Lui, reste imperturbable, impérial. C’est cela qui dérange, contrarie, met mal à l’aise ceux qui ne l’aiment pas. Moi, je n’ai jamais dit que je l’aimais intégralement, sans réserve. J’ai dit ce qui ne me plaisait pas chez lui. Mais j’ai aussi mis en exergue ce qu’il y avait d’extrêmement et de fondamentalement positif en lui et qui faisait facilement oublier le reste, tout le reste. Ceux qui ne l’aiment pas le détestent complètement, presque par principe. Peut-on détester Bouteflika à ce point et rejeter systématiquement tout ce qu’il représente, nier catégoriquement ce qu’il a fait quinze années durant pour redresser l’Algérie à tous les niveaux ? Je relève que, même parmi ceux (et ils étaient majoritaires) qui voyaient en lui l’homme de la situation en 1999, il y en a qui ont fini par rallier le camp de ses adversaires, reniant, toute honte bue, leur position d’antan. On peut s’être trompé mais est-ce une raison pour rejeter tout en bloc, ne plus savoir séparer le bon grain de l’ivraie, ni faire la part des choses, ne pas dominer, transcender ce qui fausse la vision des choses ?

Au-delà du charisme, le génie politique. Quand je parle du Président, c’est d’abord lui qui m’intéresse, son génie, pas son entourage immédiat ni les ministres de ses différents gouvernements. Le génie de Bouteflika, c’est Bouteflika lui-même, pas quelqu’un d’autre. Le génie politique, ce n’est certes pas la perfection mais ça ne court pas les rues. C’est cela qui m’intéresse. Je sais bien que tout est relatif. On le dit souvent. La formule est banale. Justement, c’est parce que tout est relatif que l’on est censé mieux apprécier ce qui rehausse la personne considérée et qui la place nettement, légitimement au-dessus des autres. Et ce n’est pas qu’une affaire de charisme. En tout cas, chez Bouteflika, ce n’est pas du tout réductible au charisme. Au-delà du charisme, il y a l’intelligence, le génie politique.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -52-

Posté par imsat le 23 mars 2014

Entier, charmeur, franc, directif, tranchant, complexe, stratège, visionnaire, incisif, orateur hors-pair, loyal, urbain (il utilisait volontiers ce mot que j’aime beaucoup), leader, clairvoyant, fin manoeuvrier, austère, exigeant, prospectif, rancunier (un peu ?), colérique (?), sévère, intellectuellement et culturellement ouvert. Il est tout cela; il est plus que cela. Pour Sartre, tout homme n’est jamais qu’une imposture. Mauriac abonde dans le même sens mais précise que l’homme est en effet une imposture s’il n’y a pas en lui plus que l’homme même. C’est pourquoi, je dis que Bouteflika s’est toujours surpassé pour transcender l’ordinaire, pour ne pas s’enfermer dans les limites de son seul statut institutionnel de Président. Il est plus que le premier magistrat du pays. C’est un vrai homme d’Etat mais pas seulement. Il y a en lui plus que l’homme même dans la mesure où c’est l’homme de la réconciliation nationale, celui qui avait promis la paix aux algériens au sortir de dix années de violences infernales, et qui l’a réalisée. Il y a en lui plus que l’homme même parce qu’il a su redonner espoir au peule algérien. Il est plus que l’homme même parce qu’il a autonomisé le pays sur le plan financier et relancé puissamment l’économie nationale. Il y a en lui plus que l’homme même parce qu’il a sorti l’Algérie de l’isolement pour la réinsérer positivement dans le système relationnel international. Ses détracteurs utilisent à son égard des qualificatifs négatifs, incapables qu’ils sont d’en dresser un portait objectif. Ils sont aveuglés par la haine. Ils ne sont pas à sa hauteur. C’est leur affaire. Moi, j’essaie d’être constructif; je le dis souvent pour bien me faire comprendre.  Je le précise aussi pour montrer en quoi on peut tirer profit de l’étude d’un personnage hors du commun, pas toujours facile à cerner et qui, présent ou absent, visible ou invisible, valide ou souffrant, silencieux ou prolixe, reste controversé, atypique, autrement dit toujours extrêmement intéressant.

Aussi complexe et fascinant que Nedjma de Kateb Yacine. Je suis tenté de dire qu’il est aussi complexe, aussi fascinant que l’Algérie. L’Algérie est prise ici un peu comme celle incarnée par Nedjma de Kateb Yacine dont chacun sait que l’oeuvre singulière et  iconoclaste suscite des lectures plurielles. Le rapprochement est-il judicieux ? En tout cas, l’idée m’a traversé l’esprit. Beaucoup ont dit avoir lu Nedjma plus d’une fois sans en avoir saisi le sens, la structure, la portée. Moi aussi, je l’ai lu plusieurs fois. J’ai aimé le lire en juin-juillet. Et cette lecture estivale m’a empli de souvenirs. Je le relis en ce moment; je le redécouvre complètement. C’est formidable ! Y a t’il un lien avec Bouteflika ? Oui sur le thème de la complexité humaine et sur celui de la singularité algérienne. Il y a une autre jonction, et c’est une anecdote qui me permet de la faire. Est-elle véridique ? La question est posée. Mon cousin maternel FA m’a raconté que Bouteflika avait tenté un jour de converser avec Kateb Yacine autour de la question littéraire, de l’écriture. Mais l’échange aurait tourné à l’avantage de  l’écrivain qui aurait notamment dit à son interlocuteur: « La politique, c’est la politique ! La littérature, c’est la littérature. Et à chacun son domaine ! » FA me l’a raconté autrement, de façon triviale; j’ai un peu arrangé les choses. Peut-être a t-il tout simplement inventé cette histoire. Peut-être voulait -il juste enjoliver le statut de K.Yacine, ce qui lui était d’autant plus facile qu’il n’aimait pas beaucoup Bouteflika et que ce qu’il disait était aux antipodes de ce que je pensais. La rencontre imaginaire K.Yacine-Bouteflika, il me l’a racontée dans les années 70. A l’époque Bouteflika était ministre des Affaires étrangères. Nous parlions souvent de lui; de Boumediene aussi. Nous parlions évidemment de Nedjma. Nous étions d’accord sur Nedjma à 100% mais nous divergions totalement au sujet de Bouteflika qui était omniprésent dans nos discussions. Tout ça pour dire que mon évocation soutenue et active de Bouteflika n’est pas née ex nihilo.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -51-

Posté par imsat le 20 mars 2014

Peut-on parler d’une stratégie, d’une vision bouteflikienne lato sensu ? Oui, sauf que chacun de  nous la perçoit, la juge à sa façon. Je le dis d’emblée :  mon approche de cette vision se veut positive, c’est-à-dire constructive non parce que mon parti pris pour Bouteflika reste inchangé mais parce que je ne vois pas au nom de quelle règle, la présentation et la critique d’une stratégie présidentielle ne seraient recevables, audibles et crédibles que déclinées dans l’agressivité, la contradiction de principe, le dénigrement. En politique, comme dans bien d’autres domaines ayant trait à la gestion de la cité, à la chose publique (autrement dit tout ce qui touche à l’intérêt général, à la République, la  res publica), il faut toujours savoir raison garder. C’est donc à partir de ce postulat, pour moi essentiel, que je poursuis ma réflexion. Et c’est cela qui m’amène à souligner notamment que le Président a toujours joué la carte de l’ouverture politique. Je devrais plutôt parler de l’ouverture en général dans la mesure où, en plus de son caractère éminemment politique, elle a systématiquement présenté une dimension sociale et culturelle indéniable.

 La recherche subtile du consensus. Sur le plan politique et dès 1999, il a instauré la cohabitation entre nationalistes, démocrates et islamistes dits modérés. Cette coalition dans la gouvernance politique et la gestion opérationnelle s’est structurée pour donner lieu à l’alliance présidentielle, espace de concertation politique entre les leaders des trois partis les plus représentatifs. Ouverture politique, cohabitation, alliance voire union nationale, tout cela dans l’esprit de Bouteflika avait un sens et une portée hautement stratégique; ce n’était ni une fiction ni une posture encore moins un leurre. Le Président en a fait des instruments de gestion politique répondant aux diverses exigences, en particulier celles liées aux intérêts et spécificités  des courants socio politiques  algériens, tels qu’ils ont émergé dans le sillage de la décennie noire. On ne peut minimiser l’importance du compromis concocté et mis en place à partir de 1999. On ne peut pas non plus se contenter de dire que l’Alliance présidentielle issue de ce compromis a le mérite d’exister. Elle traduit une réalité, elle continue de répondre à une situation complexe, exigeante et sujette à évolution. C’est une instance de dialogue politique permanent entre les principales forces politiques du pays.  Cette structure était et demeure ouverte à toutes autres parties éventuellement intéressées. Au surplus, certaines formations, à l’instar du parti des travailleurs de Louisa Hanoune (tendance trotskyste) ont toujours soutenu activement la politique du Président sans avoir intégré l’Alliance.  L’Alliance présidentielle n’est pas non plus une entité symbolique, une simple façade politique; elle avait été conçue pour structurer, organiser le consensus le plus large autour de la stratégie de Bouteflika et donner à ce rassemblement politiquement majoritaire  une réalité, une visibilité, une tangibilité.

Concilier traditions et modernité.  La dimension socio culturelle  de l’ouverture bouteflikienne est aussi incontestable. C’est une réalité dans le discours mais c’est aussi une réalité dans le champ social. « l’Algérie appartient à tous les algériens ! Les  algériens n’ont pas de terre de rechange ! » ou encore : « l’Algérie,  nous la redresserons tous ensemble ! ». Ces formules directes et sans fioritures,  ont fréquemment marqué les discours de  Bouteflika, transcendant les clivages partisans, les velléités sectaires éventuelles, la tentation du repli sur soi. l’Algérie dont parle Bouteflika, c’est l’Algérie historique, l’Algérie nation, l’Algérie plurielle. Je n’ai jamais éprouvé la moindre difficulté à le comprendre ainsi. Sur le plan culturel, le chef de l’Etat a toujours prôné la tolérance, le respect de l’autre. « La société algérienne, c’est le kamis et la mini jupe ! » lança t-il lors d’un meeting tenu peu après son accession à la magistrature suprême. Cela signifie que la société algérienne, c’est la recherche difficile, épineuse d’une conciliation nécessaire voire vitale entre la tradition et la modernité. Le mot « kamis » n’est sans doute pas approprié mais on peut en ajuster l’interprétation par rapport au contexte algérien. L’essentiel est de comprendre comment toute cette sémantique et tous les concepts qui lui sont liés ont été intégrés par Bouteflika à la fois dans sa vision politique à moyen et long terme et dans la gestion gouvernementale de tous les jours. Quant à la question du projet de société, le Président ne l’a jamais élaguée de sa ligne politique. Il  l’a toujours appréhendée par petites touches, en tenant compte au plus près de la diversité culturelle algérienne mais aussi des contradictions et des attentes de la société. Des avancées plus qu’appréciables ont été enregistrées en la matière (le triptyque arabité, amazighité, islamité est pleinement consacré et assumé) même si sur certains volets de la question linguistique, des clarifications restent à apporter. Le traitement de Ces questions nécessite plus de temps, davantage d’attention et un réel volontarisme pour qu’il puisse aboutir. Il s’agit de thématiques délicates car elles posent la question de la modernité, de ses conditions et du sens à lui donner dans une société encore (majoritairement ?) conservatrice. Bouteflika a toujours été conscient de ce défi; il s’est attelé depuis 1999 à réunir les conditions nécessaires pour réconcilier définitivement les courants pluriels de l’Algérie, reflets d’une longue et riche histoire, et bâtir un projet de société équilibré.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -50-

Posté par imsat le 18 mars 2014

Est-il en phase avec les algériens ? Vaste question. Je crois y avoir déjà apporté quelques éléments de réponse en évoquant notamment la franchise qui a toujours marqué sa critique de la société, de certains comportements individuels et collectifs.  Ce que j’ai écrit à ce sujet reste évidemment insuffisant, parcellaire, et, peut-être même, superficiel par certains côtés.  Se demander s’il est au diapason par rapport aux algériens, c’est aussi s’interroger sur ce que les algériens pensent de lui. Personnellement, je continue de croire qu’il a toujours voulu converger avec leurs aspirations essentielles. Il l’a en tout cas fréquemment exprimé dans ses discours. Il n’y a pas que ses discours; il y a aussi les actes, les actions qu’il a engagés dans tous les domaines pour répondre aux attentes des citoyens. Les réalisations sont donc nombreuses mais il y a aussi des ratages. Les acquis engrangés à tous les niveaux sont indiscutables mais ils n’ont pas suffi à eux seuls à fluidifier, à détendre  la relation entre Bouteflika et le peuple. Il n’y a rien de péjoratif dans ce constat. J’essaie simplement de voir en quoi et pourquoi ce rapport a été affecté par des malentendus, des méprises, certains déphasages. J’ai souvent eu le sentiment que le Président était mécontent que les efforts considérables déployés par ses soins pour redresser le pays après 10 ans de terribles violences ne soient pas appréciés à leur juste mesure. Je crois que, pour un ensemble de raisons du reste pas toujours cohérentes ni objectives, les algériens ne prennent pas la vraie mesure des progrès notables que l’Algérie a accomplis depuis 1999 au triple plan économique, social et culturel ainsi que sur le front extérieur et diplomatique. La mesure, c’est la conscience, c’est un effort dans la recherche de l’objectivité, une exigence morale, une concentration sur les  enjeux cardinaux d’une politique globale, une honnêteté intellectuelle. Il y en a qui considèrent qu’ils ne lui doivent absolument rien. Ils estiment qu’il est le Président et que c’est son job de trouver des solutions aux problèmes du pays. Il y en a également qui rejettent d’avance toute idée, tout raisonnement visant à faire la part des choses, à établir le nécessaire distinguo entre l’Algérie, le système, le pouvoir, le régime, Bouteflika, la société, les individus. Quant aux intellectuels, aux médias, bref tous ceux dont la fonction est aussi de théoriser les problématiques pour les rendre intelligibles, moins complexes, ils sont souvent passés à côté de l’essentiel, privilégiant la stigmatisation, la dénonciation systématique, l’anathème, le dénigrement, le réquisitoire à charge comme s’ils ne pouvaient exister que par ce seul truchement. Ils sont pourtant censés savoir que, dans bien des pays, même lorsque la critique du système devient légitimement paroxystique, des voix finissent toujours par s’élever pour rappeler que dans leurs sociétés, il y a quand même beaucoup de motifs de satisfaction.

Un problème culturel ? En Algérie, c’est cette pondération qui fait défaut, y compris chez ceux qui prétendent être raisonnables, sages, sincères. Je crois que cette césure qui explique en partie nombre de coups de gueule du Président. Est-ce un problème générationnel ?  Pas forcément puisque même parmi ceux qui l’ont connu jeune et flamboyant ministre des affaires étrangères, il y en a qui ne le portent pas dans leur coeur. Est-ce alors culturel ? Personnellement, c’est ce que j’ai toujours soutenu. Je développerai ce point ultérieurement. Quoi qu’il en soit, les anti Bouteflika ont leurs raisons; je ne partage pas du tout leurs opinions. D’un point de vue intellectuel, je ne les prend en considération que si elles s’expriment pacifiquement, sereinement et proprement. Enfin, la réponse à la question de savoir si le Président est en phase avec les attentes des algériens ne passe pas non plus nécessairement par un sondage d’opinion sauf si on en énonce les termes de façon exhaustive. Autrement dit, un sondage ne serait crédible et utile que s’il prenait objectivement en compte le parcours de l’homme et les principales réalisations enregistrées sous sa gouvernance.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -49-

Posté par imsat le 15 mars 2014

Les comparaisons entre les hommes politiques sont fréquentes, a fortiori lorsqu’elles concernent des  personnalités de premier plan. Chez moi, c’est systématique; c’est un vieux réflexe qui remonte aux années 1970. A propos de Bouteflika, je ne me suis pas simplement demandé pourquoi et en quoi il était plus intéressant que les autres, c’est-à-dire ses éventuels concurrents. Je me suis aussi posé la question de savoir pourquoi il incarnait la chose politique nettement mieux et plus profondément que ses rivaux. Mes réflexions sur cette dimension comme sur d’autres points restent adossées à des images. En l’occurrence, deux faits me permettent d’illustrer l’idée que je voulais développer. Le premier fait est lié à la démission d’Ahmed Benbitour de son poste de chef du gouvernement en août 2000, le second est relatif à la candidature de Ali Benflis à l’élection présidentielle de 2004. Ce ne sont pas les aspects purement factuels de ces événements qui m’intéressent. Ces deux situations suscitent ma curiosité par rapport à ce qu’elles donnent à voir quant à la notion de temps politique. Les initiatives précitées m’ont paru précipitées, prématurées, presque improvisées. Pour moi, c’était évident; je me souviens l’avoir dit à Yabb, arguments à l’appui. Mais je ne me rappelle pas avoir lu des commentaires de presse allant dans le sens de ce qui me paraissait pourtant flagrant, à savoir l’inopportunité des démarches en question. Cette inopportunité, c’est la résultante d’une vision comprimée, étriquée du temps; c’est le primat du temps court. L’honnêteté, la bonne foi, le sens des valeurs n’ont rien à voir avec cette perception. On croit judicieux d’avoir opté pour tel ou tel choix jusqu’au jour où l’on se rend compte de l’erreur de timing. Le rattrapage est difficile, périlleux et, dans la plupart des cas, impossible. Après la démission de Benbitour, après la candidature de Benflis à l’élection de 2004 (candidature qui m’a fait un peu penser à celle d’Edouard Balladur à la présidentielle française de 1995), je me suis dit la même chose: « C’est trop tôt, la programmation n’est pas bonne ». Dans mon diagnostic de l’époque, le président de la République était naturellement omniprésent. Je jaugeais l’attitude des autres par rapport à ce que je pensais fondamentalement de la vision bouteflikienne du temps (le temps politique s’entend). Et cette vision, je l’ai toujours trouvée ancrée dans le long terme, en tout cas dans le contraire de la fébrilité, de l’immédiateté ou des échéances que l’homme ordinaire présente comme brûlantes.

Au dessus de la mêlée. Le rapport de Bouteflika au temps, c’est un long processus, une stratégie, un labeur de tous les jours, une maturation des idées. Là où les autres jettent l’éponge à la moindre difficulté dite majeure, lui, au contraire, persévère, continue d’aller de l’avant, garde la main avant de surprendre un peu tout le monde, y compris son entourage. Lorsque les autres croient l’affaire pliée à leur profit, lui, a déjà fait en sorte que le temps (toujours le temps) joue pour lui. L’ancien chef de gouvernement, Ahmed Ouyahia,  est le seul homme politique a avoir tenté de rester en phase avec le traitement bouteflikien du temps. J’ai même écrit sur ce blog il y a quelques années que Ouyahia avait les plus grandes chances de rentabiliser politiquement son décryptage du temps long et d’en bénéficier le moment venu. Cela dit, je ne crois pas qu’on puisse vraiment comprendre l’influence déterminante du facteur temps sur la personnalité de Bouteflika si l’on ne prend pas en compte  la jonction entre les différents étapes de son itinéraire, y compris celle liée à sa longue traversée du désert, et son retour au pouvoir en 1999. C’est tout cela qui a façonné sa vision du temps et contribué à le positionner au dessus de la mêlée, le faisant ainsi souvent apparaître comme le maître du jeu.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -48-

Posté par imsat le 12 mars 2014

Comment considérer ce que pensent de lui les médias occidentaux en général ? Je devrais d’ailleurs dire « Les médias français » dans la mesure où leur point de vue influence considérablement celui de leurs confrères européens voire américains. Partialité, simplification, caricature, recours excessif aux clichés, subjectivité, voilà un peu ce qui caractérise l’approche que font les médias en question de Bouteflika et par extension aussi de l’Algérie. On reprend tout ce qui se dit de négatif dans certains journaux algériens, on triture le tout, on le conforte via une grille de lecture spécifiquement occidentale, française en l’occurrence, on enrobe l’essentiel dans un vocabulaire et des formules « appropriés » avant de le servir au lecteur. Je relève une autre constante dans le traitement médiatique des problématiques algériennes. On parle toujours du régime d’Alger, du pouvoir algérien, des généraux algériens, très rarement du système institutionnel algérien, de l’Etat algérien. On adore hypertrophier le rôle et la place de l’armée, particulièrement ceux des services de renseignement dans la gestion du pouvoir, dans la désignation des responsables supérieurs. On ne veut ni reconnaître ni dire qu’il y a en Algérie de vraies institutions, une administration, des normes juridiques, une économie, une gouvernance. Dans les cercles médiatiques français (toujours les mêmes au demeurant), on préfère évoquer la corruption et on le fait comme si elle était spécifique à l’Algérie, comme si elle épargnait les pays de l’Union européenne. On aime bien aussi insister sur la paupérisation de certaines catégories de la population, la crise du logement, le chômage, le mal être des jeunes, les harraga. Pas un seul média n’évoque tout ce que l’Etat a réalisé depuis l’indépendance, dans tous les domaines (santé, éducation, approvisionnement en eau, logement, infrastructures de base, transports, sécurité…) singulièrement depuis le retour de Bouteflika en 1999. On passe sous silence la stabilité retrouvée au prix de très lourds sacrifices, l’indépendance financière, les milliards de dollars mobilisés pour redresser le pays après la décennie noire. On zappe complètement l’effort gigantesque que l’Etat a engagé précisément pour pacifier le pays, condition sine qua non du développement. On préfère donner la parole aux mécontents comme s’il n’y en avait qu’en Algérie. On aime bien ça. On aime également mettre l’accent sur le conservatisme de la société et occulter le côté moderne de l’Algérie, de la jeunesse algérienne. On ne veut surtout pas présenter Bouteflika comme l’homme providentiel, un visionnaire, un stratège, l’artisan de la réconciliation nationale, le rassembleur, le fin connaisseur des relations internationales. On préfère parler des coulisses du pouvoir, du sérail, des « révolutions de palais » comme si sous d’autres cieux, et d’abord en France, tout était politiquement fluide, indiscutable, parfait. On parle de la jeunesse algérienne comme d’une jeunesse sacrifiée mais on ne dit rien des 2 millions d’étudiants qui fréquentent les nombreux instituts universitaires, grandes écoles et centres de recherche (plus d’une centaine) qui fonctionnent dans les 48 wilayas du pays. On ne dit rien non plus du nombre important d’étudiants bénéficiant de bourses de l’Etat algérien pour des études de 3ème cycle à l’étranger (25000 étudiants rien que dans les facultés françaises).

A l’abri des « Printemps arabes » ? Nombre d’éditorialistes français sont encore dans une vision passéiste de l’Algérie. Le blocage est en eux. Ils ne parviennent pas à regarder l’Algérie comme elle est. Ils la perçoivent sous des prismes déformants. Ils trouvent plus « intéressant » de faire parler les détracteurs de Bouteflika, de mettre en évidence des points de vue minoritaires, des protestations plus ou moins sporadiques, des situations marginales. Ils traquent le négatif, c’est leur spécialité quand il s’agit de l’Algérie. Ils sont en quête de tout ce qui serait de nature à étioler la belle Algérie. C’est tout ce qui les intéresse. C’est aussi comme cela qu’ils voient Bouteflika. Ils ne veulent pas voir en lui le fédérateur, l’homme de la concorde, de la réconciliation nationale. On l’a souvent dit de Mandela pour l’Afrique du Sud. Jamais de Bouteflika ! Les mêmes commentateurs sont fréquemment tentés de jeter la lumière sur les contradictions de la société algérienne, jamais sur sa dynamique, ses ambitions, ses rêves, ses tendances lourdes. Je crois que ça les dérangerait vraiment de reconnaître que Bouteflika a su maintenir l’Algérie à l’abri des « Printemps arabes » et de leurs conséquences néfastes tout en sachant (lui, notre Président) que les risques géo politiques régionaux requièrent de la part des algériens une vigilance de tous les instants.

Lamine Bey Chikhi

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Ce que je pense de Bouteflika -47-

Posté par imsat le 10 mars 2014

Un président, ce n’est qu’un président même s’il a les pleins  pouvoirs. Et d’ailleurs, il n’a jamais les pleins pouvoirs. Pour moi, cela a toujours été évident. Aucune des théories de droit constitutionnel que l’on invoque pour tenter d’expliquer les implications d’un régime politique (présidentiel, autoritaire, parlementaire ou autre) sur la société, la vie d’un pays ne rend totalement compte de la problématique liée aux pouvoirs d’un président. Lorsque je dis qu’un président n’est qu’un président, cela signifie qu’il n’est ni l’incarnation absolue de l’Etat  (l’Etat considéré dans sa plénitude) ni celle de la société globalement appréhendée avec ses complexités, ses contradictions. Il en ressort qu’on ne peut honnêtement pas se défausser sur un président pour tout et n’importe quoi. Un président n’est qu’un être humain avec ses forces et ses faiblesses. Le nôtre, celui de l’Algérie, a pu enclencher une réelle dynamique socio-politique au lendemain de son élection en 1999, soulevant de grandes espérances dans la société. Il a voulu être sur tous les fronts. Et il l’a souvent été. Lorsque des difficultés ont commencé à surgir, les critiques se sont focalisées sur sa gouvernance, les déficiences de son équipe gouvernementale, jamais sur la société. Pourtant, la société a toujours été là avec ses pesanteurs, son « potentiel » d’inertie, ses entraves, ses résistances, ses antagonismes, ses multiples courants. Et puis, il y a l’individu avec ses aspirations personnelles, matérielles, centré d’abord sur lui-même, sa famille, son confort. Je veux dire que même quand un président ambitionne le meilleur pour son pays (et Bouteflika était résolument dans cette optique), son rêve ne peut se concrétiser que s’il emporte l’adhésion active, consciente, du plus grand nombre. S’il n’y a pas ce dépassement de soi, cette élévation, on se retrouve dans les faux-semblants et dans cette détestable propension à vouloir uniquement tirer son épingle du jeu.

Il n’est pas omnipotent. Un président n’est qu’un président. Il n’est ni omnipotent ni omniscient. Il ne dirige pas tout, ne maîtrise pas tout, ne contrôle pas tout. Ceux qui ont exercé des responsabilités à des niveaux stratégiques ou opérationnels cruciaux, décisifs, et déployé dans ce cadre toutes leurs compétences à plein temps et honnêtement connaissent bien les limites de la superstructure politique. Ceux qui s’entêtent à vouloir tout imputer au chef de l’Etat parce que tout procéderait de lui, autrement dit les orientations générales, le pouvoir de décision, les nominations des hauts responsables, la feuille de route, etc, se trompent de diagnostic et de cible. Ils feignent d’ignorer les réalités. Ils refusent de s’intéresser aux interdépendances qui marquent les différents niveaux de la gouvernance politique ou autre comme ils occultent complètement tout ce qui se rapporte à la responsabilité sociale et individuelle. D’une certaine façon, ils sont dans le mensonge, le leurre.  « Que chacun d’entre nous, au travers de sa pusillanimité, que chacun d’entre nous fasse son choix : ou bien demeurer un serviteur conscient du mensonge ( oh ! bien sûr, pas par penchant naturel, mais pour nourrir sa famille, pour élever ses enfants dans l’esprit du mensonge !) ou bien considérer que le temps est venu de se secouer, de devenir un homme honnête, digne d’être respecté et par ses enfants et par ses contemporains » (Soljenitsyne). Dans notre contexte, ne soutenir en rien  le mensonge, c’est notamment développer une approche juste, sereine et sincère des questions fondamentales de la société et des politiques engagées pour leur prise en charge.

Lamine Bey Chikhi

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