Escale proustienne -4-

Posté par imsat le 6 septembre 2014

A la recherche du temps perdu, c’est une oeuvre d’art. Je sais qu’on l’a déjà dit. Je le dis à mon tour. Ce sont des tableaux que l’on peut apprécier aussi bien dans leur interdépendance que dans leur autonomie propre. Et puis surtout, on n’est pas tenu, on ne se sent pas tenu d’expliquer ce que l’on éprouve en les admirant, l’important étant de s’en rendre compte, d’en prendre toute la mesure  et de le dire. Même quand on n’est pas expert en la matière, on peut toujours émettre un avis et cet avis est crédible parce qu’il est sentimental, subjectif. Quand on s’éloigne de ces toiles, on ne s’en détache pas vraiment ni définitivement. Pourquoi ? Eh bien parce qu’elles génèrent des extrapolations, des transpositions en rapport avec la vie personnelle. L’intérêt est là. La puissance suggestive de la Recherche est là ! Serais-je dans un processus de réécriture de mes propres souvenirs alors que j’en ai déjà relaté les plus marquants ? Oui s’il s’agit d’en amplifier certains aspects ou tout simplement de parachever des réflexions liées à des situations, des événements à propos desquels je n’avais peut-être pas pris la distance nécessaire. De toute manière, on n’en finit jamais avec ses souvenirs. Et on n’en finit pas parce que ce ne sont pas que des images fugaces, passagères, éphémères. Si je devais, par exemple, reparler du bien-être que je ressentais sur les chemins que j’empruntais pour aller rendre visite à ma grand-mère ou à mes tantes dans les années 60-63, je donnerais l’impression d’être dans la sur-interprétation alors même qu’il serait juste question de me remémorer sous d’autres angles et par un effort de volonté ce que j’avais marginalisé ou sous-estimé. Je veux préciser que tout en déclinant mes réminiscences sur ce blog depuis novembre 2009, je savais que ma démarche serait partielle, transitoire et je le savais parce que je sentais que je pouvais en tirer le maximum en termes de découvertes,  de « trouvailles ». C’était une question de temps. Autre exemple, si je devais revenir sur ce que j’ai écrit à propos de TY, je le ferais évidemment différemment non pas seulement parce que j’aurais pris du recul mais parce que des lignes auront entre-temps bougé. Le documentaire sur Proust n’est qu’un prétexte que j’ai saisi pour continuer à vivifier, redynamiser un de mes principaux centres d’intérêt : Faire parler les images d’autrefois dans l’inventivité…

Lamine Bey Chikhi

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