Escale proustienne -11-

Posté par imsat le 20 septembre 2014

Il y a 4 ans, disparaissait Mà (ma chère mère). Je ne pouvais évidemment pas passer sous silence cet anniversaire. Mais, le rappeler ainsi n’a rien de singulier. C’est juste une manière de noter que 4 années se sont écoulées depuis son décès. Ce n’est pas non plus spécial pour la simple raison qu’elle est toujours dans mes pensées; pour être plus précis, je devrais dire: « tous les jours, au quotidien ». Je n’invente rien, je n’exagère absolument pas en le disant. Au reste, je ne trouve rien d’extraordinaire au fait qu’elle reste encore pleinement présente dans ma vie de tous les jours. Je ne fais aucun effort en ce sens. Il n’y a rien de délibéré de ma part. Quand je l’évoque dans cette escale proustienne, ce n’est pas du tout la résultante de quelque volontarisme de ma part. Elle est dans un continuum naturel non seulement par rapport à ce que j’ai dit d’elle sur ce blog avant et après son départ mais aussi en considération de ce qu’elle représente encore pour moi au présent, dans le réel. Elle est toujours là. Hier, avec A, la conversation sur certaines banalités de la vie a fini par bifurquer sur diverses conceptions du bonheur. Eh bien, j’ai cité spontanément Mà pour rappeler qu’elle savait apprécier tous les petits riens générateurs de vrais instants de joie, de gaieté. Elle était éligible au bonheur, mais avec rien, à partir de presque rien. Je crois que cette vocation avait à voir avec des facteurs culturels, historiques, familiaux, généalogiques. Cela signifie t-il qu’une telle vocation constitue une sorte de privilège réservé aux « âmes bien nées » ? Je suis parfois enclin à le penser. Ce n’est pas nouveau pour moi. Il m’arrivait d’en parler avec Mà. Je suis convaincu que nous en aurions approfondi le contenu à la faveur de cette escale. Nous en aurions profité pour cogiter agréablement sur Proust qui ne lui était d’ailleurs pas étranger. Nos échanges renvoyaient souvent à l’écrivain, à sa vie, à son époque. En même temps, je suis en train de le faire comme si elle était avec moi, comme si nous dialoguions directement, sans intermédiaire.

Lamine Bey Chikhi

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