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Escale proustienne -17-

Posté par imsat le 12 novembre 2014

Que s’est-il passé depuis la dernière fois ? On a dit de Patrick Modiano, lauréat du Nobel de littérature 2014, qu’il  était un « Proust » moderne. Je n’ai pas lu Modiano mais je l’ai vu et entendu parler dans de nombreuses émissions littéraires. Chacun sait qu’il a une façon singulière de parler, de chercher ses mots, de beaucoup hésiter avant de dire quoi que ce soit. Est-il le nouveau Proust que l’on dit ? Je ne sais pas. Personnellement, je reste sur l’idée, la conviction même que Marcel Proust est unique dans son style d’écriture, son mode de vie, sa façon de ratisser large dans sa longue chronique de la société. On peut sans doute dire de tel ou tel auteur qu’il fait penser à Proust. Je le concède. Mais il me paraitrait correct de préciser que l’original est et restera inimitable. Ce serait bien aussi que ceux qui puisent dans l’oeuvre proustienne des aspects d’une démarche, d’une vision, le fassent savoir sans complexe. Mais il n’y a pas eu que le Nobel depuis la dernière fois. Il y a eu aussi le Goncourt, raté de peu, selon les médias, par le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud pour son roman Meursault contre-enquête. Je ne l’ai pas lu. Par ailleurs, je n’ai jamais lu Le quotidien d’Oran dans lequel le romancier écrit des billets. Je n’ai donc jamais lu ses papiers. En revanche, j’ai pris connaissance, trois jours avant l’attribution du Goncourt, d’un entretien qu’il avait accordé à un journal français. L’écrivain dit déplorer que des gens qui ont fait la révolution se soient accaparés l’Algérie… Je me suis immédiatement demandé si je n’avais pas inconsciemment anticipé ce genre de réplique depuis longtemps pour expliquer et justifier ma réticence à le lire. Des propos similaires au sien sont d’ailleurs régulièrement tenus par Boualem Sansal, Yasmina Khadra et deux ou trois autres auteurs algériens. Ces gens-là se ressemblent en ce qu’ils adorent dénigrer le système algérien, le pouvoir algérien. Ils sont toujours dans l’excès (tout ce qui est excessif est insignifiant n’est-ce pas ? ).  Ils passent délibérément sous silence tout ce qui se fait de bien en Algérie. Ils ne parlent jamais des 30% du PIB national que l’Etat algérien consacre annuellement à la politique sociale.  30%, c’est 60 milliards de dollars et ce n’est pas rien ! Ils ne parlent pas non plus des milliers de logements sociaux distribués gratuitement chaque année à des citoyens démunis. Ils n’évoquent pas non plus le soutien financier massif de l’Etat à l’emploi des jeunes ni le taux de chômage ramené de 23% à 10%. Connaissent-ils un peu l’économie, les contraintes de la gouvernance réelle, les pesanteurs et autres résistances sociales qu’il faut traiter malgré leur complexité, leur diversité, ce à quoi du reste s’attelle l’Etat au quotidien ? Je doute fort que l’économie soit leur tasse de thé. C’est même probablement le dernier de leurs soucis. Pourtant, la vraie vie, c’est aussi cela, autrement dit la gestion du réel, des problèmes multidimensionnels de la société ! Moi, ça ne me dérange nullement que l’on critique le régime algérien mais je trouve tendancieux et intellectuellement malhonnête qu’on le fasse totalement et systématiquement à charge. A qui profitent les réquisitoires maladifs des écrivains en question ? A qui veut-on plaire en noircissant sans discontinuer l’image de l’Algérie ? « Suivez mon regard… », serais-je tenté de dire. Personnellement, je ne défends pas le régime; je parle de l’Etat, des institutions, et quand on enregistre des acquis, des réalisations (il n’en manque pas), je suis heureux de le constater, et même de le crier sur les toits, parce que c’est vrai, parce que c’est bien pour l’Algérie, parce que j’aime l’Algérie. « La critique est aisée mais l’art est difficile ». C’est cette belle formule de Destouches qui me vient à l’esprit à propos des spécialistes de la diatribe anti système. Voilà pourquoi au fond je n’ai lu ni Khadra ni Sansal ni K.Daoud. J’ajouterai une ultime remarque : ni l’élection d’Assia Djebar à l’Académie française ni sa nomination à deux reprises au Nobel de littérature n’ont suscité le même intérêt médiatique que celui souvent démesuré que certains (toujours les mêmes) accordent aux auteurs précités.

Lamine Bey Chikhi

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