Emmanuel Macron

Posté par imsat le 12 avril 2017

Pourquoi avais-je envie de parler d’Emmanuel Macron? Pourquoi ne me laisse t-il pas indifférent ? Je le suis, notamment sur twitter, depuis qu’il a lancé son mouvement En marche. Je ne vais pas synthétiser ni paraphraser ce que disent de lui les médias, les politiques, les électeurs français. Ce serait trop facile et cela ne présenterait aucun intérêt;  je ne céderais donc pas à cette tentation. Peut-être  pourrais-je mettre en avant son propos sur la colonisation qualifiée par ses soins de crime contre l’humanité. Mais je ne m’étalerais pas outre mesure là-dessus. Quand je l’ai entendu le dire, j’ai tout de suite pensé: « Il est courageux, audacieux, il restera dans l’histoire comme le premier homme politique français, peut-être même le seul, à l’avoir affirmé clairement et nettement » Cela dit, je ne suis pas de ceux qui font dans la surenchère et qui veulent toujours brûler les étapes alors même qu’ils n’ont pas « digéré » le propos de base. En l’occurrence, les mots de Macron constituent une avancée considérable sur le chemin d’une vraie réconciliation. Va t-on rester rivé sur le volet symbolique, mémoriel de cette tranche fondamentale de l’histoire des deux pays ou alors aura t-on l’ambition, la volonté d’aller au-delà ?

Une relation bilatérale inspirée du modèle franco allemand  ? Les dirigeants politiques français successifs ont toujours globalement correctement discouru sur l’avenir des relations entre l’Algérie et la France. Economiquement, cette coopération a été et reste importante, tandis que politiquement, elle a connu des hauts et des bas. Macron se démarque complètement de cette démarche. Il est plus précis, plus enthousiaste et plus ambitieux quant aux perspectives liant les deux pays. A Alger, il a dit : « Je veux ouvrir une nouvelle page entre la France et l’Algérie, je veux que cette relation se développe suivant le modèle franco allemand ». Je me suis emparé de cette belle idée. Je me suis dit : « Ce n’est pas un voeu pieux, on peut en faire quelque chose. Tout est dans cette phrase, l’histoire, la mémoire, l’avenir, c’est formidable ! Macron a fait des études de philosophie en plus de Sciences Po et l’ENA, mais son discours n’est pas que dans la philosophie, il est dans le pragmatisme mais pas n’importe quel pragmatisme. Le mot pragmatique est d’ailleurs son leitmotiv. Il est aussi dans l’anticipation mais pas n’importe quelle anticipation » Je me suis aussi dit: « Il est le seul homme politique français à proposer un vrai paradigme en matière de coopération entre les deux pays. Il cite en exemple le couple franco allemand, locomotive de l’Union européenne, mais en le transposant à ce que pourrait devenir la relation algéro française; il innove de façon spectaculaire en posant les jalons théoriques, les contours conceptuels d’une restructuration en profondeur de cette dernière » Tout est possible ! Malgré le poids de leur histoire commune, la France et l’Allemagne ont réussi le pari extraordinairement complexe de la réconciliation. Macron propose un projet similaire à l’Algérie et à la France dans un contexte spécifique marqué par un bouleversement sans précédent du système relationnel international.

Une idée utopique ? Je me suis évidemment posé la question ou plutôt j’ai tout de suite imaginé ce que serait la première réaction qu’elle susciterait dans la sphère médiatique et politique, dans le champ social, en Algérie et en France. Elle est passée inaperçue. Mais je l’ai bien envisagée. Et je me suis dit : Je vais la prendre en charge à ma manière d’autant que je suis du côté de ceux qui ne voient que du positif dans l’utopie, comme André Gide lorsqu’il écrit : « Combien de jeunes velléités qui se croyaient pleines de vaillance et qu’a dégonflées tout à coup ce seul mot d’Utopie appliqué à leurs convictions, et la crainte de passer pour chimériques aux yeux des gens sensés. Comme si tout progrès de l’humanité n’était pas dû à de l’utopie réalisée ! Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l’utopie d’hier et d’aujourd’hui »   A ce jour et sauf erreur, je n’ai entendu ni lu aucune réaction en Algérie à la proposition Macron. On a préféré discourir sur la colonisation, crime contre l’humanité. Je me suis interrogé: « Veut-on et peut-on prendre en charge l’idée (je suis tenté de dire le projet de feuille de route) de Macron, en étudier la crédibilité, la fiabilité, la faisabilité? » En tout cas, pour moi, c’est du sérieux, j’en ai très vite perçu les aspects favorables, les nombreux potentiels effets d’entraînement, à tous les niveaux. L’offre de Macron, pourrait constituer le point de départ d’un projet exceptionnel, singulier, préférentiel, intellectuellement extrêmement exigeant, de nature à sortir la coopération de son cadre traditionnel, immobile, coincé, ringard. Bousculer l’ordre établi, rompre avec les vieux clichés de la relation inter étatique, est-ce possible ? Oui, c’est possible ! Macron a le sens de l’histoire, il est dans le sens de l’histoire, son rêve d’une alliance algéro française à l’instar du duo franco allemand, est réalisable  pour peu qu’on le traite de façon offensive, inventive, pragmatique, optimiste. Macron veut partager ce rêve, il le propose à l’Algérie, pour des raisons que je comprends parfaitement. Le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) de Sarkozy est tombé à l’eau parce qu’il visait à intégrer trop de parties aux intérêts irréconciliables. Macron, lui, veut faire bouger les lignes en rénovant substantiellement ce qui existe, en allant au-delà. Il faut se saisir de sa proposition et commencer à plancher dessus sérieusement. Peut-être même, ferions-nous mieux que le couple franco allemand grâce notamment à la langue que nous avons en partage, à l’histoire, à la profondeur géo stratégique de l’Algérie, grâce aux nombreuses passerelles qui existent déjà entre les deux pays.

Relever le défi : Bien des pays souhaiteraient pouvoir adhérer à l’Union Européenne. Eh bien, moi, je continue de penser que ce que Macron propose à l’Algérie est largement supérieur à toutes les autres formes de coopération inter étatiques bi ou multilatérales. En général, au début, les idées de ce genre, celles qui ambitionnent de sortir réellement des sentiers battus, de changer profondément la donne, en particulier dans ce qui touche aux relations entre les pays, ne sont jamais prises au sérieux; elles sont immédiatement caricaturées, contestées, discriminées; on leur oppose les « réalités » du moment ou celles de l’histoire, on exhibe toutes sortes d’arguments économiques, culturels, religieux pour parasiter toute tentative visant à aller de l’avant, à engager le renouveau. Les rabats-joie se trouvent des deux côtés de la Méditerranée, il y en a toujours eu; ils sont toujours dans l’immobilisme, le déclinisme, ils n’offrent rien de nouveau et préfèrent rester dans leur pessimisme, leur vision étriquée. La proposition de Macron s’adresse à ceux qui transforment les idées pour en faire quelque chose de concret, de positif, qui acceptent de relever le défi. La perspective esquissée par Macron est censée impliquer les hommes de bonne volonté, sincères, intègres, ouverts d’esprit, les hommes de réflexion et d’action. Comment procéder pour que sa promesse soit effectivement inscrite à l’agenda politique et diplomatique des deux pays, s’il est élu à la magistrature suprême le 7 mai prochain ? 

Lamine Bey Chikhi

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