Nedjma-4-

Posté par imsat le 19 juillet 2017

Le film pourrait-il être tourné de façon bénéfique ailleurs que dans les villes citées précédemment ? La réponse devrait aller de soi. Pourtant, ce n’est pas le cas. Pourquoi ? Parce que certains seraient tentés par un tournage dans un pays disposant d’infrastructures cinématographiques attractives et qui ont fait leurs preuves depuis longtemps. Je rappelle quand même que l’adaptation cinématographique de « Ce que le jour doit à la nuit » de Yasmina Khadra a été réalisée par Alexandre Arcady dans 3 pays (Algérie, Tunisie, France). On avait évoqué quelques entraves bureaucratiques pour la partie algérienne du tournage. « Soleil » de Roger Hanin retraçant l’enfance algéroise de l’acteur, a été tourné en partie à Casablanca. Cela dit, pourquoi évoquer le lieu de l’éventuel tournage de Nedjma avant d’avoir parlé de sa production et de celui qui pourrait en assurer la mise en scène ainsi que des acteurs potentiels ? Il n’y a rien de délibéré de ma part, c’est juste une question d’inspiration. On peut d’ailleurs épiloguer sur un projet sans nécessairement en respecter l’ordonnancement logique. On a dit de Nedjma qu’il pouvait être lu de mille et une façons. On peut commencer par le début mais on peut aussi le lire en diagonale comme on peut en mixer divers passages eux-mêmes hors-chronologie. Il en est de même pour un projet de film. Du reste, je me demande s’il ne faut pas songer à scénariser le roman en tenant compte au plus près du déroulement labyrinthique du récit, tel que l’a voulu l’auteur. Est-ce important que le film soit tourné en Algérie ? Oui, d’abord parce que de grands films étrangers ou algéro étrangers y ont été réalisés, parmi lesquels La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, Z de Costa Gavras, L’étranger de Visconti ou encore Mon colonel de Laurent Herbié (scénario de Gavras), ensuite parce que le traitement de la question est surtout tributaire de la volonté des autorités algériennes. Autrement dit, quand l’Etat veut, il peut ! Et il l’a prouvé à maintes reprises; enfin les enjeux d’un tournage en Algérie sont importants car tout à la fois politiques, culturels, psychologiques, identitaires. Nedjma s’adresse au monde entier mais c’est l’Algérie qui est au centre du récit. Produire un tel film, ce serait rendre à l’auteur un hommage bien mérité, ce serait aussi agir à son égard un peu comme l’a fait Poutine au sujet de Soljenitsyne en lui décernant en 2007 le prix d’Etat. exprimant ainsi concrètement sa volonté de réhabiliter l’auteur, entre autres livres, de L’archipel du goulag et Le pavillon des cancéreux. Poutine, nostalgique de la Russie d’autrefois, avait compris que « le temps retrouvé » devait nécessairement passer par cette réhabilitation. Pour Kateb Yacine, ce serait un peu la même chose. La dimension politique d’un film sur Nedjma véhiculerait une reconnaissance particulière, un hommage légitime. Le politique d’aujourd’hui reconnaîtrait ainsi ouvertement la toute puissance, la transcendance de l’oeuvre de l’écrivain à travers sa pièce maîtresse, Nedjma…

Lamine Bey Chikhi

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