Nedjma-10-

Posté par imsat le 27 août 2017

Dans le chapitre précédent, je devais compléter et clarifier mon propos sur le distinguo entre le documentaire et le film. En fait, j’avais en tête un exemple illustratif précis. Il s’agit de la Bataille d’Alger. Le film de Gillo Pontecorvo est connu dans le monde entier. Mais il y a aussi le très intéressant documentaire intitulé, lui aussi, La Bataille d’Alger, du réalisateur français Yves Boisset diffusé à 3 ou 4 reprises ces dernières années par des chaînes de télé françaises. Quand on a vu le film et le documentaire, on comprend mieux les différences mais également les complémentarités potentielles entre les deux approches, en particulier dans l’appréciation de la thématique traitée et de ses finalités. Le commentaire concluant le documentaire est encore dans ma mémoire. J’en ai retenu ceci: « La Bataille d’Alger est une défaite militaire du FLN mais une formidable victoire stratégique et politique de l’Algérie qui a débouché sur l’indépendance du pays… » Le commentateur évoque la torture pratiquée par l’armée française et parle d’une défaite morale et politique de la France.  Lorsqu’on voit le film, c’est autre chose; on retient plutôt les exploits, les faits d’armes du groupe de Yacef Sadi, Ali La pointe, les attentats, les poseuses de bombes, l’organisation, la discipline du FLN. Je tenais à cet éclaircissement car il conduit à s’interroger sur les ambitions que l’on porte en fonction du genre cinématographique pour lequel on a opté. Nedjma est connu dans les universités du monde entier. Son rayonnement international est constant, il ne cesse pas; c’est un joyau de la littérature mondiale. Vouloir en faire un film est un immense défi, parce qu’il s’agit de se mettre au diapason de l’oeuvre romanesque. Je l’ai dit, je le répète: Si on ne peut pas, si on ne sait pas faire de Nedjma un grand film, alors on s’abstient ! L’idée que je me faisais du projet filmique était connectée dès le début à des objectifs illimités, transnationaux, planétaires. Je visualisais le projet et je pensais son parcours à travers différents festivals (Cannes, Venise, Berlin, Hollywood…Je ne rêvais pas, j’étais dans une construction intellectuelle structurée, réaliste, exigeante. Je songeais au projet dans sa globalité (production, casting, mise en scène, distribution, diffusion…) en essayant à chaque fois de cerner les éventuelles pierres d’achoppement. Non, je ne rêvais pas. Je me disais: « Nedjma est un bijou littéraire, le film ne saurait être conçu, fabriqué, géré en-deçà du roman, en termes de notoriété, d’impact, de retombées culturelles, politiques… il doit aller au moins aussi loin que le récit, traverser les frontières, toutes les frontières, faire bouger les lignes, en Algérie mais, aussi sous d’autres cieux, à tous les niveaux, faire jubiler les algériens, bousculer les idées reçues, briser des tabous, étonner, surprendre, laisser pantois ceux qui doutent de l’Algérie, mettre les points sur les i là où c’est nécessaire, remettre les pendules à l’heure, répondre aux questionnements de l’histoire, ouvrir des perspectives… »  Non, je ne rêve pas: Il faut ambitionner tout cela et en même temps inscrire le projet dans un processus économique, commercial et financier de grande envergure car il le mérite amplement….Le cinéma étant une vraie industrie qui draine beaucoup d’argent; il permet et favorise toutes sortes de montages et partenariats financiers…

Lamine Bey Chikhi

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