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Vert, blanc, rouge…

Posté par imsat le 19 février 2018

J’ai fini par acheter l’emblème national. Je projetais de le faire depuis belle lurette, en fait depuis que j’ai vu le président Bouteflika le caresser, le palper, le humer avant de l’embrasser sur le tarmac de l’aéroport Houari Boumediene. C’était en décembre 2005. Le Chef de l’Etat rentrait de Paris où il se faisait traiter pour un ulcère hémorragique. Il s’était absenté pendant trois semaines. Son état de santé était préoccupant. On ne savait pas s’il allait s’en sortir. Moi, j’étais inquiet pour lui, pour le pays, pour nous tous. Je crois que je n’étais pas le seul dans ce cas. L’image du Président embrassant comme il le fit, le drapeau que lui tendait un élément de la Garde républicaine, était saisissante, poignante, puissante. Bouteflika était ému aux larmes. Il donnait l’impression de parler à l’emblème, de lui dire tout le bonheur qu’il ressentait de retrouver l’Algérie. On aurait dit qu’il s’adressait en même temps à Dieu, qu’il le remerciait de lui avoir permis de rentrer au pays sain et sauf. J’y ai vu d’autres symboles, d’autres signes: l’Algérie historique, le patriotisme voire le nationalisme, la guerre de libération, la révolution. Bouteflika communiait avec tous ces éléments. J’étais mentalement et physiquement complètement avec lui. Le Président portait un manteau noir. Le ciel était bleu, c’était un jour printanier…il faisait beau. Vert, blanc, rouge, les couleurs de l’emblème étaient éclatantes. Rien n’était fabrique, arrangé, préparé. Bouteflika était spontané, sincère. Le temps semblait s’être figé sur cette séquence montrant le Président ramener le drapeau à sa hauteur, y poser son visage. Il y avait de la volupté dans ce contact; je l’avais ressenti ainsi … J’ai souvent vu des sportifs de haut niveau s’emparer fougueusement du drapeau algérien, l’embrasser et faire avec le tour du stade, après avoir remporté des titres olympiques, gagné des matches de coupe du monde. Mais je n’y ai jamais perçu la même intensité intérieure dans l’émotion mise en lumière que celle dégagée par Bouteflika. Cependant, pour tout dire, s’agissant du président de la République, je n’ai pas résisté à la tentation d’intellectualiser les images montrées à la télévision, de les faire parler au-delà des apparences. Oui, c’est vrai, je me suis demandé, après coup s’il n’avait pas un peu scénarisé son retour au pays, mais mon questionnement fut éphémère. Non, Bouteflika était très ému, il n’avait rien prémédité…On a vu le Président saluer les couleurs nationales à maintes reprises depuis son AVC en 2012 mais ce n’était pas la même chose. Lui-même ne cherchait pas à reconduire les mêmes gestes. Son contact physique, direct avec l’emblème national en 2005 n’était pas reproductible; il n’avait pas vocation à l’être. Ce jour-là, j’ai communié avec lui corps et âme. J’attendais son retour avec impatience et un peu de stress car je ne savais pas s’il était complètement rétabli. J’étais tendu et heureux à la fois. Les algériens l’étaient-ils aussi ? Je ne saurais le dire. Ce qui m’intéressait, c’était lui et rien ni personne d’autre ! Je me rappelle m’être dit : « Cette image est formidable, elle ne va pas manquer de marquer les esprits, surtout à l’étranger » J’ai pensé cela parce qu’on avait beaucoup supputé en France sur les chances de survie du Président. L’urologue et ex député UMP, Bernard Debré, avait même dit cyniquement : « Il en a peut-être pour 3 ou 4 ans, et encore… »Ce propos m’avait révolté au plus haut point. Le retour de Bouteflika dans une forme rassurante, était un pied de nez à Debré et à tous ceux qui pronostiquaient le pire pour le Président, pour l’Algérie.
Lamine Bey Chikhi

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