Ce qui reste en friche…

Posté par imsat le 30 avril 2018

Il ne m’a jamais semblé acceptable que l’on réduise le portrait d’un père ou d’une mère à des caractéristiques qui seraient communes au plus grand nombre, effaçant ainsi leurs spécificités, leurs qualités intrinsèques, leur singularité. Et cette singularité ne me paraît pas devoir se limiter à ce que l’on appelle un parcours professionnel, familial, social. J’ai sans doute moi-même articulé le portrait de mon père d’abord autour de ces trois volets mais je m’en suis aussi servi pour effectuer des bifurcations vers d’autres aspects de sa personnalité. Pour ma mère, j’ai agi différemment. Après presque 10 ans d’introspection-exploration, je me retrouve face à ce qui impose un processus de décantation en terme d’évaluation. Ce qui a été écrit est un acquis; il ne s’agit pas de revenir là-dessus, mais juste de préciser des points, d’expliquer, par exemple, pourquoi j’ai parlé différemment de mon père et de ma mère. Ma première réaction est de considérer que mon propos sur ma mère a été extrêmement subjectif, émotionnel, très inspiré. Et puis, surtout, j’ai parlé d’elle de son vivant, en direct, pour ainsi dire. Elle le savait; je le lui avais dit. Mais j’ai aussi parlé d’elle après sa mort. Y a t-il eu une discontinuité entre les deux séquences dans la relation que j’en faisais au jour le jour? je ne le pense pas. Pour mon père, ce fut différent; j’avais évoqué un rattrapage à son égard. Tout ce qui le concernait et dont j’étais au courant était dans ma tête, mais sa verbalisation a pris du temps. J’aurais pu commencer à en parler sans recourir aux quelques archives dont je disposais; je l’ai fait un peu. Pour ma mère, je n’avais pas d’archives; au fond, je n’avais pas besoin de documents pour dire ce qu’elle m’inspirait. Je rendais compte d’une conversation au long cours, celle que j’avais avec elle au quotidien. Je relatais une présence tandis que pour mon père, je tentais de dire une absence sous le prisme d’éléments objectifs (son travail, son rapport à la famille…) Il m’arrive de penser que j’ai tiré le maximum de ce que je savais de lui à travers des documents, des photos, des témoignages, des articles de presse, mais je relativise aussitôt ce sentiment en me disant que je n’ai pas appréhendé sa vie tout à fait comme je l’aurais souhaité. En fait, ce qui reste en friche, c’est la dimension subjective de cette vie ou plutôt comment, moi, je pourrais la restituer à partir de mon imaginaire. Est-ce possible ? Oui…

Lamine Bey Chikhi

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Un remède de Proust

Posté par imsat le 18 avril 2018

En lisant Le temps retrouvé, je suis tombé sur un extrait dans lequel Marcel Proust évoque délicieusement quelques précautions à prendre à partir d’un certain âge pour ménager sa monture, se sentir bien dans sa peau, rester optimiste. C’est comme une ordonnance, une sorte de protocole articulé autour de trois ou quatre recommandations pratiques. Je l’avais recopié sur une feuille dont j’avais envoyé copie à mon oncle de Constantine. Il avait 80 ans, vivait seul et souffrait d’une maladie chronique. J’avais la conviction que les préconisations de l’écrivain lui seraient d’un grand secours, tout au moins sur le plan psychologique. J’y croyais d’autant plus fermement que j’attribuais au remède de l’auteur comme à l’ensemble de son oeuvre, un pouvoir magique. Je n’avais pas tort de le penser: mon oncle me fit savoir, après les avoir expérimentées, que les suggestions de Proust lui firent beaucoup de bien et qu’il les trouva au surplus joliment déclinées. C’était il y a dix ans. J’ai vainement cherché dans mes tiroirs la feuille sur laquelle j’avais noté l’extrait en question. Mon oncle ne s’en souvient plus. Il faut que je relise Le temps retrouvé.

Lamine Bey Chikhi

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