Bribes d’histoire -26-

Posté par imsat le 20 avril 2019

« Ecrire c’est se souvenir, mais lire c’est aussi se souvenir. Et c’est se comparer » (François Mauriac, Mémoires intérieurs).
Justement, en ce moment, je relis Mémoires intérieurs. C’est, je crois, la troisième ou quatrième fois que je le fais. Tout, dans ce livre, m’intéresse et, parfois même, me subjugue: le style, le sens de la nuance, l’extrême délicatesse des observations, la pertinence des comparaisons…Lorsque je replonge dans cet ouvrage, je ne le fais pas par hasard mais par nécessité, par besoin presque vital, pour mieux comprendre les choses surtout quand j’ai l’impression qu’elles m’échappent. Je le relis donc et je me souviens. Mais de quoi ? Eh bien, je me souviens parfaitement de nombre de bienfaiteurs d’autrefois au sein et en dehors de ma famille. J’ai déjà eu l’occasion d’en évoquer quelques-uns mais j’ai envie d’en parler de nouveau. Je pense à eux en même temps qu’à ceux qui bénéficiaient de leur générosité, de leur bonté. Et ceux-là leur étaient reconnaissants ad vitam aeternam.
Aujourd’hui, sauf quelques rares exceptions, les bienfaiteurs sont voués aux gémonies, carrément ignorés, oubliés, effacés de la mémoire, dénigrés, insultés, diffamés. Et c’est précisément ce que le Mouvement de contestation populaire Hirak nous donne aussi à voir. Dans le chapitre précédent, je me suis posé la question de savoir ce qu’est être Algérien aujourd’hui. En fait, j’avais mal formulé la question. La bonne question est la suivante: Qu’est-ce que, selon moi, devrait être un Algérien aujourd’hui ? Je suis même enclin à être plus précis : Qu’est-ce que, pour moi, l’Algérien idéal ? En réalité, j’y ai abondamment mais implicitement répondu à travers mes commentaires sur twitter depuis le 22 février. Il faudrait que j’en fasse une synthèse le moment venu, inchallah. Mais il faudrait aussi que je relie le tout à l’ensemble de ma réflexion introspective. Au fond, l’Algérien idéal est à la fois derrière-moi (il a bel et bien existé) mais il se niche également dans un processus de rattrapage lui aussi bien réel mais personnel, individuel. La démarche reste à peaufiner, à parfaire. On ne peut pas accélérer là où, au contraire, il faut s’appesantir, prendre le temps. Mauriac écrit : « Simplifier, c’est calomnier » Je suis d’accord avec lui et j’irais au-delà de son propos parce que j’observe dans notre société une simplification systématique dans l’appréciation des faits, des postures, des événements. Au reste, cette approche étriquée, expéditive, vulgaire à laquelle on assiste devient incontrôlable du fait de sa quasi généralisation. Violences verbales, stigmatisation, mensonges, tout cela se conjugue pour donner lieu à une régression particulière qui fait fi de toutes les valeurs morales, y compris les plus élémentaires d’entre-elles. Mauriac cite Maurice Barrès : « L’ignominie humaine est insondable » Nous y voilà ! Eh bien pour moi, l’Algérien idéal ce serait un être affranchi de l’ignominie ! Est-ce une utopie ?
Lamine Bey Chikhi

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