Bribes d’histoire-64-

Posté par imsat le 31 janvier 2022

Je cherchais des feuilles blanches. Je suis tombé sur une feuille pliée en deux sur laquelle j’avais écrit : « Réflexions sur le Coronavirus, 23 mars 2020″ C’était une liste de thèmes divers et variés, et a priori sans lien direct entre eux. Avaient-ils une connexité avec la pandémie. A ce moment-là, je ne le croyais pas. il me semble avoir noté les sujets ou les constats en question, peut-être en pensant confusément que le Covid n’avait pas surgi ex nihilo, n’était pas dissocié du désordre planétaire, des injustices mondiales, des conflits armés, du dérèglement climatique, etc. J’avais aligné des mots: « Mondialisation, interdépendance, individualisme, ultra libéralisme, guerres néocoloniales, déstabilisation-destruction d’une partie du monde arabe, consumérisme sans limite, crise spirituelle, démographie, déplacements de populations, folie des réseaux sociaux, fake news, mimétisme intellectuel, rien ne sera comme avant… » Et au verso de la feuille, j’avais énoncé d’autres mots, des éléments pour une « feuille de route » : « Nécessité de rentrer en soi-même, se recentrer sur autre chose, s’interroger, échelle des valeurs, chacun à sa place, assumer les conséquences de ses choix, restauration de l’autorité de l’Etat, Etat stratège… » J’avais également écrit quelques phrases elles aussi sans lien avec le reste. Je les restitue exactement comme je les ai retrouvées. « Ecrire, oui, mais écrire quoi ? Ecrire, chercher, trouver toujours quelque chose à écrire, quelle que soit la situation. Ecrire, c’est réfléchir, et c’est toujours utile. Il y a dix jours ou un peu plus, j’ai cru apercevoir HI. En fait, c’était elle, elle était sur le point de prendre un taxi, juste devant l’immeuble Le Mauretania. Il était 15 heures, il faisait beau. Elle portait un manteau marron-clair, un pantalon beige. On ne s’était jamais rencontrés. oui, c’était bien elle, j’en étais absolument sûr. Juste avant de traverser la rue, je l’ai regardée, elle m’a regardé. Et tout en la regardant, je pensais à la séquence finale du film Le Petit Lieutenant. Une scène magnifique dans laquelle on voit Nathalie Baye marcher lentement sur la plage, plongée dans une immense tristesse ou plutôt une méditation intérieure. Elle vient d’abattre l’assassin du Petit lieutenant. Mission accomplie. Elle fixe la caméra, elle nous regarde, un regard qui semble s’éterniser, profond, poignant et dont on ne veut pas se détacher. Eh bien, c’est cette impression de profondeur que j’avais ressentie en avançant en direction de HI. Je marchais en songeant à cette scène et surtout en m’imaginant interpréter un rôle sous un double regard, le sien et celui d’un metteur en scène imaginaire. Profondeur du regard mais aussi sensation du temps suspendu, d’une néantisation de l’environnement. Je jouais une scène mais j’étais conscient que cela faisait partie du réel. Et puis, tout en allant vers elle, je me disais que cette « rencontre » ou plutôt cette quasi rencontre avec HI mériterait d’être écrite parce qu’elle illustre assez bien ce que j’ai souvent pensé des convergences entre l’écriture, le cinéma, l’imaginaire, le hasard,  le réel…

Lamine Bey Chikhi

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