60 ans après l’indépendance…

Posté par imsat le 5 septembre 2023

1- La gouvernance politique
Mohamed Larbi Chikhi dit Babi
La gouvernance politique du pays a été fortement impactée dès les premiers mois de l’indépendance par les tiraillements entre les différents groupes rivaux potentiellement éligibles au pouvoir, mais aussi par le diktat de l’armée des frontières.
Ces faits sont connus de même que les dérives d’un régime qui ambitionnait de répondre aux besoins immenses du peuple alors que les moyens disponibles étaient réduits à la portion congrue, mais qui, dans le même temps, et pour d’étroites considérations politiciennes, allait très vite évoluer vers le culte de la personnalité, l’autoritarisme, la centralisation des décisions et surtout la concentration des pouvoirs entre les mains du Président Ben Bella.
 Le discours politique à la fois populiste et irréaliste finit par montrer ses limites d’autant que le processus d’un règlement de comptes entre diverses personnalités et divers clans dont celui de Boumediene ne faisait plus de doute, favorisant ainsi les signes avant-coureurs du coup d’Etat du 19 juin 1965.
Il ne paraît pas nécessaire de s’appesantir sur ces séquences qui sont de notoriété publique.
En revanche, ce qu’il est intéressant de relever, avec le recul, c’est la dimension historique du système politique, autrement dit les bases fondamentales ou les constantes d’un pouvoir dont la nature n’a guère varié depuis 1962 malgré des toilettages purement formels.
Chacun des présidents qui se sont succédé a souhaité avoir et a obtenu sa constitution, mais les caractéristiques cardinales du système sont restées en l’état, à savoir centralisation du pouvoir, prééminence de l’armée dans la prise des décisions stratégiques, autoritarisme, cooptation et clientélisme dans la nomination aux postes supérieurs, « équilibrisme » régional dans la distribution de ces postes…
La gouvernance politique est aussi intimement liée à la question de la légitimité.
Son fondement a longtemps été connecté à la légitimité révolutionnaire qui est en même temps adossée à une certaine vision de l’histoire.
De ce point de vue, il y a un continuité que les tenants du pouvoir ne se sont jamais privés d’invoquer notamment à la faveur de nombre d’événements commémoratifs.
On a  bien tenté l’ouverture démocratique après octobre 1988 via les élections communales de 1989 remportées massivement par le FIS, et on s’en est servi justement pour conférer une façade constitutionnelle et libérale à la politique du pouvoir.
Vinrent ensuite les législatives de 1992 dont le premier tour fut remporté par le FIS, puis l’interruption du processus électoral prélude à une décennie noire meurtrière (200 mille morts) et socio économiquement destructrice.
Chat échaudé craint l’eau froide.
Il n’est plus question de démocratie d’autant que l’Etat-nation a failli disparaître durant la décennie noire si l’armée n’était pas intervenue pour stopper les ambitions des islamistes.
Aujourd’hui, nous retrouvons des variantes du discours renvoyant à la légitimité historique, discours que l’on convoque lorsqu’il s’agit par exemple des questions mémorielles, du rapport à la France, de l’écriture de l’histoire, etc.
Ce rapport à l’histoire reste problématique et marque d’une certaine façon la difficulté à en faire une approche dynamique précisément et au moins dans son écriture.
 Il y a une redondance dans les revendications et quelques incohérences dans leur formulation, ce qui n’est pas sans conséquence sur notre relation avec la France où des courants politiques (droite et extrême droite) évoquent une rente mémorielle qui serait exploitée par les dirigeants algériens.
Macron lui-même s’était interrogé sur cet aspect et sur l’existence d’une nation algérienne avant 1830…
ML. Chikhi

Une Réponse à “60 ans après l’indépendance…”

  1. Slimani lyes dit :

    Faut ouvrir les archives écrire l’histoire de l’Algérie la classer, l’enseigner bien comme il faut tirer les leçons nécessaires.
    Démarrer le chantier de construction du pays, lancer les infrastructures nécessaires pour un pays organiser son élite local reformer l’éducation du primaire au dernier cycle faire des lois nécessaires arrêter la perturbations économique…….
    L’histoire de la guerre d’Algérie c’est bon c’est fini on a gagner la guerre c’est glorieux c’est bon.
    C’est l’histoire
    Créer une Algérie pour les algériens en urgence.

    Je te jure 45% des jeunes algériens ne connaissent pas les dates de la guerre d’Algérie c’est triste à dire mais crois moi c’est la réalité le fin fond de l’Algérie où se vit la misère c’est un autre monde et sa représente 70 % de l’Algérie
    Faut bien refaire les calculs si no on sera dans l’obligation à répéter l’histoire de la décennie noir

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