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« On ne se souvient pas des jours, on se souvient des instants »(Cesare Pavese)

Posté par imsat le 19 septembre 2023

Je croyais avoir tout dit ou presque au sujet de mes conversations avec ma mère.
Eh bien, 13 ans après sa disparition (19 septembre 2010), je me rends compte que tel n’est pas le cas.
Paix à son âme. Allah yerhamha.
L’absence, c’est le vide mais c’est aussi la quasi impossibilité de donner à une myriade de mots le même sens qu’autrefois, autrement dit le vrai sens.
Ces mots (convivialité, écoute, savoir-vivre, échange, compréhension, attention, humilité,  considération, tact…) ont certes toujours leur place dans le dictionnaire.
Cependant, dans les faits, ils ne sont plus incarnés. Pour moi, ils existaient à travers ce que ma mère disait et donnait à voir au quotidien. Oui, je me souviens des instants dont parle Pavese. Pas seulement de ceux que je passais avec elle. Je me remémore aussi ses conversations toujours détendues, agréables et joyeuses avec ses soeurs, certaines de ses cousines et quelques autres membres de notre famille. Mes flash-back sont les mêmes : ils mettent en exergue des moments délicieux que je visualise toujours avec émerveillement tout en sachant qu’ils sont révolus, impossibles à reconduire, à revivre. Est-ce excessif de réduire ainsi à néant les perspectives ? Non, puisque le constat est palpable, évident, indiscutable.
Et il l’est non seulement dans la proximité immédiate mais également dans la société.
Je mentirais si j’édulcorais la réalité à travers des propos fictifs et illusoires. Comment l’expliquer ?
Y a- t-il un rapport avec l’histoire ?
Oui, avec l’histoire appréhendée dans toutes ses dimensions (individuelle, familiale, sociale, nationale…)
Et c’est notamment parce que nombre de qualités et de valeurs morales (parmi lesquelles la conscience, le sens des choses et celui des nuances, d’ailleurs souvent évoqués par ma mère) ont cessé d’être ou sont devenues marginales et rarissimes, que le traitement de bien des problématiques connectées à l’histoire avec un grand H est généralement complètement faussé, d’autant que chaque intervenant croit détenir la vérité absolue. C’est aussi ce qui permet de comprendre en partie les tentations communes consuméristes et matérialistes qui n’épargnent presque personne. Que faire ? Raviver le souvenir des séquences heureuses. En écrivant. Car écrire, c’est aussi se souvenir. C’est une quête individuelle de la quintessence. Une quête sélective d’une haute exigence intellectuelle et spirituelle dans un contexte plombé par le bruit et la fureur du monde.
Lamine Bey Chikhi
 
 

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