Perspectives algériennes: un optimisme de volonté

Posté par imsat le 21 novembre 2023

Perspectives algériennes : un optimisme de volonté

 

Mohamed Larbi Chikhi dit Babi

Depuis que j’ai pris en charge, dès l’année 1990, la direction générale de la société de conception, de fabrication et de commercialisation de carreaux en céramique, j’ai contribué activement aux travaux de la CIPA (Confédération des industriels et producteurs algériens) et de la Fédération des céramistes dont j’étais le vice-président.
C’est d’ailleurs dans ce cadre que j’ai eu à formaliser un nombre appréciable de réflexions et d’analyses relatives à l’économie algérienne dans ses multiples aspects (soutien aux PME, financement bancaire, fiscalité, relation banque-entreprise, etc…)
Mes préconisations ont toujours pris appui sur le réel, autrement dit sur ma pratique managériale, mes relations avec les institutions économiques et financières nationales, ma connaissance des contraintes de l’économie locale et régionale, etc.
Un regard lucide et exigeant
C’est aussi grâce à l’expérience que j’ai engrangée en qualité de chef d’entreprise, expérience elle-même adossée à ce que je peux qualifier en toute humilité de précieux background historique lié à mon militantisme au sein de la Fédération de France du FLN, que j’ai toujours porté un regard à la fois lucide, objectif, compréhensif mais aussi exigeant sur les acquis, les insuffisances et les perspectives de la gouvernance économique.
J’ai fait face à des contraintes de toutes sortes (bureaucratie, pesanteurs sociales, lenteurs et blocages des dossiers de l’entreprise…) que j’ai dú surmonter pour que la Sarl que je gérais continue de fonctionner, de répondre à la demande de la clientèle en quantité et en qualité, et surtout de préserver coûte que coûte 200 postes d’emplois dans une zone enclavée et économiquement défavorisée.
Cela me permettait de cibler rapidement les goulets d’étranglement de l’écosystème national et du climat des affaires.
Mes multiples propositions à la Cipa étaient pragmatiques, réalistes et toujours accompagnées de modes opératoires précis et fluides.
Malheureusement, pour diverses raisons et obstacles de type bureaucratique (mais pas seulement), la prise en charge des propositions en question au niveau des superstructures institutionnelles a souvent été chahutée voire carrément parasitée.
Cela est d’autant plus déplorable qu’une partie importante des diagnostics et analyses concernés s’inscrivaient dans une démarche prospective à moyen et long terme en lien avec diverses thématiques (réforme bancaire, accompagnement des PME, IDE, partenariat…)
Aujourd’hui, le constat est indiscutable: Les préconisations formulées il y a près de 20 ans restent d’une brûlante actualité.
Il ne me paraît pas excessif ni présomptueux d’affirmer que si elles avaient été prises en considération, cela aurait contribué à réformer bien des secteurs qui en avaient grandement besoin.
La diversification de l’économie nationale que les autorités et tous les opérateurs économiques appellent de leurs voeux depuis au moins deux décennies afin de limiter substantiellement notre dépendance aux hydrocarbures, continue de buter sur une bureaucratie tentaculaire qui sévit à tous les niveaux.
Cette bureaucratie que les plus hauts responsables du pays ne cessent de dénoncer reste omniprésente et omnipotente en dépit des changements opérés périodiquement par le Président de la République au niveau de l’encadrement des ministères, des Wilayas et des entreprises publiques économiques.
Une bureaucratie omnipotente et tentaculaire
Les solutions préconisées ces dernières années pour mettre un terme à la bureaucratie par la numérisation et donc la fluidification du management, des procédures et du traitement des dossiers d’investissement semblent, elles aussi, tenues en échec soit au niveau local soit au niveau central.
En 2022, le Président de la République a dû instruire le Médiateur de la République pour qu’il débloque quelques 3000 projets d’investissement  qui étaient en souffrance dans diverse wilayas.
Cela signifiait clairement que le gouvernement (ministres, walis et divers autres intervenants institutionnels) n’avaient pas fait leur travail.
Peut-on entrevoir positivement les perspectives algériennes alors que des réformes fondamentales (subventions, privatisation de banques publiques, sureffectifs de la fonction publique, gestion locale, assainissement du secteur public, etc) annoncées à maintes reprises, sont systématiquement reportées sine die ?
Des atouts considérables 
Les atouts dont dispose l’Algérie (un potentiel fabuleux de ressources minières, une position géo-stratégique privilégiée, etc.) incitent à l’optimisme s’ils sont exploités rationnellement et pragmatiquement.
La situation financière du pays (réserves de change appréciables et niveau insignifiant de la dette extérieure ) est favorable.
Il ne faut surtout pas céder à la tentation de continuer à distribuer la rente pétrolière sans contreparties.
La poursuite du traitement social de notre économie et de dépenses publiques inconsidérées serait extrêmement préjudiciable voire suicidaire.
Les décisions à prendre concernant les réformes indispensables sont tributaires des arbitrages que l’Etat doit opérer d’abord et avant tout dans sa politique sociale.
On ne saurait zapper cet impératif stratégique sans faire prendre à notre pays des risques considérables d’autant que notre économie n’est pas du tout à l’abri d’un retournement du marché pétrolier et d’un retour à l’endettement extérieur.
C’est cette anticipation que la direction politique du pays gagnerait à engager dans les meilleurs délais pour mettre en evidence les décisions à même de concrétiser les réformes nécessaires dans des conditions socio économiques consensuelles.
S’il existe une réelle volonté politique à cet égard rien ne devrait s’opposer à ce que les objectifs cruciaux pour notre pays se réalisent dans le cadre d’un échéancier précis et de nature à crédibiliser le discours politique et économique des dirigeants.
Anticiper les risques
En d’autres termes, il est absolument nécessaire que les décideurs prennent en compte l’évidente interdépendance du politique et de l’économique pour faire face aux nombreux défis induits par les bouleversements géopolitiques et stratégiques mondiaux auxquels nous assistons et dont certains connaissent une incroyable phase d’accélération.
L’interdépendance du politique et de l’économique renvoie aussi à la perception dans le champ social et médiatique non seulement du discours politique de l’Etat mais également de la pratique économique et du type de réponses que l’on apporte aux diverses préoccupations des citoyens.
La question est de savoir ce qu’il convient de faire et comment il faut le faire pour que s’instaure une réelle confiance entre l’Etat et les citoyens.
Ce rapport à besoin d’être refondé de telle sorte qu’il génère l’adhésion et la participation sincère et volontaire des citoyens à la politique de l’Etat.
Dans cette optique, le fonctionnement des institutions politiques nécessite lui aussi plus qu’un toilettage; il s’agit d’aller réellement vers l’instauration d’une démocratie participative sur la base de règles concertées et fixant des lignes rouges à ne pas franchir.
Enfin, la référence à l’histoire qui semble avoir été figée et circonscrite à des points de repères sans réel impact sur la jeunesse, doit être rénovée si l’on veut qu’elle aide à la compréhension des enjeux actuels et à l’élaboration de projections fiables.
C’est ce travail qu’il convient d’accomplir pour donner aux citoyens, aux jeunes en particulier des raisons de croire vraiment en un avenir meilleur.
Et parce que je suis pour ma part résolument optimiste quant aux perspectives de notre pays, je fais complètement mienne et je partage la citation suivante:
« Les optimistes enrichissent le présent, améliorent l’avenir, contestent l’improbable et atteignent l’impossible ». (William Arthur Ward)
Mohamed Larbi Chikhi dit Babi

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