I comme Italia -112-

Posté par imsat le 30 août 2025

« En août, je suis toujours amoureuse du passé, du parfum du pin, de l’idée de toi. »
(Marina Tsvetaïeva, à Boris Pasternak, 1926)
Le 30 août 2025.
 
Lamine…
Cher Lamine,
À cette heure, où le crépuscule lentement effleure et drape le monde d’un voile de soie mordorée, je vous écris.
La chaleur de votre voix s’attarde dans l’air comme un parfum.
Penser à vous c’est plonger dans un dédale de sensations, où chaque image de vous – votre regard, votre voix, le contour de vos  mains – s’éveille comme une note sensuelle.
À cette heure, je suis à Catane et je suis heureuse de vous avoir dans ma vie, d’une joie qui s’enroule autour de moi comme la soie contre la peau. 
Et je vous écrirai cette lettre encore et encore, mille fois, dans le sable, dans l’air, dans mon cœur.
 
Ivana 
 P.S.1 : hier, je me suis attablée chez Savia la meilleure pâtisserie de Catane, la plus ancienne aussi (1897)

J’y ai dégusté un granité sicilien aux amandes avec chantilly et brioche, comme vous les aimez…
P.S.2 : Pourquoi ne pas lui dire que vous savez qu’il est là, pensant à vous, se préoccupant de vous, et que vous vous sentez en sécurité ?
Je veux que tu m’enlaces. Enlace-moi toute la nuit. Caresse mes cheveux. 
Jusqu’à ce qu’il y ait que maintenant.
Toi et moi… et maintenant.
(Pablo Neruda)

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I comme Italia -111 -

Posté par imsat le 27 août 2025

« Je t’aime dans le temps. Je t’aimerai jusqu’au bout du temps. Et quand le temps sera écoulé, alors, je t’aurai aimée. Et rien de cet amour, comme rien de ce qui a été, ne pourra jamais être effacé. » (Jean d’Ormesson )
Le 27 août 2025
Ivana, mon espérance,
Votre voix !
Telle que je l’imaginais, chaude, douce, discrète, tendre.
Merveilleuse.
La langue de Molière parlée par une italienne géniale et charmante prénommée Ivana, c’est vraiment captivant.
Merci.
Je savais que vous me surprendriez.
Votre voix, je vais l’entendre et la réentendre cette nuit.
Et demain et les autres jours.
Elle me tiendra compagnie.
Et c’est vous, à travers votre voix, qui êtes avec moi.
Je vous souhaite un agréable séjour en Sicile.
Reposez-vous bien et profitez au maximum des belles choses de là-bas.
Je suis heureux de vous lire et de regarder vos jolies photos.
Sur celles que vous avez prises à Neapolis, Syracuse, vous êtes superbe. Oui, superbe !
Merci pour le petit texte sur la joie que je vous inspire.
Vous méritez tout le bonheur du monde.
Et je suis moi-même heureux de vous savoir joyeuse et sereine. 
Cela se voit sur votre visage. Vous êtes Zen, détendue et vous dégagez un charme particulier. J’aime la couleur fauve de vos cheveux, votre teint, votre regard dont je devine la profondeur derrière 
vos lunettes.
Quand vous descendez les escaliers, vous le faites délicatement.
J’aime votre délicatesse.
Vous êtes  belle !
Et craquante !
Je suis ravi de vous lire et de vous voir.
Syracuse, la Sicile. cela m’évoque nombre de films dont Ulysse avec Kirk Douglas et Silvana Mangano ou encore L’Avventura d’Antonioni avec Monica Vitti et Léa Massari.
Et puis il y a la magnifique chanson « Syracuse » d’Henri Salvador.
Je suis content de vous savoir dans un lieu où vous passez des vacances amplement méritées après une année de travail et de rigueur.
Vous me dites :
« À cette heure, à Neapolis, Syracuse,
Il y a quelqu’un qui est heureux de vous avoir dans sa vie. »
Et moi, je vous réponds tout de go :
« En ce moment, à Alger, où la vague de chaleur persiste, il y a quelqu’un qui est heureux de vous avoir dans sa vie. »
Je vous l’ai dit plusieurs fois. Vous le savez bien.
À chaque fois vous me répondez : Vraiment ?
Et moi, je vous dis toujours : Oui, vraiment
Lamine
PS: quand vous parlez en français, vous avez un peu l’accent anglais.
SVP, vous seriez aimable de me dire quelques mots en italien, dès votre retour à Rome, choisissez-les parmi ceux que vous m’écrivez habituellement en français pour me taquiner ou pour me dire métaphoriquement que vous m’aimez.
Lamine Bey Chikhi.
 
 

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I comme Italia -110 -

Posté par imsat le 23 août 2025

« Une phrase bien construite me semble néanmoins posséder son existence indépendante. Et je me rends bien compte que les meilleures phrases sont probablement fabriquées dans la solitude… » (Virginia Woolf)
Le 23 août 2025
Lamine,
Quelle délicieuse surprise que votre vidéo du 18 août !
Et votre voix !
Très élégante… un ton d’un charme discret…
Je vous imagine, là-bas, dans votre chambre… la porte blanche… sous le ciel d’Alger,  qui pèse lourd de chaleur et de mémoire, laissant vos mots.
Ils m’ont enveloppée.
J’ai fermé les yeux pour chercher dans leur cadence votre histoire, vos pensées et vos errances…
Merci pour ce moment figé dans le temps.
Pour cette merveilleuse surprise.
“Cette joie que je dois à Lamine me suffit tout à fait.”
Il dit : “Vraiment ?
Pouvez-vous me le confirmer ?”
Son intonation est suspendue entre la curiosité et le désir de sonder l’âme de sa muse.
Elle le regarde et, dans un souffle délicat, elle répond: “Oui, vraiment, car la joie que vous me donnez est pour moi une de ces rares émotions qui illuminent l’âme tout entière.”
Je vous embrasse. J’embrasse votre voix
 
Ivana 

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I comme Italia -109-

Posté par imsat le 19 août 2025

« À cette heure.
Quelque part dans le monde. 
Il y a quelqu’un qui est heureux de vous avoir dans sa vie ».
(Walter Riso)
Le 19 août 2025
Ivana, ma destinée,
Décidément, je suis incorrigible.
Encore une fois, j’avais préparé une belle réponse à votre sublime lettre du 13 août, mais par inadvertance, je l’ai effacée.
Je suis maladroit.
Je suis contrarié.
Je me rattraperai demain ou un autre jour.
Je crois que c’est parce que je suis tellement euphorique en vous lisant que cela finit par me déconcentrer au moment même où je commence à vous écrire.
Pardonnez-moi.
Vos photos du Lac de Côme sont très belles.
Votre vidéo aussi.
J’espérais entendre votre voix. Pas celle qui passe nécessairement par les mots de la littérature ou de la poésie. Non, plutôt celle qui ressemble à la voix posée, un peu lointaine, modérément audible que vous aviez en évoquant brièvement l’Isola di San Giulio dans votre vidéo du 19 juillet.
Ça ne fait rien, ce sera pour la prochaine fois.
Je sais que vous le ferez un jour
Vous choisirez le bon moment et me surprendrez.
Vous me surprenez toujours. C’est aussi ce que j’aime en vous.
Je vous le redirai autrement demain soir ou un autre jour.
Le soir, j’écris mieux et plus facilement.
Votre absence et votre silence durant 12 jours m’ont inspiré les chapitres 106 et 107 plutôt mélancoliques. J’y exprime quelques appréhensions, vous les avez comprises, vous m’avez compris.
« Vos doutes, je les prends dans mes mains comme des galets et je les jette loin de nous »
Merci pour cette merveilleuse phrase qui m’apaise et me rassure.
Ivana, savez-vous ce que vous avez de plus que toutes les autres femmes réunies, outre les nombreuses qualités que j’ai déjà citées dans nos conversations ?
Moi, je le sais et je vous le dirai ultérieurement via une ou deux lettres.
Et le plus en question fait de vous une femme unique, transcendante et intemporelle.
Au fait, Ivana, avez vous gardé la vidéo d’il y a deux ans dans laquelle on vous voit emprunter des escaliers menant à votre domicile?
Je crois que vous étiez sortie promener votre caniche.
Dans mon commentaire, j’avais écrit que vous étiez élégante, que votre démarche était sensuelle, voluptueuse; vous vous êtes à peine retournée, deux ou trois secondes, mais votre visage était évanescent…
Pour moi, c’était une séquence Fellinienne…
J’aimerais bien la regarder de nouveau.
Vous savez que je suis un grand nostalgique.
Ivana,
J’ai la nostalgie des spaghetti bolognaises, comme celles que vous avez préparées pour votre dîner de samedi dernier.
J’en mangeais souvent à La Roue, un sympathique restaurant italien, rue Debussy, à Alger.
J’ai la nostalgie de mon enfance, de mon adolescence, des vieux quartiers de ma ville natale.
Je suis nostalgique des années de lycée et des années facs.
J’ai la nostalgie des rencontres et conversations conviviales d’autrefois.
Je suis nostalgique du cinéma et des chansons des années 60, 70 et 80.
Je suis nostalgique de tous les délicieux gâteaux et tous les plats raffinés de ma mère,
J’ai la nostalgie d’Alger quand je la quitte même brièvement.
Je suis nostalgique du Docteur Jivago, du Samouraï, de Plein soleil, de Marie Laforêt, d’Anna Karina, Léa Massari, Anouk Aimée, Barbara, Jean Ferrat, Serge Reggiani.
Je pense souvent à Antonioni et Monica Vitti, à Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant, au Train de Pierre Granier Deferre, au Vieux fusil, à la formidable bande annonce des Grandes gueules avec Bourvil et Lino Ventura, à Gian Maria Volonté dans Enquête sur un homme au-dessus de tout soupçon d’Elio Pétri avec Florinda Bolkan, à Jacques Brel dans Les Risques du métier, à Hiroshima mon amour, à Marlon Brando dans Sayonara…
Ivana, je suis nostalgique de vous, de ce que vous êtes, de vos souvenirs, de votre charme singulier, de votre regard, de votre corps, de votre visage, de votre générosité, de votre sensibilité.
J’ai la nostalgie de votre sérénité, de votre gentillesse exceptionnelle, de vos phrases métaphoriques,
Je suis nostalgique de votre inspiration poétique, de votre respiration, de votre souffle, de votre voix, de vos baisers, de vos mains, de votre délicatesse.
Je suis nostalgique de votre rapport au passé, des bribes de rêves que vous m’avez racontés, de votre amour pour la langue de Molière, pour le style de Modiano et la coquetterie de Jane Birkin, pour Bologne et Pier Paolo Pasolini, pour la cité éternelle…
Je vous embrasse intégralement.
Lamine 
 
PS: Récemment, vous m’avez dit :
« Cette joie que je dois à Lamine me suffit tout à fait »
Vraiment ?
Pouvez-vous me le confirmer ?
Lamine Bey Chikhi
 

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I comme Italia -108 -

Posté par imsat le 13 août 2025

« Ils se regardent, se regardent jusqu’aux larmes. Et pour la première fois de sa vie elle dit les mots convenus pour le dire – les mots des livres, du cinéma, de la vie, de tous les amants : Je vous aime »  (Marguerite Duras)

Le 13 août 2025
Lamine…
Mon Cher Lamine,
Je suis ravie de vous lire, de savoir ce que vous pensez, ce que vous ressentez.
Vous me dites: “Je souffre parce que je vous aime.”
Dans votre voix tremble une vérité nue : ces mots portent en eux l’absurde beauté d’un désir qui consume.
Aimer c’est à la fois une quête de sens et une source d’angoisse, un labyrinthe où se perd soi-même.
Si votre cœur souffre, le mien bat pour vous.
Pour vous entourer de passion brûlante et de douceur.
Je rêve d’être le chocolat que vous portez à vos lèvres.
Le chocolat qui fond sous la chaleur de votre souffle.
Je me dissous dans l’intimité de votre palais, là où le monde n’existe plus.
Il y a seulement vous et moi.
Suis-je une saveur que votre mémoire aura inventée ?
Non.
Je suis réelle.
Je suis à Bellagio.
“Un spectacle fait pour le plaisir des yeux.” – écrivait dans son carnet de voyage Gustave Flaubert.
Dans mes yeux des paysages à couper le souffle, des villas qui ont quelque chose de magique et mystérieux, et l’ambiance romantique du Lac de Côme.
Je pense à vous et vous êtes là, à Alger, et, dans vos beaux yeux verts, la mer, infinie.
Ici, je suis assise au bord de cette étendue, là où les montagnes s’agenouillent et je sens votre absence comme un vers manquant dans l’ode infinie du lac.
Je flâne dans les ruelles en escalier (comme la Salita Serbelloni) bordées de boutiques artisanales, de cafés et de restaurants.
Je vois votre visage dans la foule, dans le frémissement des vagues, dans l’ombre douce des villas qui bordent l’eau, qui ont une nonchalance voluptueuse, dans le vol d’un oiseau qui traverse le crépuscule.
Vous êtes partout et, pourtant, si loin.
Le lac murmure des choses que je ne comprends pas tout à fait, mais qui parlent de nous.
Il me raconte que l’amour vit dans l’instant, dans le frôlement d’une pensée, dans la lumière qui tremble sur l’eau et qui, je le sais, vous parvient.
Je vous écris pour ancrer cet instant, pour que vous sachez que, même ici, à Bellagio, où tout est beauté et dolce vita, c’est vous que je vois, vous que je respire.
Et si sous votre ciel lointain, vous sentez une brise tiède caresser votre visage, fermez les yeux : ce sera moi, portée par le vent du lac.
Ivana
P.S. : Je pourrais savourer un risotto au perche frit ou un bon poisson du lac.
Puis, à la Gelateria Vecchio Borgo un délicieux  Mediterraneo, mélange de figue, miel et amande.
Je vous souris et je vous embrasse.

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I comme Italia -107 -

Posté par imsat le 12 août 2025

« Fais que chaque heure de ta vie sois belle. Le moindre geste est un souvenir futur.” (Claude Aveline)
Dans mon texte du 10 août, j’ai utilisé le présent pour évoquer mon échange épistolaire avec Ivana.
En vérité, j’avais d’abord envisagé d’en parler au passé. Pourquoi ? Je n’ai pas tout de suite songé aux raisons de cet attrait sans doute inconscient. Des idées ou plutôt des hypothèses se téléscopèrent dans ma tête.
Je me disais : « Si je devais écrire ce chapitre au passé, cela pourrait préter à confusion et signifier implicitement la fin de notre dialogue. Comment l’expliquer alors que nous avions discuté de la perspective d’une prolongation de notre correspondance au-delà de ce qui en constituerait la première partie ? » En tout cas, l’appréhension était là, la fin de quelque chose d’essentiel me traversa l’esprit. La fin d’une superbe et magnifique histoire. « Si cette rupture survenait, pour diverses raisons, j’en ferais une source d’inspiration. Je cèderais à la tentation de la nostalgie créatrice, ce ne serait donc pas un échec total » me disais-je comme pour me rassurer. Faut-il décrypter ma crainte et mon semblant de sérénité ? si oui, de quelle manière ? J’avais déjà imaginé tous les scénarios possibles, dans des moments de spleen, mais il me fallait aussi et en même temps disserter sur ma capacité à faire face à l’hypothèse la moins agréable, la moins dommageable sur le plan mental, et par conséquent à élaborer une prise en charge susceptible de renforcer ma résilience potentielle.
C’est d’ailleurs pourquoi je ne me suis jamais contenté d’apprécier les choses en silence, ni de les accepter ou d’en jouir telles quelles. Il m’a toujours fallu chercher à comprendre, à anticiper les évolutions probables, à m’interroger. En ce sens, je n’ai jamais été totalement ni absolument romantique ou utopiste.
La raison a toujours été présente en amont, en aval, et souvent en filigrane de mes soliloques….
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -106 -

Posté par imsat le 10 août 2025

« Sans te chercher, je te trouve de tous les côtés, principalement quand je ferme les yeux. » (Julio Cortazar)
Je lui demande souvent de me croire parce que tout ce que je lui dis est vrai.
Nous faisons, elle et moi, le maximum pour que notre échange épistolaire reste limpide, convivial, et fécond.
Parfois, cependant, il m’arrive d’écrire des choses sur lesquelles j’aimerais rebondir en temps opportun pour les nuancer ou les préciser, et éviter ainsi les maladresses, les malentendus, les interprétations erronées.
Tout récemment, à deux ou trois reprises, je l’ai presque suppliée de me ménager et de faire en sorte que je devienne raisonnable dans l’expression des sentiments que j’éprouve pour elle.
Ainsi formulée, ma sollicitation pouvait laisser croire qu’elle serait responsable en quelque sorte de mon incapacité à atténuer ma passion.
Eh bien, aujourd’hui, je l’affirme clairement, elle n’est pas du tout en cause dans ma façon de lui dire à quel point elle est importante pour moi.
La responsabilité m’incombe totalement et c’est ce que je tenais à souligner.
Certes, je ne cesse de rappeler et d’expliquer la fascination qu’elle exerce sur moi en raison de ses innombrables qualités, de son charme, son tact, sa douceur, son style d’écriture, sa bienveillance mais mes réflexions dans ce sillage sont subjectives, personnelles et relèvent de l’intime conviction. Je veux dire par là que ce n’est pas intemporel et que finalement tout est relatif. Et puis, l’intime conviction comporte des limites, elle n’est pas indiscutable.
En tout cas, c’est moi et moi seul qui suis responsable d’avoir interprété peut-être abusivement ou excessivement tout ce qui fait d’elle une femme d’exception.
Elle ne me l’a jamais demandé, mais c’est moi qui l’ai mise sur un piédestal, à juste raison d’ailleurs.
Elle me fait souvent remarquer que j’exagère dans mes propos, que c’est beau mais que c’est un rêve.
Et en vérité, même lorsqu’elle me le dit à sa manière, avec ses mots et sa sensibilité, elle me captive encore plus…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia-105-

Posté par imsat le 5 août 2025

« Car il y a des rencontres qui sauvent. Elles vous saisissent au corps, elles vous soulèvent du sol auquel vous êtes englué, elles vous font passer de la nuit à la lumière. » (Laurence Tardieu)
Le 5 août 2025
Ivana, mon autre moi-même
Dans votre lumineuse lettre du 1er août vous citez Patrick Modiano, Guy de Maupassant, Alda Mérini…
Notre récit transcende notre histoire. Citer des auteurs, c’est leur rendre hommage mais dans notre cas, dans le contexte de « I comme Italia », nous les impliquons activement.
Ces écrivains comme tous les autres que nous évoquons cautionnent notre histoire, nous les prenons à témoin comme pour prouver et conforter nos sentiments respectifs.
Nous les citons aussi parce que leurs oeuvres sont intemporelles, et la référence à cette transcendance du temps confère à notre échange épistolaire une dimension particulière. C’est une histoire d’aujourd’hui mais qui ressemble à des histoires d’autrefois tout en conservant ses spécificités.
« I comme Italia », c’est vous, c’est moi, c’est une certaine Italie, une certaine Algérie, c’est la Méditerranée comme on l’aime, c’est le hasard ou le mektoub, c’est la civilisation, la culture, le miracle des rencontres exceptionnelles au sens où l’entend le philosophe Michel Serres.
« Les belles âmes se rencontrent »: cette phrase est dans ma tête depuis très longtemps. J’y croyais d’abord modérément. Et puis progressivement, j’ai pu observer sa réalité, son effectivité, depuis nos premiers échanges via twitter.
Combien de temps cela allait-il durer ? Je n’en savais strictement rien. J’avais des moments de doute à cause de l’éloignement, des frontières, de la quasi impossibilité pour moi d’aller et venir comme je le voudrais, librement, sans entrave, sans visa ni discrimination.
Mais notre histoire, c’est aussi un environnement concurrentiel, une certaine rivalité. Ivana, vous avez pas mal de courtisans et c’est normal. Je ne vois pas pourquoi vos admirateurs ne seraient pas fascinés comme je le fus personnellement dès le début.
C’est d’ailleurs un peu à cause de cette concurrence que j’ai conçu le projet d’écrire un récit.
« I comme Italia » c’est donc au départ une volonté de me démarquer des autres. Mes rivaux peuvent se déplacer facilement et librement dans l’espace européen. Et ainsi, vous rencontrer physiquement, vous voir…
Ce n’est pas mon cas. Il me fallait donc remédier à cette situation par l’écriture, pas seulement par le biais de twitter, mais en inscrivant notre histoire dans un récit afin que je puisse penser à vous tous les jours, et que mon sentiment à votre égard reste intense, vif et créatif.
J’ai vite compris l’intérêt que vous portiez aux mots, à la littérature, à la poésie.
Je retrouvais mon optimisme surtout quand le récit s’est métamorphosé en un échange épistolaire.
Et puis, il y a nos conversations privées.
Vous êtes à Modène. Vous avez acheté une robe longue vert foncé.
J’aime le vert foncé.
J’aime les robes longues que vous portez.
Elles vous vont à merveille.
Modène, un joli nom.
Vous avez dégusté une glace à la vanille avec de la chantilly .
Au dîner vous avez mangé des escalopes au citron.
Et au dessert, des abricots.
Ivana, vos mots sont irrésistibles !
Ils le sont parce que c’est vous qui les dites, qui les écrivez.
Vous incarnez la nature, le monde, les plaisirs de la vie, la sensualité, la joie de vivre..
Vous valorisez le moindre mot.
Tout ce que vous touchez se transforme en or, bonheur, joie !
Voilà pourquoi et pour plein d’autres raisons, je vous adore.
Ai-je raison de vous aimer à ce point ?
Est-ce sage de ma part ?
Vous : Je vous embrasse avec la tendresse du soleil qui caresse l’horizon.
Un soleil brûlant.
Moi: le soleil brulant, est-ce votre corps ?
Vous: Oui, c’est le soleil d’Alger mais aussi mon corps…
Moi: Alors là, chère Ivana, je suis époustouflé, complètement à votre merci.
Ma liberté est entre vos mains.
Le pouvoir que vous exercez sur moi est total, absolu, sans concession.
A qui me plaindre ?
A vous naturellement.
Pourquoi me plaindre ?
Ménagez moi, dites-moi juste ce que je dois faire pour continuer à vous aimer raisonnablement.
Je l’ai déjà écrit: je suis en train d’aimer à perdre la raison.
En même temps, je me sens tellement bien quand je vous étreins…
Lamine
PS:  Quand vous irez en Sicile, n’oubliez pas de penser à moi. Deux ou trois photos de là-bas me feraient plaisir. Merci d’avance.
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -104 -

Posté par imsat le 1 août 2025

« Je me souviens d’avoir serré Yvonne contre moi en pensant que jamais je ne pourrais me passer de l’odeur de sa peau et de ses cheveux et que les musiciens jouaient Tuxedo Junction »
(Patrick Modiano, Villa Triste)
 Le 1er août 2025
Lamine…
Cher Lamine,
Comment allez-vous ?
Ici il pleut.
Je pense à vous, mon envoûtant rêveur.
Il dit : “Sommes-nous juste des narrateurs, des personnages du récit ? Sommes-nous amoureux l’un de l’autre ou de ce que nous incarnons ?”
Elle dit: “Mais si ce récit n’était pas entièrement le nôtre ? »
Si nous n’étions que des ombres mouvantes dans un théâtre plus vaste, notre amour un murmure dans le grand livre de la vie, une page tournée par des mains invisibles ?
Si nous ne sommes que des conteurs qui tissent avec soin les fils dorés de notre passion, qui dessinent des arabesques d’amour dans l’étoffe fragile du temps ?
Ou si notre amour n’est que la vérité nue, le cri silencieux de nos âmes mises à nu ?”
Mais au fond, qu’importe la réponse ?
Nous sommes à la fois l’auteur et l’œuvre.
Notre amour, c’est une histoire que nous nous racontons dans la pénombre, tissée de désirs et de passions, de joies et d’émotions, de silences.
Et dans ce récit, dans cette danse fragile entre réalité et illusion, nous trouvons un sens, une raison d’être, un éclat de bonheur.
“J’aime les gens qui choisissent avec soin les mots à ne pas dire” (Alda Merini).
Elle ne parle pas seulement des mots.
Elle parle d’une élégance secrète, d’une retenue pleine d’attention, d’amour.
Elle parle d’une pudeur infinie.
Ces mots d’Alda Merini semblent dire que le silence est un art, une danse subtile entre ce qui est dit et ce qui est tu.
C’est une ode à la délicatesse du silence.
Et si la vie, au fond, n’était qu’une longue conversation avec l’ineffable, où les mots non dits sont les seuls à dire l’essentiel ?
C’est une poésie du manque, une élégie du silence, où chaque mot tu est une caresse, un geste suspendu.
Aimer ceux qui choisissent ces mots absents, c’est aimer les gardiens d’un mystère, ceux qui, dans l’ombre, sculptent l’invisible avec une tendresse déchirante, laissant au vent le soin de murmurer ce qui ne peut être dit.
La grande poétesse italienne voit dans ce choix une forme de sagesse, une chorégraphie délicate de l’âme, où l’on pèse chaque mot non dit comme on soupèse une pierre précieuse.
Le silence, quand il est choisi, n’est jamais muet : il parle, il raconte, il caresse.
Le non-dit devient une musique, un écho qui résonne dans l’intimité.
Mon Cher Lamine, j’aime les mots que vous choisissez.
Vous suivez une pulsation intérieure, un élan qui jaillit de l’âme et se fraie un chemin vers la voix.
C’est une danse, un abandon guidé par l’instinct, où l’on cueille ce qui vibre, ce qui chante, ce qui porte en soi une vérité.
Je vous embrasse, je vous donne un paradis de baisers
Ivana
P.S.:
-Tu es amoureux?
-Non, elle me trouble, me séduit et m’inquiète, m’attire et m’effraye.
Je me méfie d’elle comme d’un piège, et j’ai envie d’elle comme d’un sorbet quand on a soif. Je subis son charme.
-Je te dis que tu es amoureux.
-C’est possible après tout. Elle me préoccupe beaucoup… J’y songe trop, je pense à elle en m’endormant et aussi en me réveillant, c’est assez grave. Son image me suit me poursuit, m’accompagne sans cesse toujours devant.
(Guy de Maupassant)

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