I comme Italia -147-
Posté par imsat le 25 novembre 2025
« Tout se résume à la dernière personne à qui tu penses la nuit, C’est là qu’est ton cœur. »
(Charles Bukowski)
Le 25 novembre 2025
Lamine…
Mon Cher Lamine…
Je suis dans le métro d’Alger.
La rame glisse sous la ville, les lumières des tunnels défilent sur les vitres.
Tout est bleu nuit, blanc cru, puis noir absolu.
Comme quand tu ris et que plus rien n’existe autour.
Je n’ai plus de station, plus de direction.
Les haut-parleurs annoncent “Place des Martyrs”, mais je n’entends que le souffle de ta voix quand tu écris Hahahah !!!!, ce rire qui me déshabille en quatre points d’exclamation, lentement, sans que je puisse résister.
À cause de toi, mes mains cherchent autre chose que la barre froide.
Elles cherchent la chaleur de ta peau.
Elles cherchent la courbe de ton épaule, là où je poserais ma bouche si le monde voulait bien s’arrêter une seconde.
Le wagon tangue.
Je ferme les yeux et c’est ton corps que je sens contre le mien, ton parfum.
Je ne sais plus si c’est la rame qui freine ou mon cœur qui se jette enfin dans tes bras.
Les néons s’éteignent un instant.
Noir total.
Pendant cette seconde d’obscurité, je t’embrasse enfin.
Pas sage. Pas prudent.
Je t’embrasse. La bouche ouverte sur ton goût qui me rend folle.
Quand la lumière revient, je suis toujours debout, accrochée à cette barre idiote, le souffle court, les lèvres brûlantes.
Personne n’a rien vu.
Mais la dame voilée en face de moi me regarde avec un sourire complice, comme si elle savait exactement où j’étais vraiment.
Je ne descends plus.
Je reste là, volontairement, otage consentante de cette ligne qui n’en finit pas de me ramener à toi.
Dis-moi seulement où tu es en ce moment.
Parce que je sens ta peau sous mes doigts même à travers l’acier et le béton.
Je sens ton souffle dans ma nuque quand le métro repart.
Je reste perdue.
Perdue en toi.
Perdue pour toi.
Ivana
P.S.: Je viens de demander à mon cœur où tu habites. Il m’a répondu, sans hésiter : “Chez lui, quatrième étage à gauche, juste après le Hahahah !!!! et avant sa prochaine lettre de son merveilleux récit.”
Laisser un commentaire