I comme Italia -12-

Posté par imsat le 23 février 2024

« Écrire, c’est dire quelque chose à quelqu’un qui n’est pas là. Qui ne sera jamais là. » (Georges Perros)
En découvrant cette citation, j’ai immédiatement pensé à I comme Italia. Pourquoi ? Eh bien, parce que justement elle est là sans être là, littérairement et intellectuellement. C’est une alternance absence-présence. Dans les deux cas, je ne suis pas indifférent, je réagis. Elle est dans mes pensées.
Et puis, j’ai fini par nuancer mon appréciation en me rappelant tout simplement avoir beaucoup écrit précisément pour dire des choses à nombre de personnes qui n’étaient pas là ou dont je savais qu’elles avaient disparu, je veux dire physiquement. Cela concernait aussi celles qui avaient quitté l’Algérie pour diverses raisons
Je crois l’avoir déjà dit: la littérature, c’est ça. Pas besoin d’inventer des histoires, une fiction, un scénario pour dire ce que l’on a envie de dire, ce que l’on pense. Il faut juste écrire au bon moment sans chercher la complexité ou la rationalité. Oui, j’ai en effet d’abord spontanément pensé à Elle parce que je le redis, elle n’est pas là tout en étant là. Je me suis interrogé sur certaines perspectives. Enfin, confusément. J’ai alors pensé à la correspondance que des auteurs ont entretenu durant de longues années. Je suis tombé récemment sur des extraits de celle de Marina Tsvetaeva et Boris Pasternak qui a duré de 1922 à 1936. Je trouve cela admirable, épatant, inspirant. Cette façon d’écrire et d’échanger m’a toujours intéressé. Elle transcende le temps, les frontières, les entraves, les évènements, et permet d’exprimer librement, totalement et sincèrement bien des sentiments et des pensées. C’est de la poésie, de la littérature et c’est le réel.
Au fond, c’est ce à quoi je songe à propos de I comme Italia: une correspondance singulière par citations et commentaires interposés. Il y a encore, c’est vrai, des choses qui restent abstraites, mitigées et à géométrie variable. L’écriture permet d’ailleurs s’il y a lieu de tout relativiser, peut-être pour ne pas trop rêver ni se faire d’illusion (?). En fin de compte et quelles que soient les évolutions éventuelles de cette écriture, de ce qui la sous-tend, je continuerai de considérer comme Proust que la vraie vie, c’est la littérature.
Et cela me plaît beaucoup car grâce à cette corrélation magique, tout est possible. Et tout est possible parce que tout passe par les mots, y compris les miracles. Demain est un autre jour…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -11-

Posté par imsat le 12 février 2024

« La valeur des choses n’est pas dans la durée, mais dans l’intensité où elles arrivent. C’est pour cela qu’il existe des moments inoubliables, des choses inexplicables et des personnes incomparables. »
(Fernando Pessoa)
Cette citation résume à peu près tout ce que j’ai pensé et écrit à ce jour au sujet de I comme Italia
Je le lui ai d’ailleurs dit hier dans le sillage d’un de mes commentaires mais j’ai ajouté qu’en ce qui me concernait, je ne pouvais pas me contenter du minimum pour exprimer ce que je ressens.
Moments inoubliables, choses inexplicables, personnes incomparables…tout cela me renvoie immédiatement et très précisément à elle, à ce qu’elle m’inspire, à ce qu’elle représente pour moi.
Je n’ai pas eu besoin de réfléchir pour relier le propos de Pessoa à I comme Italia, spécialement, exclusivement en ce qu’elle incarne justement à la fois l’inoubliable, l’inexplicable et l’incomparable.
Mon appréciation est-elle exagérée ? On pourrait se le demander, à juste titre.
Pourtant, ce que je dis, ce que je pense est vrai, et d’une certaine façon inexplicable même si j’ai dejà eu à avancer quelques éléments de nature à éclaircir mon sentiment.
Il y a donc l’explicable et j’en ai dejà parlé. Et il y a l’inexplicable qui relève de ces choses magiques et mystérieuses sur lesquelles on se contente de dire : « c’est comme ça et il n’y a rien d’autre à ajouter. »
L’inexplicable, c’est l’ineffable, l’inédit, l’extraordinaire, c’est ce qui est sans précédent, indépassable. Est-ce à sens unique ? Je l’ignore. Et d’ailleurs, cela n’aurait aucun impact sur mes pensées dans la mesure où, à l’origine, je n’ai émis aucune supposition ni hypothèse. Il n’y avait rien de rationnel. Pas de calcul donc, mais une puissante attractivité par rapport à ses publications. Et progressivement, elle devenait incontournable, centrale, nécessaire, irremplaçable y compris lorsqu’il lui arrivait de s’absenter quelques jours…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -10 -

Posté par imsat le 24 janvier 2024

« Il y a des êtres qui justifient le monde, qui aident à vivre par leur seule présence. » (Albert Camus)
Il y a pas mal d’imperfections dans ce que j’écris à son sujet.
Je le sais.
J’aurais donc à m’en occuper le moment venu.
Au début, ce qui m’importait, c’était d’abord de dire spontanément des choses, des impressions, des sensations premières.
Il fallait que je le fasse sans me focaliser sur la manière. Pourquoi ? Pour ne pas oublier, pour ne pas avoir à arranger des propos qui n’auraient pas la même fraîcheur, ni la même conformité avec le temps.
Quand je parle d’imperfections, je pense principalement au style. Le fond reste globalement le même.
Si j’avais fait trop attention au style, je me serais retrouvé sans doute à altérer l’essentiel.
Lorsque, par exemple, je dis d’elle qu’elle est fascinante et irrésistible, je serais tenté d’expliquer en quoi et pourquoi je la trouve fascinante et irrésistible.
Je pourrais aussi laisser les choses en l’état et ne rien expliquer du tout.
Mais je sais parfaitement et précisément pourquoi je la trouve fascinante et irrésistible, et cela ne passe pas nécessairement ni uniquement par une succession de mots, de phrases…
Là, en ce moment, j’écris sans me soucier de la façon dont on pourrait lire et comprendre mon propos.
Je ne sais plus qui a dit qu’il faut écrire d’abord pour soi ou en pensant à soi. Il n’a pas complètement tort.
En verité, on écrit aussi en pensant en même temps (un peu? beaucoup ?) à autrui.
En l’occurrence à elle…
C’est ce que je fais en ce moment et c’est ce que j’ai fait dès le début de ma « chronique » (le mot chronique n’est pas approprié, j’en trouverai un autre ultérieurement)
Yeb m’a demandé si j’étais vraiment sincère dans mon écriture.
Il a émis des doutes sur ce point parce que j’ai fait part de mon souhait d’inscrire ma démarche dans une fiction littéraire.
Ses questions sont souvent complexes.
Est-ce que tout ce que je dis est dicté par cette seule préoccupation intellectuelle, une démarche donnant libre court à une sorte de rêverie volontaire et continue ?
Est-ce qu’il y a une hiérarchie à l’intérieur de cette motivation ?
Non, il n’y a pas de hiérarchie. Il s’agit encore une fois de pensées, de réflexions, d’émotions sur le vif.
Imprévisibilité, fulgurance, silences, flash-backs, photos, citations, commentaires rarissimes mais précieux, apparitions furtives…incursions, expressions, signes suggérés et joliment incarnés….
Tels sont les ingrédients qui nourrissent mon propos.
Parfois, c’est plus simple. Je pense à son rapport au noir et blanc, à ses photos en noir et blanc, à ce que je pourrais en dire même sommairement…
Oui, plus tard. J’espère ne pas oublier. Au fond tout ce que j’ai noté à son égard, je l’ai fait pour mémoire.
Une autre idée me traverse l’esprit: son accent, oui son accent, lorsqu’elle s’exprime tantôt en italien, tantôt en français. Je ne l’ai pas dit à Yeb, il ne comprendrait pas que je veuille sauvegarder autant d’indications alors que je pourrais tout simplifier.
Eh bien, non, c’est tout le contraire de la simplification que je cherche.
J’ai évoqué sa voix telle que je l’imagine mais la voix, c’est aussi un accent.
Tandis que j’écris ces mots, je pense à l’accent de Monica Bellucci, précisément lorsqu’elle parle indifféremment en italien ou en français.
Yeb me reproche de me référer systématiquement au cinéma, aux artistes et finalement de toujours associer « I comme Italia » à mes souvenirs cinématographiques.
Il croit que je ne suis pas capable de parler d’elle en toute autonomie. D’abord il se trompe s’il pense vraiment ce qu’il dit. Ensuite, je constate qu’il n’a pas bien compris pourquoi je parle d’elle en ayant toujours en tête quelque chose qui se rapporte au cinéma (une séquence de film, le visage d’une actrice, des bribes de dialogue, une mise en scène…)
Yeb ne peut pas se mettre à ma place. Il n’est pas vraiment cinéphile. Moi, je le suis mais pas seulement parce que j’aime le cinéma. Non, je le suis aussi parce que je cherche toujours une jonction entre le cinéma et la réalité. Et cette jonction, en tout cas pour ce que j’essaie d’écrire depuis quelques mois, c’est « I comme Italia » qui l’assure, qui le permet bien que mentalement et silencieusement cela remonte à loin…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -9-

Posté par imsat le 23 janvier 2024

« J’entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde » (Paul Eluard)
Ai-je évoqué sa constance, ses intuitions, ses apparitions toujours opportunes ?
Depuis quelque temps, il m’arrive de penser à elle de façon particulière, dans un contexte plutôt déprimant du fait du chaos dans lequel se trouvent nombre de pays. Habituellement, je note un certain nombre de choses la concernant pour les intégrer dans mon récit. Mais l’inspiration est contrariée parce qu’il y a de la colère, une indignation, une incapacité à agir sur les événements.
Combien de temps cela va t-il durer, je parle de l’Etat actuel du monde ?
Est-ce indécent de continuer de dire en quoi elle est exceptionnelle, respectueuse, rayonnante, toujours à l’écoute, et d’un charme rare, tandis que le monde est en train de se défaire, et qu’un génocide est en cours à Gaza ?
Comment faire la part des choses, et dissocier ce qui est du ressort de l’individu et le reste, ce qui dépasse parfois l’entendement ?
Je me suis retrouvé ainsi enfermé dans une série de questionnements récurrents que je trouvais par ailleurs légitimes et pertinents. Mais cela devait-il me contraindre à surseoir à la poursuite de mon récit, à m’abstenir de dire de diverses façons que je me sens bien en parlant d’elle ?
Yeb me demande de continuer à écrire. « Est- ce que toi aussi tu entends sa voix dans tous les bruits du monde ? » me demande t- il, le sourire en coin.
Ma réponse est immédiate : « si j’ai cité Éluard, c’est parce que j’adhère à ce qu’il dit. Et j’ai choisi cette citation en pensant précisément à « I comme Italia. »
« D’accord, me rétorque t- il, mais comment peux tu parler de sa voix puisque tu ne la connais pas ? »
« Là non plus, je n’ai pas besoin de réfléchir, lui dis- je, sa voix, je l’imagine à ma façon. Et puis, c’est un tout. Sa voix, c’est déjà une sorte de synthèse de ce que j’ai pu écrire à son sujet, je veux dire à propos de ses multiples qualités, ses photos, ses idées…
Sa voix, c’est comme la substantifique moelle de tout le reste. Et  ce reste, c’est son charme singulier, sa convivialité et tout ce qu’elle pense des choses de la vie à travers son appréciation des arts et des lettres »
« Oui, mais en ce moment, croit-il constater, avec tout ce qui se passe en Palestine, j’ai l’impression que tu marques le pas par rapport à ce que tu me racontais au début, et que tu n’es plus dans la même dynamique, la même passion… »
« Pas du tout ! » Lui dis-je.
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -8-

Posté par imsat le 21 janvier 2024

« C’est tellement rare, c’est tellement improbable, c’est tellement miraculeux que c’est peut-être ça la civilisation et la culture. Rencontrer quelqu’un qui écoute. »  (Michel Serres)
Où en étais-je à propos  de « I comme Italia ? »
Je me suis posé la question hier, au milieu de la nuit. Et je me suis dit qu’il ne me paraissait pas important d’y répondre précisément.
Ce qui est sûr, c’est qu’elle est dans mes pensées, peut-être même plus souvent que lorsque je dis par écrit ce qu’elle continue de m’inspirer.
Ce qui me plaît, ce que je trouve agréable, c’est l’inventivité ou la créativité quasi illimitée qu’elle suscite en moi.
Elle est, je crois l’avoir déjà dit, omniprésente, dans chaque citation qu’elle rapporte, chaque photo qu’elle publie. Dans chacune de ses escapades …
Le sait- elle ?
Sait-elle qu’elle est tout cela à la fois ?
Chaque citation qu’elle rapporte lui va à merveille, convient parfaitement à ce qu’elle est, du moins à ce que je crois qu’elle est.
Moi, lorsque je choisis une citation, je le fais certes parce que je la trouve retentissante  mais également en considération du lien qu’elle me paraît avoir avec « I comme Italia. »
Je suis triplement ravi de me retrouver dans cette appréciation. D’abord parce que je connais un peu l’auteur de l’aphorisme, son oeuvre, sa vie, ensuite parce que son propos me séduit quasi immédiatement, enfin parce qu’il y a toujours en arrière-plan « I comme Italia »
Oui, elle est là dans sa plénitude physique, intellectuelle, artistique.
Et elle exerce comme ça, par petites touches, une fascination protéiforme, multidimensionnelle.
Je crois que c’est cela que j’ai très vite perçu, ressenti, tout à fait au début, sans pouvoir le dire clairement.
Oui, c’était ce que je ressentais spontanément. Je pouvais sans doute en parler (verbalement) mais je n’aurais pas su trouver les mots appropriés. Et puis, en parler à qui ? A mon alter ego ? Il aurait certainement été réceptif à certains aspects mais je suis convaincu qu’il se serait focalisé sur des détails physiques. C’est d’ailleurs ce qu’il m’a dit après avoir fait mine de m’écouter lorsque j’essayais de lui expliquer ce que j’entendais par fascination.
Il m’a interrompu et m’a demandé comment je trouvais la démarche, la silhouette, le corps de « I comme Italia ».
Je lui avais en effet vaguement parlé d’une de ses courtes vidéos.
« Elle est superbe ! Quelle classe, quelle sensualité, et cette délicatesse dans les  gestes…   » ! Lui dis-je.
En vérité, il aurait aimé que nous parlions uniquement de cela. Je le savais…moi, j’aurais voulu préciser en quoi les citations que je partage ont, elles aussi, un lien direct avec elle.
Nous n’étions pas tout à fait sur la même longueur d’onde. C’est mon double mais je ne lui dis pas tout. Il me prend souvent au mot. C’est sa spécialité. Je lui ai pourtant indiqué à maintes reprises que je ne pouvais être précis dans mes propos que par écrit. Verbalement, je cherche mes mots, et lorsque j’en lance deux ou trois sans trop réfléchir, il les mémorise et me les rappelle quand ça l’arrange ou pour me prendre en défaut. Je ne tenais pas à m’étaler sur la « photo » de  « I comme Italia » ni à lui dire que c’était la deuxième la concernant. Bien sûr, il aurait été ravi de m’entendre en parler non pas de façon globale, évasive mais directement, sans faux-semblants ni tergiversations. « Quand on écrit, on dit tout ou on fait autre chose ! » M’a t’il dit alors qu’il parcourait le chapitre 6 de mon récit…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -7-

Posté par imsat le 19 janvier 2024

« Il ne faut jamais sous-estimer l’influence du hasard sur l’existence de tout être. Se trouver à un certain endroit, à une certaine date à une certaine heure peut bouleverser la trajectoire d’un individu. » (Douglas Kennedy)
Yeb monopolise la parole…
« Je n’en ai pas fini avec les constats.
Depuis que tu as commencé à me parler de « I comme Italia » je me suis rendu compte que tu avais pratiquement cessé simultanément de commenter l’actualité nationale et internationale.
Je me suis gardé de te le dire à ce moment-là, croyant que c’était passager, que tu voulais juste faire un break par rapport à des informations ou des situations souvent anxiogènes, contrariantes et sur lesquelles les commentaires devenaient de plus en plus cacophoniques, violents, médiocres…
Tu le laissais d’ailleurs entendre en me disant que la régression un peu partout dans le monde était devenue irréversible et qu’elle  avait atteint un point de non-retour…J’ai assez vite compris que ce que  tu cherchais à travers ton projet d’écriture s’apparentait à une issue salutaire face à un chaos environnemental froid, destructeur, impitoyable…
Je veux dire une issue à la fois  intellectuelle, culturelle, humaine, artistique…
Je crois que c’est cela la genèse de « I comme Italia »
Et ce que j’ai trouvé époustouflant, c’est que tu tentes d’expliquer tout cela par le hasard…
Là, je ne saurais être en désaccord avec toi…
Je comprends aussi un peu mieux pourquoi tu t’appesantis sur des choses dont tu as besoin d’appréhender d’abord l’avènement, la généalogie avant d’aller plus loin…
La genèse, c’est l’histoire. Et l’histoire, c’est aussi le hasard ou plus précisément le mektoub.
Tu veux absolument qu’il y ait des vases communicants entre ces notions.
Je crois résumer correctement ta pensée. N’est-ce pas ?
Tu me répondras la prochaine fois…
Tu en profiteras pour m’expliquer si possible pourquoi tu cherches quand même à me mener en bâteau en semant la confusion autour de « I comme Italia »
Tantôt tu la fais passer pour une multitude de femmes (actrices, photographes, romancières, inspiratrices…), tantôt tu laisses entendre qu’il s’agit d’une seule personne.
Je t’ai entendu plusieurs fois fredonner joyeusement un prénom de femme. Etait-ce le titre d’un film ou celui d’une chanson ?
Ou tout simplement celui de « I comme Italia » ? »
Au fait, comment s’appelle t-elle vraiment ? »
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -6-

Posté par imsat le 17 janvier 2024

« On ne devrait pas s’habituer à vivre, on devrait être étonné tous les jours »  (Michel Piccoli)
 
Yeb poursuit son monologue…
« Je comprends parfaitement que tu ne veuilles pas tout mettre sur Twitter.
J’ai d’ailleurs bien noté que tes non-dits seraient d’abord écrits à la main avant d’être saisis sur micro.
Les non-dits ? Je vois un peu à quoi cela pourrait ressembler tout en sachant que tu gardes l’essentiel pour la fin.
Mais je sais que si je cite quelques pistes que tu serais tenté d’explorer pour dévoiler les non-dits en question, tu ne me donneras pas raison pour la simple raison que tu voudras rester le maître exclusif de la structure et du contenu du récit, jusqu’au bout.
Je ne serais pas étonné que certaines de tes bifurcations potentielles soient surprenantes, audacieuses et, en tout cas, en rupture avec ce à quoi on s’attendrait au vu de ton long préambule.
Je dis cela parce que tu aimes le mot bifurcation, tu l’utilises souvent dans nos conversations.
Donc, oui, je m’attends à ce que tu t’en serves concrètement d’abord pour montrer que tu en es capable, ensuite pour te surprendre toi-même.
Reste une interrogation importante: y aura t- il des passerelles entre tes idées et tes actes ?
Ou bien, considères-tu que ce qui compte, c’est d’abord et surtout ce que l’on écrit, pas ce que l’on envisage d’en faire… ?
Je me rends compte que je suis en train de parler un peu comme toi et de m’éloigner de nombre de points pratiques, en particulier de ceux impliquant « I comme Italia » non pas abstraitement mais par rapport à ce qu’elle représente pour toi au-delà des considérations artistiques.
Comment la vois-tu indépendamment de certaines de ses photos en noir et blanc et des flash-backs qu’elles déclenchent ?
En quoi cela pourrait-il être relié à la fois au réel et à des films d’autrefois que tu as déjá cités, comme par exemple Divorce à l’Italienne de Pietro Germi avec Stefania Sandrelli habillée en noir, ou encore Hier, aujourd’hui et demain de Vittorio De Sica avec Sophia Loren…? »
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -5-

Posté par imsat le 15 janvier 2024

« C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante. » (Paulo Coelho)

En guise de réponse à sa critique légitime sur ma façon d’écrire, j’ai proposé à mon interlocuteur privilégié de me relayer et de dire autour de quoi il articulerait le récit et comment il s’y prendrait pour que tout soit fluide, ordonné, cohérent, lisible, attractif… Je lui cède donc la parole.

« Eh bien, moi, dit- il, je commencerais déjà par changer le titre du récit parce que « I comme Italia » ce n’est pas clair. J’ai cru comprendre que cela signifiait plusieurs femmes, pour la plupart actrices voire stars de cinéma, essentiellement italiennes et françaises. Pour toi ( je le sais ) c’est une sorte de détour pour parler à la fois du cinéma et des artistes que tu aimes, et peut-être aussi d’une femme en particulier… Mais cette femme existe t-elle vraiment ? Ne fait- elle pas plutôt partie de tes souvenirs nostalgiques, de ces passantes au charme singulier que l’on ne croise qu’une fois dans sa vie et dont tu me parles souvent ? En tout cas, la femme en question, moi je la nommerais. Je ne vois d’ailleurs pas pourquoi tu ne le ferais pas. Aragon, Eluard, Breton, Neruda et bien d’autres auteurs (écrivains, poètes…) ne sont pas allés par quatre chemins pour livrer dés le départ le nom de leur muse, leur compagne…Nedjma de Kateb Yacine que tu as cité, c’est Nedjma ! Kateb n’a pas titré son récit « A comme Algeria » .Après, c’est vrai, il en a fait un levier pour embrasser nombre de thèmes sur le pays, son histoire, etc. C’est donc le premier point que je changerais. Je te dirais ultérieurement, peut-être lorsque tu auras fini d’écrire, le prénom de mon choix. Ensuite, et contrairement à toi, je ne suis pas dans le romantisme ou ce qui y ressemble. Tu reconnais toi-même ne pas pouvoir ou vouloir faire preuve d’audace dans ce que tu souhaites vraiment dire. Tu privilégies la nuance et tu prends à mon avis trop de précautions langagières pour exprimer quelque chose qui relève du sentiment, de l’intime. Tu aimes bien citer Breton, Jean Genet, Paulo Coelho….mais eux, disent les choses frontalement, joliment certes, mais frontalement et sans zigzag. Toi, tu serais plutôt du côté de Modiano et un peu de D’Ormesson ou François Mauriac dont le style correspond à ta façon de définir et d’apprécier les choses de la vie. Tu vois, je connais parfaitement tes lignes de démarcation littéraires. Pour ma part, je suis tendance Garcia Marquez, Nabokov ou Philippe Sollers. Ils sortent des sentiers battus pour parvenir à leurs fins. Et j’aime ça. Pourquoi perdre du temps en préalables, incipits et autres dispositifs transitoires superfétatoires ? Une transition pour faire durer le plaisir ?…Oui, je te le concède. Et puisque j’évoque ce qui se rapporte au temps, j’en profite pour souligner que, là aussi, on diverge complètement. Moi je suis pour une perception dynamique, active du temps tandis que toi tu te complais dans une sorte de temps immobile, le contraire de la projection, de l’anticipation… Je suis sûr que celle que tu appelles « I comme Italia » abonderait dans mon sens parce que je l’imagine réaliste, en phase avec le présent, avec la dolce vita, un certain art de vivre… »

Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -4-

Posté par imsat le 13 janvier 2024

« Le tout est de tout dire et les mots me manquent. » (Paul Eluard)
« I comme Italia » courtisée, convoitée par des dizaines, des centaines d’hommes, reste zen et égale à elle-même.
Elle suscite bien des fantasmes, pas seulement pour ce que l’on peut imaginer de ses traits physiques.
Il y a aussi ses intuitions, et elles sont bonnes.
Je pourrais me limiter à ce constat et parler d’autre chose.
Eh bien, parler d’autre chose c’est encore continuer à « décrypter » tout ce qui fait sa singularité.
La singularité, c’est le contraire de la banalité, c’est la rupture opportune avec la routine.
« I comme Italia » nous fait tourner la tête, toujours au bon moment, via des références photographiques, cinématographiques, littéraires…
Avec elle, on joint l’utile à l’agréable.
Je crois bien le lui avoir déjà dit.
Oui, c’est agréable dans tous les sens et l’on se retrouve interpellé sur des thèmes que je trouve attractifs tels que le hasard, la télépathie, les rencontres amoureuses, la séduction, « les plaisirs et les jours », la nostalgie, la fiction et le réel, le silence, le temps qui passe…
Elle exhibe toujours ce qu’il faut pour déclencher des souvenirs, permettre des analogies fécondes, faire se télescoper des événements d’autrefois et d’aujourd’hui…
Quand j’évoque des comparaisons fécondes à son propos, je pense notamment à certains films: Les Demoiselles de Wilko d’Andrezj Wajda, Les Choses de la vie de Claude Sautet, Nos retrouvailles de Josée Dayan, Le Docteur Jivago de David Lean ou encore Le Train de Pierre Granier Deferre avec le magnifique duo Jean Louis Trintignant-Romy Schneider.
Je pense aussi à des conversations que l’on peut avoir de façon détendue et hors de toutes considérations matérielles.
Mais cela peut également se rapporter à des musiques de films, des chansons de Reggiani, Aznavour, Barbara, Ferrat…
Les exemples de ce genre sont légion. J’en citerai d’autres ultérieurement. En attendant, J’avais envie d’illustrer ce que je considère comme l’une des expressions de la puissance suggestive de « I comme Italia »
Au fait, qu’en pense mon double ? Il est toujours là, omniprésent même. Mais il attend que je parle pour qu’il réagisse. Il croit que mon inspiration se tarit.
Je dis cela parce que dans notre conversation d’hier, je lui ai indiqué qu’il fallait toujours explorer des alternatives, pour ne pas rester à court d’idées, dans tous les domaines, en particulier quand on ambitionne d’écrire un récit.
Pour lui, le mot alternatives signifie que je cherche à changer de sujet parce que je me serais rendu compte, selon lui, que ma démarche initiale a déjà débouché sur une impasse. Et que toute tentative d’explication de ma part constituerait une rhétorique inutile.
Il sait pourtant que je n’ai pas choisi la ligne droite pour dire les choses. J’essaie de globaliser mes objectifs, de fixer le contexte avant de mettre en évidence certains détails.
Je lui cite Mario Vargas Llosa pour mieux illustrer mon propos.
« Il n’y a rien de mieux qu’un roman pour faire comprendre que la réalité est mal faite, qu’elle n’est pas suffisante pour satisfaire les désirs, les appétits, les rêves humains »
« OK, Parfait !  mais dans tout ça, où est « I comme Italia » dont tu m’avais dit qu’elle serait au centre de ton récit ? que devient-elle ? Le sais-tu au moins ? » me lance t-il avec quelque véhémence…
Lamine Bey Chikhi

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I comme Italia -3-

Posté par imsat le 10 janvier 2024

« Merci de ces heures d’hier qui resteront plantées dans mon souvenir pour y refleurir souvent. »

Rainer Maria Rilke, Lettres à une amie vénitienne

J’aurais aimé être aussi audacieux que les surréalistes et dire les choses clairement, sans fioritures. Mais l’autocensure est là et m’incite à la retenue, donc à tout nuancer, tout relativiser. J’en suis conscient mais je me dis que je pourrai  surmonter cet obstacle soit par bribes de façon sélective, soit à la faveur d’une sorte de synthèse dont je choisirai le moment. Mon alter ego n’a pas tout à fait tort quand il me reproche de m’enliser dans ce que j’essaie de montrer ou d’expliquer. Alors que je tentais de rebondir sur l’hypothèse d’un scénario de film autour de Nedjma de Kateb Yacine (j’en rêve depuis longtemps) en indiquant au passage que ce que m’inspirait « I comme Italia » me faisait penser un peu à Nedjma, il m’a immédiatement retorqué que cela ne tenait pas la route, que je commençais à divaguer et que tout était confus dans mon propos par ailleurs réducteur et caricatural s’agissant de Nedjma. C’est vrai, je lui en avais parlé autrement en me focalisant sur le succés planétaire que son adaptation cinématographique pourrait obtenir si l’on en confiait la mise en scène à un cinéaste chevronné et si l’on mettait le paquet (les moyens financiers) pour que Nedjma soit interprétée par une star mondiale. Mon extrapolation récente concernant « I comme Italia » était partielle et minimale. Je voulais juste dire que « I comme Italia » était courtisée, convoitée par plein de gens et qu’il n’était pas excessif ni déraisonnable de voir en elle une femme pas forcément fatale, mais séduisante,  désirable, intelligente et qui génère toutes sortes de fantasmes tout en restant zen…Serais-je, comme le soutient mon « camarade littéraire », à la recherche illusoire du temps perdu dont le levier serait « I comme Italia »? Pourquoi illusoire ? Il ne répond pas vraiment à la question, préférant botter en touche en s’interrogeant de nouveau sur ce que je cherche concrètement à travers mon « projet d’écriture ». C’est lui qui met les guillemets…Je m’évertue à lui répéter qu’Il n’y a pas de plan dans ce que j’entreprends, que tout est disparate, que c’est comme un puzzle mais que je sais comment m’y prendre pour tout remettre en place, le moment venu. Pour l’instant, ce qui m’importe c’est de parler d’elle et de mémoriser à ma façon les idées qu’elle m’inspire au jour le jour ou presque… J’ignore si cela est appelé à changer. J’y ai pensé mais cette perspective ne me préoccupe pas vraiment. Mon stock de souvenirs est tel qu’il m’offrira plein de perspectives quant au sort à réserver à mes pérégrinations intellectuelles.

Lamine Bey Chikhi

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