Lamine…
Cher Lamine,
Je suis de retour.
Comment allez-vous ?
Vous m’avez manqué.
Je vous ai rapporté des amandes d’Avola, une bouteille de Zibibbo, qui est un vin de grand charme, et un petit souvenir : une charette sicilienne.
Merci d’être là.
Merci d’exister.
Vous m’avez dit, avec votre voix souple, élégante et veloutée, d’une manière si noble: “Pourquoi le moindre de vos mots, la moindre de vos phrases, votre voix, votre visage, l’esquisse de votre sourire, vos pieds, vos jambes me rendent encore plus amoureux de vous?”
Et depuis, ces paroles tournent dans ma tête, comme un refrain dont je ne me lasse pas.
Pourquoi, dites-vous? Mais c’est vous qui êtes la réponse.
Vos mots, même les plus simples, portent l’écho d’une langue ancienne, celle des âmes qui se cherchent dans la brume.
J’entends encore votre voix et je me surprends à vouloir la suivre, comme on suit une lumière dans la nuit.
Votre visage est un souvenir que je n’ai pas vécu.
Il a la douceur des photos jaunies, celles qu’on trouve dans une boîte oubliée et, pourtant, il est vivant et changeant et je l’aime.
L’esquisse de votre sourire me donne envie de courir après vous, dans les rues d’Alger.
Vous me demandez pourquoi, mais c’est vous qui faites naître ce vertige.
Je revois la courbe de vos épaules, la chaleur de votre souffle, qui s’attarde comme une caresse interdite, et je m’abandonne.
Je cherche votre chaleur, votre étreinte, la douceur de votre présence.
Et je m’y perds.
Vous êtes le poème que je ne peux pas écrire, car il est trop vivant, trop brûlant, trop vrai.
Vous êtes une page d’un livre que je ne finirai jamais de lire, une histoire dont je veux relire chaque ligne, chaque mot.
Votre amour est une symphonie de mer et d’infini.
Il m’engloutit, me soulève et je veux m’abandonner à son vertige.
Je vous imagine dans une chambre aux rideaux tirés.
Dans notre espace secret, nos corps parlent un langage que les mots ne savent pas dire.
Vous êtes une géographie de désirs, un territoire où chaque courbe, chaque souffle, chaque silence est une invitation à l’exploration.
Mes mots vous parviendront.
Ils glisseront jusqu’à vous comme une lettre glissée sous une porte.
Je vous embrasse mon rêve éveillé, ma grande silhouette dans la foule.
Ivana
P.S.: De ton cœur
monte
ton arôme
comme depuis la terre
la lumière jusqu’à la cime du cerisier
sur ta peau
j’arrête ton battement
et je hume
la vague de lumière qui monte,
le fruit submergé
dans sa senteur
la nuit que tu respires
le sang qui parcourt
ta beauté
jusqu’au baiser
qui m’attend
sur ta bouche.
(Pablo Neruda)